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L'audiovisuel public sort ses griffes

07/05/1999

C'est à grand renfort médiatique que la Société suisse de radiodiffusion et de télévision (SSR), qui chapeaute les six programmes de télévision et les seize programmes de radio du service public, a annoncé son changement de corporate identity. Depuis le 26mars dernier, la SSR a pour appellation SRG SSR Idée suisse. Un code générique qui a coûté quelque 5millions de francs et suscité bien des interrogations. Fallait-il dépenser une pareille somme pour aboutir à un label si abscons?«Oui,répond sans ambages Guillaume Chenevière, le directeur de la Télévision suisse romande (TSR).Il fallait donner un signal fort, surtout au public suisse alémanique. Celui-ci devait comprendre la mission du service public dont le principal mandat consiste à produire des chaînes régionales à vocation généraliste.»Cette vocation tiendrait de la quadrature du cercle sans une clé de répartition financière très spéciale. En effet, les chaînes de télévision suisses alémaniques, qui engrangent 71% des recettes (redevance, sponsoring, publicité, etc.), ne reçoivent que 43% de la manne totale. La Suisse romande, quant à elle, reçoit 32,9% du gâteau, alors qu'elle n'en rapporte que 24,3%. Et que dire de la Suisse italienne où le rapport est encore plus inégal, avec 4,6% des recettes pour 22,7% des ressources?«Aujourd'hui, l'enjeu n'est plus le taux de répartition entre régions,précise Guillaume Chenevière,mais bien la quantité de ressources que nous aurons à nous partager.»Depuis 1993, l'arrivée de fenêtres publicitaires des chaînes de télévision allemandes RTL, Pro7, SAT1, RTL2 et, plus récemment, la création de chaînes de télévision locales et régionales ont fortement perturbé le paysage audiovisuel en Suisse alémanique, ce qui a mis à mal l'équilibre financier de l'ensemble de SRG SSR Idée suisse. Par exemple, SF1 (première chaîne de la Suisse alémanique) a perdu 18,7millions de francs suisses de recettes publicitaires entre les années 1996 et 1998. La création d'une deuxième chaîne, SF2, a certes permis de limiter les dégâts, mais la suprématie du service public devrait ces prochaines années être remise en cause, surtout avec l'arrivée prochaine de TV3, une chaîne généraliste financée notamment par le groupe de presse TA Media. Une arme secrète Pour réduire la dispersion des investissements publicitaires et prévenir une baisse des tarifs de l'achat d'espace, qui semble désormais inévitable, SRG SSR Idée suisse a trouvé une parade: augmenter la redevance (70% des recettes) de 4,59% pour la radio et de 13,17% pour la TV (9,8% globalement). Cette hausse représente une charge supplémentaire de 39,30FS par an pour les téléspectateurs et les auditeurs, qui s'acquittent déjà d'une taxe annuelle globale de 409FS. Ce projet, on s'en doute, déplaît très fortement aux chaînes privées, qui se sont regroupées autour d'une association, TéléSuisse. Le Conseil fédéral, l'autorité de tutelle, vient de trancher et a finalement coupé la poire en deux. L'augmentation ne sera que de 5,5%. Le directeur général de SRG SSR Idée suisse le redoutait. Invité ce printemps par les éditeurs romands, Armin Walpen avait menacé d'introduire la publicité sur les chaînes de la radio publique s'il n'obtenait pas l'intégralité de l'augmentation de la redevance. Pure intimidation ou menace réelle? Les éditeurs de presse écrite attendent de pied ferme. Une telle décision serait perçue comme une déclaration de guerre par ces derniers, dont les supports écrits attirent 70,32% des investissements publicitaires des médias, laissant derrière eux les chaînes de télévision (15,56%), l'affichage (9,31%), les radios privées (2,9%) et le cinéma (0,9%). Pour le médiaplanneur Charly Schwarz, d'Initiative Média Western, l'introduction de la publicité sur les chaînes de radio publique est attendue par les annonceurs.«Jusque-là,relève-t-il,les marques se sont relativement peu intéressées au média radio, car aucune station commerciale n'a de portée nationale.»Mais un tel bouleversement ne pourrait se faire sans un changement de la loi fédérale sur la radio et la télévision. Or, ce texte doit, dès la fin de l'année, être réexaminé par les parlementaires fédéraux. La version finale ne devrait voir le jour que d'ici deux à trois ans.«Raison pour laquelle la SSR veut gagner du temps en cherchant à modifier le taux de redevance au plus vite,conclut Costa Haralambis, de TéléSuisse.Elle va également tenter de renouveler sa concession d'ici à la fin de l'année. Mais nous ne resterons pas passifs.»

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