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Génération télécoms

27/02/1998

Après cent huit ans de monopole, le marché français des télécommunications s'est ouvert à la concurrence. Un séisme auquel s'est activement préparé l'opérateur historique, France Télécom.

Mercredi 11 février. Le titre France Télécom affiche un nouveau record à la Bourse de Paris à 298,80F soit 116F de plus que le prix de vente aux particuliers établi en octobre 1997. Quatre jours plus tard, à Cap Canaveral en Floride, le groupe américain Loral Space and Communications confimait le lancement réussi des quatre premiers satellites du futur réseau de téléphonie mobile Globalstar. Un projet international qui comptera 56 satellites et dont le principal partenaire français est... France Télécom. À dix ans d'intervalle, un usager de la bonne vieille Direction générale des télécommunications (DGT) en perdrait son latin. De fait, France Télécom n'a plus grand-chose à voir avec l'image d'une lourde administration qui lui collait encore à la peau au milieu des années 80, lorsqu'elle s'appelait la DGT. La libéralisation du marché des télécoms, engagée par Bruxelles, est passée par là. Tout avait commencé par la publication, en juin 1987, du petit Livre vert sur l'ouverture de la concurrence sur ce secteur, alors concocté dans les bureaux de la DGXIII par l'éminent professeur allemand Herbert Ungerer. La DGT, qui ne sera rebaptisée France Télécom qu'en 1988, a dû aussitôt passer aux travaux pratiques avec la libéralisation du marché du téléphone mobile. C'est d'abord l'entrée en scène de SFR, une filiale de la Compagnie générale des eaux, aujourd'hui le principal concurrent de France Télécom. Le duel entre les deux nouveaux acteurs se fera longtemps à fleurets mouchetés. En 1995, après huit ans de concurrence, SFR et Itineris (filiale de France Télécom) n'ont réussi à convaincre qu'un peu moins de 1,5million d'abonnés. Le taux de pénétration du radiotéléphone en France est ridiculement bas par rapport aux autres pays européens: 2,38% contre plus de 20% en Norvège et en Suède, près de 10% en Grande-Bretagne et de 7% en Italie. Il faudra attendre l'arrivée du trublion Bouygues Telecom, en mai 1996, pour enfin entrer dans l'ère du mobile de masse. En mettant 15milliards de francs d'investissement sur la table, qui seront réévalués six mois plus tard à 23milliards, la filiale du groupe de BTP n'a de toute évidence pas l'intention de jouer les figurants. Son approche du marché, résolument marketing, va provoquer un véritable séisme. En proposant un petit nombre d'offres claires, un forfait, et en maîtrisant directement la distribution et la facturation, Bouygues Telecom va réussir l'exploit d'attirer plus de 160000abonnés en un an. La bataille des prix et des innovations promotionnelles est engagée. Bouygues Telecom est cependant très vite imité par ses concurrents. L'outsider, par ailleurs handicapé par sa faible couverture, cherche un second souffle. En attendant, l'affrontement continue et se solde par une débauche de communication à grand renfort d'achat d'espace. Car, désormais, la cible est bien le grand public. Ainsi, les investissements médias sont passés de 1,5milliard de francs en 1996 à 2,5milliards l'an passé. France Télécom participe activement à cette surenchère. Ce qui ne l'empêche pas de céder du terrain. De 80% de parts de marché en 1994, Itineris n'en détient plus que 54%. Il est vrai que le gâteau a grossi. Toujours leader, Itineris a plus de 3millions d'abonnés, SFR 2millions et Bouygues Télécom 500000. La performance n'est pas négligeable quand on sait que France Télécom est le seul opérateur historique européen à avoir conservé une telle suprématie dans les mobiles. Mais pour combien de temps? La question n'est pas anodine. Après la transmission des données professionnelles, la téléphonie mobile présente le plus fort taux de croissance pour les prochaines années sur le marché français des télécoms. Itineris prévoit une croissance moyenne de son chiffre d'affaires de 27% par an jusqu'en 2000. Rien à voir avec les perspectives de croissance de la téléphonie fixe. Dans ce domaine, les plus optimistes avancent un +5% par an. C'est pourtant bien sur ce marché historique du téléphone filaire que se jouera l'avenir de France Télécom. Depuis le 1er janvier 1998, le monopole de l'opérateur français sur la téléphonie publique fixe a vécu. Or, cette seule activité, évaluée à plus de 100milliards de francs en France, représente encore près de 65% de son chiffre d'affaires, très loin devant les mobiles (9%). L'enjeu est de taille, d'autant que la libéralisation du marché ouvre grande la porte aux principaux concurrents étrangers de France Télécom. À commencer par British Telecom, qui ne s'est pas fait prier pour soutenir, lors de sa création en septembre 1996, la nouvelle filiale télécommunications de la Générale des eaux, Cegetel.

Nouveaux fronts de toutes parts

C'est pour se préparer à ces attaques frontales que France Télécom a obtenu, après quelques atermoiements, la mise sur le marché d'un peu plus de 20% de son capital en octobre dernier. L'objectif affiché est de donner les moyens à l'opérateur français d'échanger des participations avec ses grands partenaires et de lever des capitaux sur le marché boursier. L'opération, hypermédiatisée, aura également permis à France Télécom de soigner son image et de mener sa première campagne institution-nelle sur le thème «Nous allons vous faire aimer l'an 2000». Omniprésent pratiquement du début à la fin de l'année dernière, France Télécom en a aussi profité pour préparer l'arrivée de la concurrence en baissant ses tarifs. De quoi encaisser, estime-t-on chez l'opérateur public, la première offensive de Cegetel et du 7, son réseau de téléphonie fixe lancé le 1er février dernier sur le segment des communications longue distance. Mais, déjà, de nouveaux fronts s'ouvrent de toutes parts. Les principales cibles en sont les PME-PMI, convoitées par une noria d'opérateurs, qui vont de Siris à First Telecom, en passant par Omnicom. La compétition est d'autant plus vive que s'y ajoute la bataille de l'Internet. Une inconnue sur laquelle misent de plus en plus d'opérateurs dans l'attente de la fusion des réseaux du téléphone et de l'Internet.

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