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Étude

Un Futur(s) pas si simple

20/11/2016 - par emmanuel Gavard

L'agence de prospective Peclers dévoile en exclusivité son cahier de tendances Futur(s). Intitulé «Naviguer la complexité», il tente de lire entre les lignes des signes émergents, malgré la morosité actuelle à tous les niveaux.

Le monde en 2016: un beau bazar auquel Peclers a dû se confronter pour réaliser Futur(s), son cahier annuel de tendances. L’agence de prospective de WPP a bien failli tomber sur plus fort qu’elle pour arriver à lire un tant soit peu clairement les signes émergents des tendances à venir. «C’est un monde de plus en plus compliqué auquel on a affaire», concède Emma Fric, directrice des recherches et responsable du cahier Futur(s). À tel point que l’ouvrage cette année est titré «Naviguer la complexité».

Comment rassembler intelligiblement les tiraillements agités qui troublent le monde actuel? «Le monde est en proie à une vision anxiogène de l’avenir. Entre le découragement et le déconcertant», décrit Emma Fric. La crise des réfugiés, l’échec du politique et de nos institutions, la remise en cause du modèle occidental, le foisonnement technologique qui doit faire face à la question climatique, la place de la femme qui doit encore et toujours lutter, dans toutes les régions du monde. Autant de défis quotidiens pour l’humain. Avec son prisme volontairement optimiste et plein d’espoirs, Peclers a classé les tendances en huit thèmes: l’identité plurielle, la reconquête de son intérieur, la réinvention de la collaboration, entrer en résilience, vivre en symbiose, surfer le multivers, rechercher l’hypervérité et apprivoiser la technoscience. Stratégies vous propose de revenir sur trois d’entre elles.

1-Vivre avec une identité plurielle

L’être humain refuse l’immuabilité. Sa quête identitaire se fait dans l’échappement de l’ordre établi. «Son identité se définit dans l’immédiateté et la spontanéité. Tout ce qui est plus réel est plus identifié», analyse Emma Fric. Une sorte de naturel exacerbé. Dans la mode, cela se traduit par une déconstruction progressive du genre. On sort de la définition d’homme ou de femme. Et on se situe dans une interzone, ou c’est à mon corps de choisir. D’exister en tant que corps et rien d’autre», continue la directrice. Le corps, en tant qu’expression incarnée de soi, est au cœur du processus identitaire. Néoréalisme de la manière avec laquelle l’individu se raconte.

Exemple: la campagne du fabricant de cosmétiques SK-II. Dans la vidéo «Marriage Market Takeover», la marque va à la rencontre des «leftover women», un terme officiel pour désigner les femmes qui, passées 25 ans, ne sont toujours pas mariées. Désavouées par leur famille, elles subissent une pression au quotidien. Dans la vidéo, elles expliquent leur choix assumé de ne pas se marier. «La marque cherche à libérer une féminité ultra-diversifiée qui, forte de son pouvoir, échappe enfin aux modèles et carcans imposés», explique Emma Fric. Autre exemple de la tendance, la nouvelle marque Ypsylone, qui, pour mettre ses produits en avant, sort de la mise en scène stéréotypée, et shoote le produit dans son utilisation quotidienne.

2-Reconquérir son intérieur

Dans cette course à l’immédiateté, l’homme se prend l’envie de souffler. De succomber à l’appel au vide et de reconquérir le silence intérieur. «De nombreux projets ont vu le jour dans cette quête de récréation personnelle et intériorisée. Une sorte de repos mental, qu’il soit méditatif ou créatif», explique Emma Fric. On a ainsi vu foisonner les «Space Out Competition» comme à Séoul, où le but est de passer 90 minutes sans rien faire: ni parler, ni manger, ni dormir, ni regarder son téléphone… Au départ performance artistique, le concept est devenu un phénomène de célébration de la déconnexion. On peut citer dans le même genre le Muzo, un outil qui, via la technologie d’anti-bruit actif, crée une bulle de silence autour de vous en contrecarrant le moindre son. Ou encore le Morphotel, en Italie, dont les chambres flottantes se détachent pour voguer sur l’eau et dormir à même la mer. 

3-Rechercher l’hypervérité

La complexification du monde entraîne des conséquences au niveau personnel. Comment s’y retrouver? Qui croire? Comment ranger ou ordonner les informations? Où est le vrai sens? C’est ainsi que dans une recherche quasi religieuse, l’homme se tourne vers l’hypervérité. Une sorte d’outre-réalisme, marqué par un désir de transparence à tout prix, d’aller au-delà de la manipulation. Quitte à utiliser des moyens émotionnels. «On cherche l’indicible, avec des moyens empreints à la violence: le subversif, le trash. Une sorte de teinte “hara kiri”» au monde. On joue avec les codes en les poussant à l’extrême, on joue avec le côté brutal», argue Emma Fric. Le ressenti prend le pas sur le rationnel. L’émotion comme gage de sincérité. D’où la sacralisation du live et des événements en direct, l’arrivée de site comme Sudacas, où l’on commande un objet et on peut assister en direct et en vidéo à sa fabrication par l’artisan. Les experiences de type «eye contact», où l’on regarde pendant quelques minutes un inconnu dans le blanc des yeux, se multiplient. Comme pour aller chercher en l’autre une vérité impalpable. 

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