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United colors of télévision

08/01/1999

Les ventes internationales de programmes audiovisuels français ont progressé de 18% entre 1996 et 1997, pour un chiffre d'affaires de 583millions de francs. Derrière ce résultat encore modeste, mais encourageant, se cachent des professionnels de tous pays, chargés d'acheter des droits pour le compte de leur chaîne de télévision. TVFI les réunit une fois par an dans le cadre du Rendez-Vous de Saint-Tropez pour leur permettre de visionner le meilleur de la production française et de faire leur choix. Leur jugement est riche d'enseignements. Témoignages.

Vladimir Frontar, responsable des achats de fiction de RTV-Slovénia Francophile et fier de l'être Depuis vingt-cinq ans, Vladimir Frontar achète de la fiction pour la télévision publique slovène, qui équilibre sa grille entre des productions propres et des acquisitions, essentiellement européennes. Vladimir est un amoureux de la culture française.«En France, j'achète des séries contemporaines comme L'Instit,des feuilletons et des adaptations littéraires, mais pas de polars à cause de leur rythme trop lent»,avoue-t-il. L'année dernière,Un Grand Vent de fleurs,une coproduction France2/Hamster, a battu tous les records d'audience, dépassant même les séries américaines sur les chaînes privées concurrentes.«Cette saison, nous diffusonsLe Grand Batre, Entre terreetmer et Le Rouge et Le Noir»,poursuit notre francophile. Même s'il ajoute devoir freiner ses envies d'adaptations littéraires pour tenir compte des goûts du public.«J'ai revu à la baisse la qualité de mes achats.»Pour la case de 18h, il a acheté la sérieJamais deux sans toità TF1 etSous le Soleilà Marathon. Il est également, pour la première fois, en discussion avec AB Productions, pour la sitcomHélène et les Garçons.Tout en lorgnantMonte-Cristo.Mais Depardieu reste très cher, déplore-t-il. Georges Wenceslas Aboke, directeur des programmes de RTI-TV, la télévision publique ivoirienne Tester le barter L'essentiel de la grille est composé de programmes produits localement ou puisés auprès de Canal France International qui les fournit gratuitement.«Il nous reste 20% pour les achats, soit environ 6MF,précise Georges Wenceslas Aboke.Nous achetons surtout des telenovelas sud- américaines ou des séries et des soaps américains. Nous n'avons donc jamais eu de contacts avec les distributeurs français.»Sauf, récemment, avec Europe Images, avec qui RTI-TV tente une aventure inédite: l'achat via le barter. Le principe est simple et permet surtout de résoudre la question du financement, car la chaîne n'a pas les moyens de s'offrir des produits français.«Avec le système du barter, nous acquérons des programmes achetés par des agences de publicité locales qui nous les échangent contre de l'espace publicitaire.»Concrètement, l'accord avec Europe Images porte sur 500000F de programmes (un package avec fictions TV, dessins animés, documentaires animaliers et musicaux), contre la cession à l'agence locale Lintas de 1MF de spots. Mamadou Baal, directeur des programmes de RTS-TV, la télévision publique sénégalaise Trop bavard! RTS-TV n'a pas besoin d'acheter de programmes français puisque CFI lui en fournit gratuitement, notamment lesNavarro, Julie Lescautou encorePour être librequi fait un tabac. Toutefois,«il m'arrive d'acheter quelques documentaires animaliers, historiques ou scientifiques ou des émissions non fournies par CFI auxquelles je tiens»,précise Mamadou Baal, qui est très intéressé chez M6 parCapitaletTurbo.Quant au barter,«nous l'avons testé et nous avons arrêté; il reste plus avantageux d'acheter des programmes et de faire normalement et directement le travail de régie. Car le barter contraint à déprécier le coût des spots puisque l'on cède plus d'espace publicitaire que la valeur des programmes acquis. Il faut bien que l'agence se rémunère.»Les Sénégalais aiment l'action.«Ma mère est analphabète et suit toutes les séries américaines: les courses poursuites, la bagarre, le sexe, c'est un langage qui se comprend partout. Le Français, c'est le verbe, alors ça parle, ça parle!»Milan Balog, responsable des achats de STV, la télévision publique slovaque Vive les séries de prestige Les achats représentent 33% de la grille et les productions françaises arrivent derrière les américaines et les allemandes.«Nous n'achetons aucune sitcom française car elles sont déjà diffusées sur les chaînes privées,explique Milan Balog.Nous sommes aussi attentifs aux achats de la télévision tchèque que reçoivent bon nombre de Slovaques.»Ainsi STV ne diffuse pasNavarro,contrairement à ses voisins.