
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Le bras droit de Nicolas Hulot
L'expert en cycle de vie des produits
Le pourfendeur du « greenwashing »
Le businessman des pauvres
La pionnière de la RSE
La militante pragmatique
Le défricheur de l'événementiel
Le bon samaritain
L'artisan de l'insertion
La négociatrice du BVP
Le vert 2.0
L'écopublicitaire
La première de la classe
La bonne parole dans les agences
La papesse du marketing durable
10/04/2008
Philippe Osset, directeur général d'Écobilan. Philippe Osset est spécialisé dans l'analyse du cycle de vie des produits. Passionné par l'environnement, ingénieur en génie civil de l'École centrale de Paris, il a débuté en 1994 chez Écobilan, société aujourd'hui détenue par Price Waterhouse Coopers. L'activité était alors naissante. « À cette époque, établir le bilan environnemental global d'un produit était une pratique peu répandue en France. Mais il existait des attentes très fortes des secteurs des déchets, de l'emballage et du bâtiment », se souvient-il. Depuis, il sait mieux que quiconque qu'il ne faut pas se fier aux apparences. Et de raconter l'histoire de cette entreprise qui souhaitait commercialiser ses bouteilles en plastique en Allemagne, alors qu'une nouvelle loi en préparation n'autorisait dans ce pays que les bouteilles en verre, plus écologiques. « Le bilan du produit nous a permis de prouver qu'en tenant compte du transport des bouteilles, mais aussi de la nécessité de les laver pour pouvoir les réutiliser, les contenants en plastique étaient préférables. » Depuis, les entreprises ont appris à se faire responsables du produit en le considérant dans sa globalité : formulation, usage, fin de vie. Écobilan a aussi travaillé pour Ariel actif à froid, une lessive conçue pour diminuer la température de lavage, hautement consommatrice d'énergie. « Beaucoup ont attaqué la nouvelle formule du produit, qui contenait des actifs plus chimiques. Mais, si l'on tient compte de l'usage, les critiques ne tiennent pas la route. Avec cette lessive, le consommateur réduit en effet de facto les températures de lavage », explique Philippe Osset. Écobilan est ainsi souvent appelé pour asseoir la crédibilité des démarches vertes des entreprises. « En croyant bien faire, une entreprise peut facilement remplacer un mal par un autre », ajoute Philippe Osset. Ce qui explique, selon lui, qu'elles hésitent à communiquer sur leurs avancées. À l'entendre, les produits verts sont en effet bien plus nombreux qu'il n'y paraît. Qui sait par exemple que l'enveloppe 1 de chez Chronopost est entièrement écoconçue ?

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