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Le Web, nouveau champ de bataille

05/03/1999

Internet est une révolution et marque un tournant dans l'exercice de notre métier. Le papier propose une lecture horizontale et le Web permet une approche verticale en profondeur. L'association de ces deux dimensions complémentaires donne une nouvelle place à l'information.» La conviction de David Guiraud, directeur général du groupeLes Échos, est partagée par tous les éditeurs français de presse économique. Mais la problématique se pose dans des termes différents pour la presse quotidienne, dont le métier est de délivrer l'actualité «chaude», et la presse magazine dont la périodicité l'éloigne de cette immédiateté. Or, sur Internet, c'est l'instantanéité qui prime. Les quotidiens sont du coup plus armés et plus légitimes sur ce terrain. Mais les magazines n'ont pas pour autant dit leur dernier mot. Entre Les Échos etLa Tribunese rejoue sur le Web un scénario connu dans les kiosques. Le leader du marché a une sacrée longueur d'avance. Avec une moyenne de 80000consultations par jour en semaine (source Nielsen I Pro) et près de 15millions de pages vues par mois,Les échosarrive en tête des sites médias en France.La Tribune,avec 1,5million de pages vues par mois, est loin derrière. Pour se démarquer desÉchos, il casse les prix avec un abonnement annuel à son quotidien en ligne de 498FTTC (2380F en version papier). Son concurrent rétorquera que l'achat au numéro et à l'article n'est pas possible... «Internet est un nouveau moyen de diffusion, une opportunité d'accroître la notoriété de la marque et de toucher de nouveaux lecteurs», explique François Robin, directeur de l'édition électronique deLa Tribune. Lui qui prônait la gratuité estime désormais que «l'information économique peut être payée, pas l'information générale». Personnaliser pour fidéliser Pour l'heure, concurrence oblige, les archives (sur 3ans), restent gratuites et de nombreux services sont libres d'accès. «L'information économique a une forte valeur ajoutée qu'il n'est pas question de brader,estime le patron des Échos.Comme Canal+, nous offrons des informations en clair, comme le fil continu réactualisé toutes les deux heures, et d'autres payantes», renchérit-il, en évoquant les sites payants duWall Street Journalou deHandelsblatt. Avec une moyenne de 2500consultations payantes par jour, la vente d'information en ligne s'avère cependant plus difficile que prévu. Le nombre d'abonnés reste confidentiel. Nouvel enjeu cette année, la personnalisation comme moyen de fidélisation.La Tribunea dégainé le premier en proposant à ses lecteurs de définir leur centre d'intérêt à partir de plusieurs critères. Les Echos.fr s'y sont lancés il y a quelques jours avec une offre très pointue. «L'internaute peut sélectionner et recevoir sur sa page Alerte, sur un nombre de jours désirés, des informations sur les valeurs boursières, les entreprises, les secteurs d'activité et même la météo par ville», explique Philippe Jantet, directeur de l'édition électronique. Côté investissement, les deux concurrents restent très discrets.La Tribune,qui vise la rentabilité dans deux à trois ans, table sur 5 à 6millions de pages vues fin 1999 et mise sur la publicité, confiée à la régie Accesite.Les Échos,qui ont une régie interne, annoncent un chiffre d'affaires publicitaire de 4MF en 1998. Il devrait doubler en 1999. «Oui, le Web sera rentable», affirme David Guiraud. L'équilibre est prévu pour l'an 2000. Le rôle à jouer sur Internet est moins évident pour les magazines économiques.CapitaletL'Essentiel du Managementn'ont pas encore de sites. «Pour les quotidiens, le Web est légitime,confie Eric Meyer, rédacteur en chef chargé des projets de web économique à Prisma Presse.Pour les mensuels, c'est plus compliqué. Nous ne mettrons pas les magazines en ligne. Cela n'a aucun intérêt.» «Nous voulons plutôt nous inspirer deFortuneetBusiness Weekqui privilégient les services», ajoute Jean-Joël Gurviez, l'éditeur des deux titres. De son côté,L'Expansionest présent sur Internet avec un site gratuit qui annonce 1,3million de pages vues par mois. À partir du 15mars, pour renforcer les visites sur son site, le bimensuel va s'essayer au métier de quotidien. Il lance «le web quotidien», une rubrique mise à jour à 18heures avec des informations destinées aux chefs d'entreprise, proposées aussi en push sur les intranet et par fax. «C'est la première traduction de l'arrivée de Yves Messarovitch, transfuge duFigaro,comme directeur des rédactions du groupe», souligne Damien Dufour, président du groupe. Reste que l'information économique est disponible partout, sur les sites de la presse internationale, les portails, les sites de banques et sur le web de Bercy... Comment se démarquer? «L'avenir passe par des partenariats avec des sites d'audience. La force de la marque fera la différence», lancent en choeurLa TribuneetLes Échos.

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