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L'ENTRETIEN GÉRARD PLUVINET

La France a assez de fonds de capital-développement

24/09/1999

Déjà présente dans le capital de Jet Multimédia, la Société centrale pour l'industrie prépare l'entrée en Bourse d'Europe Explorer. La société de capital-développement dirigée par Gérard Pluvinet compte cependant se maintenir dans le capital.

Comment concevez-vous votre métier de capital-développeur? Gérard Pluvinet. La Société centrale pour l'industrie acquiert des participations minoritaires dans les entreprises pour les aider à se développer. Nous intervenons rarement au stade de l'idée - c'est le métier des capital-risqueurs -, mais plutôt après un début d'activité. Nos investissements, qui oscillent généralement entre 10 et 30% du capital, permettent souvent de renforcer les fonds propres de l'entreprise. En échange, nous demandons un poste au conseil d'administration et, surtout, un dialogue régulier avec le chef d'entreprise. À mes yeux, il est capital de faire le point tous les mois avec lui sur sa stratégie et ses perspectives de développement, afin de déterminer comment lui faire bénéficier au mieux de notre réseau et de notre expérience. Concrètement, comment avez-vous accompagné la croissance de Jet Multimédia? G.P. Quand nous sommes entrés dans son capital il y a cinq ou six ans, Jet Multimédia réalisait 30millions de francs de chiffre d'affaires. L'an prochain, la société devrait dépasser le milliard. Au départ, nous lui avons donné la possibilité, par le dialogue et notre expérience industrielle, financière et boursière, de valider à fond son raisonnement. Ensuite, nous l'avons aidée, au fur et à mesure de sa croissance, à mettre en place les moyens de reporting adéquats et à s'entourer d'une équipe de direction adaptée. À partir d'un certain niveau de chiffre d'affaires, par exemple, un simple chef comptable ne suffit plus, il faut recruter un directeur financier. De même, il est important de savoir à quel moment se doter d'une direction marketing, voire d'une direction générale, afin de se dégager de la direction opérationnelle de l'entreprise et d'avoir le temps d'intégrer des sociétés acquises par croissance externe. Vous avez apporté des capitaux ... G.P. Naturellement, nous avons été amenés à réinvestir de l'argent à plusieurs reprises. D'abord au moment de notre entrée dans le capital, puis lors de l'entrée en Bourse et lors de l'accession au Second Marché, enfin à l'occasion de l'augmentation de capital l'an dernier. Et nous le ferons à nouveau, vraisemblablement en novembre, lors de l'introduction au Nouveau Marché d'Europe Explorer, le produit d'accès à Internet, facturé au temps de consommation, lancé par Jet Multimédia. Les sociétés de capital-risque et de capital-développement ont pourtant la réputation d'accompagner les entreprises jusqu'à leur entrée en Bourse. G.P. Ce n'est pas notre philosophie. Pour nous, la Bourse est un moyen de développement, non une porte de sortie. Notre force, c'est de ne pas avoir de limitation dans le temps. En ce qui concerne Jet Multimédia, dont nous détenons encore 5%, peut-être sortirons-nous du capital quand Europe Explorer sera devenu leader européen comme il en a l'ambition. Les marchés financiers ne sont-ils pas trop obnubilés par les sociétés spécialisées dans les nouvelles technologies? G.P. La communication en ligne est le secteur qui mobilise le plus de capitaux aujourd'hui, car tous les financiers rêvent de faire un Yahoo, un AOL ou un Amazon. Plus largement, il est évident qu'il s'agit d'une véritable révolution, comme celle de l'informatique il y a vingt ans. Ce mouvement va faire appel à de nouveaux acteurs, car la gamme de services est tellement large et le nombre d'applications potentielles tellement important que ce ne sont pas les grandes entreprises qui prendront les plus fortes parts de marché. Il suffit d'observer ce qui se passe aux États-Unis. Aux États-Unis, il n'est pas difficile pour une start-up de lever des fonds. Ce n'est pas le cas en France. G.P. C'est faux. Aujourd'hui, un entrepreneur français qui recherche des fonds pour un vrai projet n'a aucune peine à trouver de l'argent. Et il trouvera plus facilement des fonds propres que des emprunts, à condition d'accepter une dilution de sa participation dans le capital. Qu'appelez-vous un «vrai projet»? G.P. Il faut d'abord un projet bien ciblé, sur une niche ou avec un point fort par rapport à la concurrence. L'entrepreneur doit ensuite s'être livré à une véritable analyse marketing, souvent insuffisante, pour mesurer son marché, au niveau des intervenants, de la zone de prix... Il faut enfin prévoir les moyens financiers qui assurent l'indépendance de l'entreprise, même si elle prend du retard sur le calendrier initial. Il ne faut pas hésiter à prévoir large.

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