«Pour le moment, nous n'avons aucune série policière française, mais nous sommes intéressés parMission rapprochéeetPlate Formeavec Sophie Duez»,ajoute-t-il. En règle générale, les Slovaques aiment les séries de prestige avec des vedettes. C'est pourquoi, malgré son prix et son achat par les Tchèques, STV a aussi acquis les droits deMonte-Cristo.John Kuyk, directeur des acquisitions de Canal Vie, chaîne câblée québécoise L'accent, un handicap Canal Vie a été lancée en septembre1997 et touche 1,75million de foyers câblés québécois. C'est une chaîne sur la santé, les loisirs et la société. Avec un montant de 2,4MF, les programmes français représentent les trois quarts des acquisitions. Son responsable, John Kuyk, souligne la qualité des documentaires français«qui privilégient une approche plus humaine et cherchent l'émotion authentique»,au contraire des produits américains qui«restent dans le superficiel».Mais les Nords-Américains ont, à ses yeux,«une capacité à produire du spectaculaire qui peut manquer aux Français».Il relève cependant deux handicaps dans nos documentaires: leur format -«nos cases n'ont pas la même durée, nous sommes obli-gés de reformater»- et l'accent -«les commentaires off sont trop souvent en argot et il y a des expressions qu'on ne connaît pas au Québec. Alors on double.»Pour résoudre ces problèmes culturels et avoir un droit de regard sur le contenu, Canal Vie veut travailler en amont avec les chaînes françaises. Premier essai:Les Sectes tueuses,coproduit avec France3, le producteur français Galaxie et le québécois Pixcom. Marc Gabizon, acheteur chez Telepool, distributeur allemand Prudent et sélectif Marc Gabizon ne mâche pas ses mots.«Les fictions françaises sont très peu demandées par les chaînes allemandes dont les tentatives antérieures -Julie LescautouL'Instit,notamment - n'ont pas été concluantes en audience.»Il y a une exception: la sérieSous le Soleilmarche bien. Mais, en règle générale,«les séries françaises sont trop complaisantes, elles s'écoutent parler et, du coup, manquent de rythme.»L'animation(Les Histoires du Père Castor, Les Petites Sorcières)et des documentaires animaliers d'envergure commeChroniques de l'Afriquesauvages'en sortent mieux. En cinéma, la part française reste tout aussi marginale. Il n'y a pas aujourd'hui de réalisateurs qui se détachent. Le film commercial français a du mal à s'imposer.Les Visiteurssont restés autour des 200000entrées. Dans un autre genre,Westerna réuni 70000spectateurs etMa Vie en rose50000, contre 100000entrées attendues.«Mais on achète aussi les droits pour les télévisions et la vidéo,précise Marc Gabizon.C'est pourquoi nous ne négligeons pas le cinéma français, dont la diversité reste un atout: il faut juste être prudent et sélectif!»Nazihe Beyhan Karadag, directrice des achats de TRT, la télévision publique turque Éclectique En Turquie, l'audiovisuel public compte sept chaînes, dont une généraliste et six thématiques. Sur un budget annuel d'acquisitions de 15millions de dollars, Nazihe Beyhan Karadaj consacre 1million aux programmes français. Ses besoins sont éclectiques. Elle pioche dans tous les genres. Pour la deuxième chaîne consacrée à la culture et à l'art, elle achète des sagas appréciées du public(Esther et Sarah, La Rivière espérance, Un Grand Vent de fleurs, Le Grand Batre)et n'a pas manquéMonte-Cristopour 4000dollars l'épisode. Elle commande aussi des opéras et des ballets à Telmondis. Pour la première chaîne généraliste, elle a acquisSous le Soleil , Julie LescautetLes Cordier,et s'est également laissé tenter parPJ,le dernier polar en 52minutes de Telfrance.«C'est plus rapide, plus dynamique que les policiers de 90minutes»,commente l'acheteuse qui se fournit aussi en documentaires sur la nature et l'art. Pour la chaîne jeunesse, elle tient à distance les dessins animés japonais, jugés trop violents, et fait le plein avec des séries françaises, commePrincesse du Nil, Nanook, Arsène Lupin,mais a dû renoncer aux productions AB commeKangoo,car«trop chères».Marilia Galvao, directrice d'Eurochannel, au Brésil La France en prime time Eurochannel est une petite chaîne lancée il y a quatre ans par le groupe de presse brésilien, Abril. Diffusée sur le câble et le satellite au Brésil, elle compte 800000abonnés. Son originalité? C'est un canal de programmes exclusivement européens, dont la grille réserve dès 20h30 toutes les soirées de la semaine à la production française. On y voit des documentaires, des magazines, de la fiction. Le vendredi soir est consacré au20h Paris première, présenté par Paul Amar. Et tous les week-ends à 17h, place à la sérieSous le Soleil ,qui s'est vendue partout dans le monde.«En documentaires, je recherche plutôt des sujets culturels sur le cinéma, la photo, la musique jazz et rock,indique Marilia Galvao, directrice générale d'Eurochannel.Pas d'animaliers ni de faits de société.»En fiction, elle se concentre sur les miniséries de France Télévision(Les Alsaciens, Charlemagne, Dreyfus, Une Femme en blanc)et exclut les policiers.«Leur durée de 90minutes pose problème. Nous n'avons que des cases d'heure»,précise-t-elle. Fin septembre, Eurochannel a fait l'événement, en lançant une campagne de promotion radio, cinéma et presse à l'occasion de la diffusion deMonte-Cristo,quatre soirs de suite à 22h dans la case cinéma.

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