
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Le bras droit de Nicolas Hulot
L'expert en cycle de vie des produits
Le pourfendeur du « greenwashing »
Le businessman des pauvres
La pionnière de la RSE
La militante pragmatique
Le défricheur de l'événementiel
Le bon samaritain
L'artisan de l'insertion
La négociatrice du BVP
Le vert 2.0
L'écopublicitaire
La première de la classe
La bonne parole dans les agences
La papesse du marketing durable
10/04/2008
Emmanuel Marchant, directeur général délégué de Danone Communities. À trente-neuf ans, Emmanuel Marchant occupe un poste envié chez Danone : celui de directeur général délégué de Danone Communities. Ce fonds d'investissement, créé en 2006, a la grande ambition d'apporter au plus grand nombre la santé par l'alimentation. Il s'appuie sur un modèle d'entreprenariat social innovant dont l'objectif est de multiplier les impacts positifs sur la société (réduction de la pauvreté, créations d'emploi, respect de l'environnement, etc.). « J'ai été choisi tout d'abord en tant que businessman », lance d'emblée Emmanuel Marchant, dont le parcours chez Danone collait manifestement au poste : directeur du planning stratégique de 1998 à 2001, puis développeur au Mexique d'initiatives autour de l'eau. Aujourd'hui, il travaille sur cinq projets, pour la plupart émanant d'ONG, comme au Cambodge pour approvisionner les villages en eau potable. Mais le plus exemplaire reste le Grameen Danone Food lancé au Bangladesh en partenariat avec le groupe Grameen, la « banque des pauvres » fondée par Muhammad Yunus, inventeur du microcrédit et prix Nobel de la paix. « Jusque-là, Danone n'avait pas trouvé de modèle économique rentable pour toucher les plus pauvres. Les expériences menées en Indonésie et en Afrique du Sud étaient marginales et ciblaient les populations à pouvoir d'achat moyen, raconte Emmanuel Marchant. Il a fallu la rencontre entre Franck Riboud et Muhammad Yunus pour que le groupe décide d'aller plus loin en privilégiant l'impact social sur la rentabilité. » Cette initiative, qui pousse Danone à élaborer des méthodes de travail inédites (petites usines au Bangladesh permettant la livraison de produits frais aux populations sans réfrigérateur, yaourt enrichi pour pallier les carences alimentaires locales, etc.), est en partie financée, comme l'ensemble de Danone Communities, par une « Sicav solidaire » proposée aux actionnaires, salariés, entreprises et bientôt consommateurs. Danone y contribue à hauteur de 20 millions d'euros.

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