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Les Français et la pub, ça va mieux !

05/04/2007 - Désavouée il y a deux ans, la publicité renoue avec les Français, selon une enquête TNS Sofres-Union des annonceurs. Si la réconciliation n'est pas complètement scellée, l'heure est à l'apaisement, mais certains s'inquiètent d'une montée de l'indifférence.

Rappelez-vous, c'était en novembre 2005. Les collectifs anti-pub, Résistance à l'agression publicitaire et autres Déboulonneurs, multipliaient les opérations coup-de-poing. À l'époque, 43 % des Français interrogés - un record historique - se déclaraient « très » ou « plutôt » opposés à la publicité (Stratégies n° 1390). Cette désaffection touchait tous les médias et toutes les tranches d'âge. Dix-huit mois plus tard, selon l'enquête TNS Sofres-Union des annonceurs, 38 % des Français se déclarent « très » ou « plutôt » favorables à la publicité, contre 37 % qui se disent « plutôt » ou « très » opposés. La proportion de publiphobes (« très opposés ») a baissé de deux points, à 13 % - un taux équivalent à celui de 2002.

Le coup de colère constaté il y a deux ans est-il passé ? « Disons plutôt que la franche opposition a reflué et que les Français sont passés de l'opposition à une nette indifférence », tempère Lora Passuello, directrice marque et communication chez TNS Sofres. De fait, la proportion des « indifférents » gagne cinq points en deux ans, à 24 %. « Les Français ne sont toujours pas ultrafavorables à la publicité, mais cette opposition est moins farouche », complète-t-elle.

Réconfortant ? Ce n'est pas l'avis de Bruno Walther, le PDG de Draft FCB, pour qui « ce passage de la révolte à l'indifférence est plutôt inquiétant. Cela me fait penser à la progression du vote blanc ou de l'abstention. C'est comme dans un couple, tant qu'on s'engueule, il y a de l'espoir. Là, ça me rappelle ce qui se passe aux États-Unis avec le Tivo, qui neutralise la publicité. » Selon lui, le phénomène n'a rien d'étonnant : « C'est un retour de bâton après des années de surpression publicitaire, qui a fini par créer chez les gens des phénomènes de résistance. »

Vincent Leclabart, président d'Australie, préfère relever qu'« on peut faire tout le tapage que l'on veut, les gens qui n'aiment vraiment pas la pub restent minoritaires. Faire de la publicité le bouc émissaire sur certains maux dans la société ne change pas foncièrement son image globale ». En revanche, l'indifférence est quelque chose qu'il juge plus embêtant : « La publicité se retrouve aujourd'hui en concurrence avec la politique, devenue un show, et les émissions de télé. L'innovation n'est plus vraiment dans la publicité. Devoir innover est pourtant sa règle numéro un, mais c'est une valeur que l'on semble oublier. La publicité est là avant tout pour étonner. » Reste que sur le front des relations entre les Français et la pub, l'heure est globalement à l'embellie, et tous les médias en bénéficient. Dans la presse, ceux qui déclarent aimer la publicité sont plus nombreux que ceux qui déclarent ne pas l'apprécier (48 % contre 44 %). Dans les autres médias, elle continue de cristalliser plus de critiques que de louanges, mais, là aussi, tous les indices montrent un ralentissement de la désaffection. Ainsi, la publicité à la télévision provoque toujours des mécontents (62 %), mais ceux-ci reculent de sept points par rapport à 2005. Idem pour la radio (60 % de mécontents, moins six points), l'affichage (58 % de mécontents, moins trois points), le cinéma (55 % de mécontents, moins sept points) et la publicité sur Internet (56 % de mécontents, moins trois points, et 15 % de Français qui disent aimer, en hausse de six points).


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Les principaux résultats en bref

38 % des Français se disent favorables à la publicité, dont 52 % des 15-34 ans et 44 % des 18-24 ans. Ils sont 37 % à se dire opposés à la publicité, dont 47 % des plus de 65 ans. Enfin, 24 % des Français (ils n'étaient que 19 % en 2005) se disent indifférents.

« Depuis quelques années, la publicité a beaucoup changé et le style des messages, les annonces et les films ne sont plus du tout les mêmes qu'avant. » Cet avis est partagé par 63 % des Français, alors que 32 % pensent au contraire que la publicité, « c'est toujours la même chose et qu'on nous parle toujours de la même façon d'un produit ».

Une publicité réussie doit être claire, facile à comprendre (46 %), informer sur un produit nouveau (32 %) et les caractéristiques d'un produit (31 %), être drôle (31 %), qu'elle donne envie d'acheter un produit (28 %), qu'elle soit créative (26 %), qu'elle étonne (18 %), qu'elle soit belle (12 %), enfin qu'elle fasse rêver (8 %).

La publicité n'a aucune influence sur leur consommation personnelle ou sur leur décision d'achat, assurent 60 % des Français. Mais ils sont 76 % à penser qu'elle a une influence sur les autres consommateurs et qu'elle les incite à acheter.

La publicité est jugée plus amusante et distrayante (71 %), plus agressive (62 %), plus séduisante (61 %), plus informative et précise (48 %), en comparaison de ce qui se faisait il y a quelques années.

Utiliser des enfants dans la publicité n'a rien de choquant pour 72 % des Français. De même que de montrer des femmes très peu vêtues (55 %).

TOUS LES RESULTATS DU SONDAGE

Les publiphobes sont-ils de gauche ?

À quelques jours du premier tour de la présidentielle, TNS Sofres s'est posé la question. Résultat : les Français qui votent à droite (UMP, UDF et divers droite) se montrent les plus favorables à la publicité (44 % d'opinions favorables, contre 32 % de défavorables). Au contraire, les électeurs de gauche (PS, PC, Verts et divers gauche) sont à 42 % défavorables à la publicité, contre 35 % d'opinions favorables. Les extrêmes, pour des raisons qu'on imagine différentes, continuent d'être résolument publiphobes. Avec une nette longueur d'avance pour les partis d'extrême gauche (42 % d'opposants) par rapport au Front national et au Mouvement national républicain (36 % d'opposants). Quant à l'indifférence à la publicité, c'est un phénomène également partagé par la gauche et la droite, avec respectivement 22 et 24 %.

Méthodologie

Ce sondage a été réalisé les 21 et 22 mars 2007 par TNS Sofres auprès d'un échantillon national de 1 000 personnes, représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus. Les personnes ont été interrogées en face-à-face à leur domicile, selon la méthode des quotas et stratification par région et par catégorie d'agglomération.

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