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Un créatif alémanique à Genève

07/05/1999

Frank Bodin est le créatif le plus primé de Suisse romande. «Ce n'est pas bien difficile!», constate avec une rigueur toute alémanique le jeune creative director de McCann-Erickson Genève. La liste de ses prix a de quoi impressionner: Art Directors Club (ADC) Switzerland, ADC Europe, The New York Festivals, London International Award, Eurobest, Mobius Advertising Awards, Cannes Lions... Certes, aucun autre créatif de Suisse romande ne peut aligner un tel tableau de chasse. Mais est-ce une raison pour dresser un constat aussi sombre du potentiel de talents? N'étant pas issu du sérail des agences, Frank Bodin revendique une liberté de parole et de création. Pianiste, compositeur, écrivain, ancien assistant à l'Opéra de Hambourg sous l'ère Rolf Liebermann, il touche à la publicité par hasard, puis par petites touches, enfin en free lance. En 1992, la naissance de ses jumelles le pousse à trouver un emploi stable et il entre chez GGK Küsnacht comme concepteur-rédacteur. Quelques mois suffisent pour que Aebi/BBDO le happe. C'est dans cette agence qu'il réalisera notamment, et à titre bénévole, la campagne en faveur du Tibet. Un visuel très fort, qui ne devait paraître au départ que dans une brochure de militants, et qui a fait le tour des médias de la planète. En 1996, Frank Bodin est choisi par McCann-Erickson, dont le siège est à Genève, pour diriger tout le département création. Que pensez-vous des créatifs romands? Frank Bodin. J'ai été très étonné, lorsque je suis arrivé à Genève, de constater qu'il n'y avait pas de culture d'agences. Les créatifs ne se rencontrent pas, chacun travaille dans son petit coin. Il n'y a aucune émulation. Pourquoi alors êtes-vous resté dans cette ville? F.B. Premièrement, parce que l'offre de McCann-Erickson représentait un véritable challenge. Je travaille trois jours à Genève et deux jours à Zurich. Ainsi, je reste en contact avec les deux cultures. C'est un atout de taille, qui n'est pourtant que peu utilisé par les publicitaires de ce pays. Deuxièmement, je trouvais que le positionnement de cette agence était très intéressant. Elle fait partie d'un réseau international, mais elle est également typiquement suisse. Cette dualité entre une assise cosmopolite et une implantation très régionale constitue, à mon avis, une force. En particulier à l'heure où les campagnes mondiales sont souvent réadaptées aux sensibilités des marchés locaux. Les publicitaires suisses ont donc une longueur d'avance... F.B. Oui, sans conteste. Par exemple, chez McCann-Erickson, nous réalisons toutes nos campagnes en trois langues (allemand, français et anglais), ce qui nous oblige à trouver des concepts simples, compréhensibles par tous ou facilement transposables. Cette démarche pluriculturelle est une chance que les publicitaires helvétiques devraient mieux exploiter hors de nos frontières. Entretien: V.M.

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