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Pourquoi Colette ne prend pas une ride

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18/09/2008 - Rien n'est plus éphémère et périssable qu'une tendance. Mais onze ans après son ouverture, le temple parisien de la "hype", qui s'est offert un lifting cet été, reste incontournable. Les explications de Sarah Lerfel, cofondratrice et directrice artistique de Colette.

Il y avait foule au 213, rue Saint-Honoré, à Paris, le 25 août, pour la réouverture du magasin Colette après sept semaines de fermeture. Colette, fermé? Du jamais-vu dans l'histoire du temple parisien de la branchitude, référencé dans les meilleurs guides touristiques du monde comme "The Place to be in Paris", qui s'est offert cet été quelques travaux. "Il s'agit d'un léger lifting, pas du tout d'une révolution", prévient Sarah Lerfel.

Petite brune pétillante et souriante de trente-trois ans, la cofondatrice de Colette fait courtoisement la visite du lieu, Converse aux pieds, soit 700m2 répartis sur deux étages et une mezzanine. "Nous voulions alléger l'ensemble et recréer un dialogue entre les différents univers du magasin", explique-t-elle.

Une tâche confiée à l'architecte japonais Masamichi Katayama, plus connu sous le nom de Wonderwall. Le "concept-store" du rez-de-chaussée a été réaménagé pour laisser place à un aquarium de… tee-shirts et à un mur de baskets, et l'espace dévolu à la musique a été redessiné. Les marques sont montées à l'étage, et la mezzanine, juste après l'espace beauté, est plus clairement consacée aux opérations événementielles. Egalement relooké, le restaurant-"waterbar" du sous-sol, qui a pris un petit côté sixties avec son papier peint à gros pois bleus. 

Pour le reste, peu de changement. Et les clients qui se pressent dans les allées, eux, n'ont pas changé. Comme pour les lecteurs de Tintin, "ils ont de 7 à 77 ans, viennent de tous les horizons et, contrairement aux apparences, de toutes provenances sociales", assure Sarah Lerfel. "On croise chez nous aussi bien des princes arabes que des petites filles", poursuit-elle, tiquant un peu lorsqu'on résume Colette à un temple de la branchitude. "Si ce n'était que cela, Colette serait mort depuis longtemps."

Lors de l'ouverture du magasin, en 1997, les mauvaises langues et les spécialistes ne donnaient pas cher de la peau de Colette, fondée par Sarah et sa mère, Colette. Un endroit où se téléscoperaient le fooding, la mode, le design, la beauté, la musique, des gadgets, où cohabiteraient le luxe et le streetwear? Personne n'y croyait réellement. Onze ans plus tard, Sarah Lerfel s'en amuse encore: "C'est très français, cette façon de ranger tout dans des cases et d'être pessimiste sur ce qui change."

Du superflu… indispensable

Sarah Lerfel sait de quoi elle parle, elle qui parcourt le monde sans relâche, qui court les défilés, les expositions, surfe à tout va sur le Web entre deux avions et trouve encore le temps d'être vraiment présente dans le magasin. "L'originalité de Colette, c'est de savoir mixer les marques, associer le classique à la création", souligne-t-elle.


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Le Petit Nicolas entre en grand chez Colette

Comment est née l'idée de faire entrer Le Petit Nicolas chez Colette?

Aymar du Chatenet. C'est nous qui avons sollicité Colette. Pour une petite entreprise artisanale comme la nôtre (1), entrer dans le temple de la tendance nous a semblé intéressant. Ce qui m'a impressionné, c'est l'accueil que nous avons reçu:  Sarah Lerfel a mis moins de cinq minutes pour me donner son accord de principe. Elle a une vraie démarche de créateur. Avant de parler "business plan" ou plan marketing, c'est du Petit Nicolas que nous avons parlé.

En l'occurrence, il occupe largement le terrain!

A. du Ch. Une trentaine de produits dérivés sont présentés: un mug (signé Bernardaud), des carnets, des livres, un calendrier, des figurines, un tableau noir, un pot à crayons, la lampe girafe de la chambre du Petit Nicolas..., et les vitrines lui ont été consacrées. Le 3 septembre, nous avons organisé un goûter de rentrée. Au restaurant, il y a un menu spécial et les serveurs portent des tee-shirts à son effigie.

Entrer chez Colette, est-ce devenir une marque à part entière?

A. du Ch. Le Petit Nicolas était une marque bien avant d'entrer chez Colette. C'est une marque patrimoniale, très populaire, et 2009 sera son année. Il fêtera ses cinquante ans avec un film avec Kad Merah et Valérie Lemercier. Les deux volumes des Histoires du Petit Nicolas se sont vendus respectivement à un million et deux millions d'exemplaires. Le personnage est intemporel, il fédère parents et enfants et est connu dans le monde entier. Même le dessinateur Zep le dit: son Titeuf n'aurait pas existé sans le Petit Nicolas!

Entretien: M.M.

(1) Imav Editions a été créée en 2004 par Anne Goscinny et son époux Aymar du Chatenet. A paraître les 2 et 9 octobre : L'Agenda du Petit Nicolas, le Calendrier du Petit Nicolas et quatre Flip Books du Petit Nicolas (Bon Anniversaire, Les Jumelles, Les Singes et Marie-Ewige).

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Colette, Sarah Lerfel, Colette

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