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Comment mobiliser sur le climat ?

Evénementiel

29/09/2015 -

Le sujet de l’environnement fait un retour en force à l’occasion de la COP 21, la conférence mondiale sur le climat. Quels messages porter ? Quelles actions de communication entreprendre pour mobiliser l’opinion publique, impliquer la société civile et pousser à l’action ? Le point avec des professionnels engagés.

© DR

C'est l'avenir de la planète... et de l'humanité. Et pourtant, jugé trop sérieux, dramatique, technique, contraignant, peu incarné ou politisé, le sujet du réchauffement climatique fait fuir le grand public. Après les grandes heures du Grenelle de l’environnement et l’échec politique de Copenhague, le voilà qui revient sur le devant de la scène avec la COP21, la conférence mondiale sur le climat. Sur le site Paris-Le Bourget, du 30 novembre au 11 décembre 2015, 194 chefs d'Etat et de gouvernement se réuniront pour tenter de trouver un accord. Objectif : réduire les émissions de gaz à effet de serre pour contenir la hausse de la température moyenne sur la Terre à 2 °C maximum. Avec les membres des délégations, les ONG ou encore les journalistes, environ 40 000 personnes sont attendues dans la capitale.

Une opportunité évidente pour sensibiliser l’opinion publique et peser au mieux sur les négociations. « A la manière d'une compétition de football, la COP21 a la capacité de créer une vraie dynamique dans le pays », selon Gilles Berhault, président du Comité 21 qui rassemble 460 entreprises, collectivités et associations autour du développement durable.

Initiative nécessaire

Car si les climatosceptiques se sont tus, la crise économique a fait passer le climat au second plan. La première préoccupation des Français reste le chômage (60 %), suivi de près par le terrorisme (41 %) et le pouvoir d’achat (36 %). In fine, seuls 13 % considèrent le réchauffement climatique comme « prioritaire », selon un sondage BVA de mars 2015 réalisé par Place to B, un événement labellisé «COP 21».

La faute aux médias qui véhiculent un discours par trop anxiogène ou technique ? C’est l’avis de la journaliste Anne-Sophie Novel, à l’origine d'un « fablab de l’info »  à la fois lieu de résidence et espace de coworking pour informer autrement sur l’environnement. « Les médias, les publicitaires et les communicants jouent un rôle important dans l'évolution des représentations sociales », rappelle Valérie Martin, directrice de la communication de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Mais parler environnement, c'est avancer en terrain miné. Et c’est ainsi depuis les années 1990, prémices de la communication sur le développement durable. 

Quelle communication adopter en 2015 ? Comment provoquer des changements ? La question agite depuis quelques mois les experts et autres responsables du sujet, notamment dans les grandes entreprises françaises appelées à financer, à hauteur de 20 %, une manifestation d’un budget de 187 millions d’euros. Axa, BNP Paribas, EDF, Air France, Galeries Lafayette, LVMH, La Poste, Renault Nissan comptent parmi les sponsors. Un sondage d'Havas réalisé en février 2015 a de quoi les rassurer : 69% des Français pensent que le rôle des entreprises  est aussi important que celui des Etats dans la lutte contre le réchauffement climatique. Reste que les ONG s'insurgent et sont d'ores et déjà vent debout contre ce qu’elles considèrent comme une vaste opération de « greenwashing » de la part de groupes « pollueurs ».

Effet boomerang

Sur le fond comme sur la forme, pas sûr qu’EDF, acquéreur d’Areva, fasse l’unanimité avec ses premières publicités de « partenaire officiel d’un monde bas carbone », affichant sur une double page son parc éolien en mer de Teesside, en Grande-Bretagne. Il vaut mieux éviter les « discours triomphalistes et l'autoglorification », conseille Thierry Libaert, auteur de Communication et environnement. Le pacte impossible. « Il y a une grande mode des images d'éoliennes, de beaux paysages et de petits enfants, mais on se rend compte que cela a un effet boomerang », poursuit-il. Une tendance qui manifestement a la peau dure chez certains publicitaires. « Sur un sujet aussi complexe, on sait aujourd’hui que la belle image forcément réductrice ne fait pas le job. D’autant que les communicants ont d’autres outils bien plus efficaces à disposition pour informer et mobiliser sur l’environnement comme les événements, les débats, les conférences, l’influence », commente Gildas Bonnel, président de l’agence Sidièse. Fini également les messages anxiogènes. « Si vous dites : "là franchement, c'est grave" sans proposer d'outils derrière, ça ne sert à rien », note Valérie Martin. Pour la Fondation Nicolas Hulot, qui a longtemps tiré la sonnette d'alarme, s’il était nécessaire par le passé « de secouer les gens avec une communication sombre, il y a un temps pour tout ».


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