
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Du petit au grand écran
La publicité portée par le tout-numérique
Les collectivités se bousculent pour faire partie du spectacle
Des opérations toujours plus sophistiquées
07/05/2008
Bienvenue chez les Ch'tis, plus gros succès au box-office pour un film français depuis 1945 (plus de 19 millions d'entrées), fait du bien à l'industrie cinématographique. Mais aussi à l'activité touristique de la région Nord-Pas-de-Calais. Le bonheur est dans le pré avait eu exactement le même effet pour le Gers. Dans Une hirondelle a fait le printemps, Mathilde Seigner achetait un gîte rural après avoir vu un panneau portant le slogan « Changez d'air, vivez en Rhône-Alpes ». La région était coproductrice du film et son succès a fait le plus grand bien au tourisme local.
L'Île-de-France en tête
Le cinéma aide donc les collectivités à communiquer. À ce titre, elles s'investissent de plus en plus en fournissant une aide et une participation non négligeable à la production, et en s'inscrivant dans le cadre de conventions tripartites État-CNC-Régions. En 2007, les fonds d'aides régionaux se sont élevés à 51,67 millions d'euros, soit une progression de 3,2 % par rapport à l'année précédente. Ont ainsi été soutenues 1 338 oeuvres.
Sur les 32 collectivités interve- nantes, l'Île-de-France continue de s'inscrire largement en tête, avec un montant total des crédits votés de 10,87 millions d'euros. Suivent les régions Rhône-Alpes (3,02 millions) et Paca (1,12 millions). Entre 2003 et 2007, 13 collectivités supplémentaires sont intervenues sur des longs-métrages. La mise en oeuvre en 2004 par le CNC du dispositif incitatif « un euro pour deux euros » (pour deux euros versés par la collectivité, l'État en verse un) a joué un rôle déterminant dans cette évolution. Mais la répartition géographique demeure inégale, puisque 92 % des crédits ont été attribués à des sociétés de production implantées en Île-de-France, auxquelles font appel 78 % des longs-métrages aidés en 2007.
« Si Les Ch'tis ont effectivement bénéficié d'une aide de la part de la région, l'exemple n'est pas forcément représentatif, explique Emmanuel Porcher, directeur de Centre Images, un établissement public de coopération culturelle entre l'État et la région Centre. Car les aides sont le plus souvent destinées à des productions plus fragiles, à petits budgets. D'autant plus que pour Les Ch'tis, sur les 900 000 euros versés au film, 600 000 l'ont été sur des crédits de communication ! » Car ces aides interviennent aussi bien pour l'écriture et le développement que pour la production ou la postproduction. En plus d'un soutien financier, les collectivités fournissent aussi une aide logistique, grâce aux « bureaux d'accueil de tournages », qui proposent des décors ou des listes de professionnels par corps de métiers.
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