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télévision

La nouvelle vague verte

12/02/2009 - par Yoanna Sultan-R'bibo

Expliquer l'effet papillon, montrer le décalage des saisons et les glaciers qui reculent… Les télévisions se mettent peu à peu à éduquer les téléspectateurs à l'environnement.

Il y a dix ans, l'environnement sur petit écran, c'était Nicolas Hulot perché sur les cimes de la forêt amazonienne ou Georges Pernoud navigant au cœur d'une marée noire. Aujourd'hui, les grilles de programmes ne se contentent plus d'émissions «nature». La vague verte qui déferle sur le PAF parle développement durable, environnement, réchauffement climatique et biodiversité.

Ainsi, mercredi 4 février, France 2 diffusait en prime time Les temps changent, un docu-fiction spectaculaire projetant le téléspectateur en 2075. Depuis le 9 janvier, Arte propose chaque vendredi à 19 heures Global Mag, avec Émilie Aubry, magazine du «penser global» pour la planète. Sur France 5, la série de dix films J'ai vu changer la terre donne la parole, tous les samedis à 15 heures, aux témoins du bouleversement climatique. Quant à TV5 Monde, elle a mis à l'antenne le 26 janvier le premier numéro d'Écrans verts, série de dix épisodes sur le développement durable. Sans oublier Climat 2, un minimagazine de 5 minutes sur France 2, présenté tous les jeudis soir par le Monsieur Météo de la chaîne, Laurent Romejko.

Pourquoi un tel engouement du PAF pour l'environnement? Selon François Jost, professeur à la Sorbonne Nouvelle Paris III et analyste de la télévision, «toutes ces nouvelles émissions reposent sur un postulat de départ qui n'était pas encore évident il y a quelques années: la planète se réchauffe, et l'homme en est en grande partie responsable».

«Il y a eu le film d'Al Gore, le Grenelle, l'engagement de Nicolas Hulot… La prise de conscience planétaire est là, et la télévision y répond», affirme Alain Wieder, directeur adjoint des projets d'Arte France. «À France 5, nous avons toujours été pionniers sur l'environnement. Depuis 2007, nous avons mis un coup d'accélérateur, puisque nous sommes devenus la “chaîne verte" du groupe. L'émission LesReport-terre, ludique et innovante, a très bien fonctionné, par exemple», déclare Philippe Vilamitjana, directeur de l'antenne et des programmes.

Mieux comprendre le monde

La série Vu du ciel de Yann Arthus-Bertrand, diffusée sur France 2 en prime time, a elle aussi donné des idées aux programmateurs. «À la télévision, il est toujours intéressant que la parole soit incarnée par une personnalité, comme Arthus-Bertrand. Surtout, nous avons dépassé le temps des émissions trop moralisatrices, du discours "il faut". On suscite davantage l'émotion par l'image», souligne Patricia Boutinard-Rouelle, directrice magazines et documentaires de France 2.

Et l'avantage, avec le réchauffement, c'est qu'il est véhiculé par des visuels forts: qui n'a pas en tête l'image de l'ours polaire bloqué sur une parcelle de banquise en train de fondre? Finis, donc, les débats d'experts en nœud papillon qui argumentent dans un jargon scientifique incompréhensible. Désormais, le bouleversement climatique comme le développement durable peuvent être montrés en action, sur le terrain.

D'ailleurs, dans J'ai vu changer la terre, l'expert n'est autre que le témoin oculaire. Celui qui «voit changer la terre» dans son quotidien, à cause du réchauffement climatique. Agriculteurs, pêcheurs, éleveurs… Dans dix pays, ils parlent des inondations, du décalage des saisons, des glaciers qui reculent, et témoignent «de l'urgence à faire évoluer nos comportements».

Écrans verts, sur TV5, propose aussi des images de la planète, autour d'un thème lié au développement durable: eau, biodiversité, etc. «Nous voulons faire une émission grand public, dans la ligne éditoriale de la chaîne, c'est-à-dire tournée vers le monde. Dans le premier numéro, notre reportage expliquait les conflits entre les agriculteurs sédentaires et les éleveurs nomades du Nord tchadien. On ne peut plus comprendre les tensions de ce monde sans aborder la question du développement durable», estime Pierre Benoît, directeur adjoint de l'information.

La technologie au service de la pédagogie

Après le reportage, acteurs de terrain, politiques et scientifiques débattent du sujet. «Nous voulions surtout éviter que le plateau soit réservé à une ribambelle d'experts.» On l'a compris, le jargon n'est pas le bienvenu. Pour François Jost, «la thématique de l'environnement n'échappe pas au déplacement général de la télévision de l'“intelligible” au “visible”: on remplace systématiquement les propos d'experts par de l'image à sensation, par du témoignage. Je ne suis pas sûr que cela soit bénéfique. Il ne faut pas faire croire aux téléspectateurs que le simple observateur de la planète comprend tout.»

Le «visible» a certes une place importante dans ces émissions. Mais la volonté didactique et pédagogique est aussi présente. Sur Arte, l'émission Global Mag fait ainsi le pari ambitieux d'expliquer l'effet domino (dit aussi effet papillon) aux téléspectateurs.

Comment illustrer cette globalité? «Via des images satellite, d'abord, qui montrent que chaque coin de la planète subit des transformations visibles. Via des reportages qui démontrent que chacun de nos actes de consommation, de production, a des conséquences. Et via les vidéos d'internautes, qui illustrent le fait que les solutions sont à chercher partout sur la planète», détaille Alain Wieder. Mais la pédagogie est surtout lisible dans la forme: écran tactile, zoom sur images satellites, carte détaillée. Global Mag joue sur un univers techno moderne, plutôt réussi.

Pédagogie et vulgarisation scientifique encore, avec le programme court Climat 2, sur France 2. L'idée? Une sorte de prolongation de la météo, où Laurent Romejko explique en détail un phénomène climatique: «Les téléspectateurs qui m'écrivent sont en demande d'explications. Ils veulent comprendre ce qu'est un anticyclone ou un effet de foehn. Je me suis également rendu compte que beaucoup de sujets autour du climat étaient anxiogènes. Faire du catastrophisme, ce n'est pas la solution.» Montrer et expliquer, c'est le rôle qu'entend jouer la télévision face aux bouleversements climatiques.

 

 

 

Gulli éduque à l'environnement

Comme pour les produits bio ou AOC, la chaîne pour enfants Gulli a choisi depuis décembre d'estampiller ses programmes verts d'un label, Gulli ma planète. «C'est un label écocitoyen qui donne des repères aux jeunes téléspectateurs», assure Karine Leyzin, directrice des programmes. Il positionne également la chaîne sur le créneau porteur de l'éducation à l'environnement. Sa grille de programmes parle d'elle-même. Trois fois par jour, un geste écolo, simple et ludique, est proposé aux enfants. Exemple? Ne pas laisser couler le robinet quand on se brosse les dents. Même les parents y ont droit, avec Alerte terre, un tout-en-images sur les enjeux du développement durable. Au-delà des programmes achetés à la BBC (L'Odyssée de l'eau, Les Petits Aventuriers, etc.) ou de la célèbre collection d'Alain Barillé Il était une fois... notre terre, Gulli veut innover avec des opérations ponctuelles. «Pour le 22 avril, date de la Journée mondiale de la terre, nous préparons une soirée spéciale, pilotée à 100% par la chaîne, raconte Karine Leyzin. Il y aura sans doute des reportages sur la forêt Gulli que nous plantons en Indonésie, en partenariat avec l'ONG française Planète urgence. Une preuve par l'image importante.»

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