MARKETING COMMUNICATION MEDIAS

Date de parution :

Plan de la rubrique Dossiers
Votre Flux Rss Stratégies Dossiers
Accueil > Etudes / Tendances > Dossiers > Le temps libre, nouvel eldorado > La nouvelle concurrence des chaînes de documentaires

Le temps libre, nouvel eldorado

<< Introduction du dossier


SOMMAIRE DU DOSSIER :

CHIFFRES CLÉS
Premiers pas du tourisme sur Internet
La nouvelle concurrence des chaînes de documentaires



La nouvelle concurrence des chaînes de documentaires

03/09/1999

Samedi 4septembre. Les aficionados de Planète sont comblés. La doyenne des chaînes thématiques de documentaires se dédouble pour donner naissance à Planète2.«Elle permet de multiplier les occasions de voir nos programmes», résume Gilles Galud, le directeur général adjoint de Multithématiques en charge des programmes. Par la même occasion, Forum Planète connaît quelques changements, en programmant uniquement des débats, à heures fixes, dont le thème et l'horaire de diffusion correspondent au documentaire diffusé précédemment sur Planète2. En somme, désormais entre Planète2, multiplexe de Planète, et Forum Planète, l'interactivité est totale pour les abonnés de CanalSatellite qui peuvent bien évidemment toujours regarder les deux chaînes séparément. Après le semestre que vient de vivre Planète, évincée de plusieurs réseaux câblés de France Télécom Câble par sa jeune concurrente Odyssée (groupe TF1), la tentation serait forte de croire que toutes ces innovations s'apparentent à une réaction de la part de Multithématiques.«Cela n'a rien à voir,martèle Gilles Galud.Nous souhaitions simplement augmenter la qualité du service pour nos abonnés numériques.»Élever le niveau La concurrence n'épargne personne et les documentaires n'y échappent pas. Acquisitions de programmes, référencement auprès des câblo-distributeurs, prix par abonné et par mois ou encore activités promotionnelles sont capitaux pour assurer la viabilité et le marketing de ces chaînes.«Même sur les généralistes, le documentaire devient un programme alternatif», souligne Gilles Galud. En réalité, si les documentaires ne sont pas forcément plus nombreux sur les chaînes hertziennes (lire le point de vue de Georges Pernoud), ils génèrent des investissements plus importants de la part des diffuseurs, réalisent des audiences plus élevées et se trouvent quelquefois placés à des horaires plus stratégiques. Pour faire bonne mesure, les chaînes thématiques sont contraintes d'élever le niveau. Depuis plusieurs années, Planète coproduit ainsi de nombreux reportages, dans le but de mieux maîtriser sa ligne éditoriale: elle y consacre environ une quinzaine de millions de francs par année, sur un budget de 95millions, et menace d'ailleurs de réduire cette part si elle ne récupérait pas sa place sur certains réseaux de France Télécom Câble (50000abonnés perdus). Affirmer son identité Pour toutes les autres chaînes de complément, cette rentrée est placée sous le signe du rapprochement avec le téléspectateur. Pour y parvenir, une seule solution: doter chaque chaîne d'une identité propre et créer des rendez-vous précis, susceptibles de briser l'aspect «robinet à images». La chaîne Voyage a déjà montré la voie.L'heure de partir, son émission phare, entièrement produite en interne pour 12millions de francs par an (sur un budget total de 63millions de francs en 1999), est en effet un succès. D'où l'arrivée de quatre nouveaux animateurs à partir du 20septembre. Centrée sur la découverte et l'évasion, la chaîne compte mieux contrôler son contenu. Cette année, elle aura consacré environ 23millions de francs aux coproductions, soit six millions de plus qu'aux achats de programmes. Odyssée suit la même ligne, mais avec des moyens beaucoup plus modestes.«Voyage est la chaîne qui bouge sur CanalSatellite, nous voulons être celle qui bouge sur TPS,annonce son Pdg, Gérard Carreyrou.Après 30coproductions en 1998, nous en avons engagé 79 cette année et en prévoyons au minimum 100 pour l'an prochain.»Du côté du groupe AB, où le concept du robinet à images est presque devenu une marque de fabrique, la même réflexion fait son chemin. Escales compte ainsi tester, en plus de cinq petites minutes hebdomadaires produites en interne et de son émission quotidienne de reportagesGlobe Trotter, de nouveaux modules courts à partir du mois d'octobre. Destinée aux«téléspectateurs qui ne sont pas forcément des voyageurs», elle prévoit également de lancer une semaine thématique par mois sur une destination. Animaux, enfin, programmera pour la première fois cette année un magazine hebdomadaire de 26minutes, présenté par Pierre Rousselet-Blanc. Même Planète, pourtant généraliste dans le documentaire, réfléchirait dans le même sens.«Chaque chose en son temps», répond mystérieusement Gilles Galud. Pourtant, les recettes publicitaires restent encore modestes. Si Voyage et Planète tirent à peu près leur épingle du jeu, les autres s'estiment encore largement sous-investies. Odyssée s'avoue même très déçue. Les chaînes du groupe AB, enfin, songent à quitter Web Sat Pub pour être commercialisées par une autre régie.

Le genre documentaire n'est pas menacé

«Il est devenu très difficile de programmer de nouvelles cases de documentaires en prime time. La plupart des chaînes hertziennes sont aujourd'hui seulement préoccupées par la part de marché, devenue souveraine. Pour autant, il n'y a pas moins de documentaires aujourd'hui qu'il y a dix ans en télévision. Le genre n'est pas menacé. La seule différence concerne l'écriture, qui est en train d'évoluer. Hormis pour certaines destinations, comme les Seychelles, les documentaires sur l'évasion et le voyage au sens strict ne suffisent plus et je ne donne pas cher de ce type de reportages dans les années à venir. Les téléspectateurs souhaitent se voir proposer un thème fort. AvecThalassaetFaut pas rêver, nous avons centré notre travail sur la manière de raconter. Pour caricaturer, la plupart des gens sont allés au bout du monde. On constate d'ailleurs un fort regain d'intérêt pour les sujets sur la France, qui réalisent souvent de bons scores. Quant aux chaînes thématiques, elles en sont encore aux balbutiements. Il existe en fait deux types de chaînes: celles qui mettent en avant un format, comme Planète avec le 52minutes, ou celles qui tournent autour d'un seul thème, comme Voyage. Je pense que cela va encore évoluer et je ne dis pas que je ne m'y intéresserai pas un jour.» G.P.

En image
Planète change d'habillage, se double d'un Planète 2 et crée des liens avec Forum Planète
STRATEGIES SERVICES