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La fin des produits jetables

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Orange propose également depuis janvier 2009 des offres « éco-citoyennes ». L'opérateur, partenaire de WWF, évolue lui aussi sur un marché, les nouvelles technologies, particulièrement dynamique pour donner envie du produit « dernier cri ». Il vend désormais des téléphones d'occasion tout en offrant un chèque-cadeau à ceux qui ramènent leurs portables en boutique pour être recyclés. Orange pousse même le client à conserver plus longtemps son mobile. Un chèque de 40 euros est dorénavant offert à ceux qui se réengagent sans changer de téléphone.

Pour Coca-Cola aussi, le recyclage est devenu primordial. La marque teste actuellement en France une station verte de collecte de cannettes et bouteilles sur le parking d'un supermarché. Au printemps dernier, elle installait chez Carrefour une PLV géante montrant la vie d'une bouteille plastique transformée en tee-shirt et en pull. Elle poursuit actuellement sa sensibilisation au recyclage avec une vidéo en ligne dont le titre rappelle qu'il s'agit aussi, pour Coca-Cola, de soigner son image : « Don't hate me, because i'm plastic ».

FABRIQUER POUR DURER

Conforama développe depuis 2007 une chambre éco-conçue dont les meubles se transforment au fur et à mesure que l'enfant grandit. Du lit évolutif à la table à langer qui devient un bureau. Un succès qui a poussé l'enseigne du groupe PPR à la développer dans un deuxième colori et à lancer en octobre un séjour « eco-friendly » lui aussi modulable. Des produits plus chers que l'offre discount de l'enseigne mais qui séduisent.

« Avec la crise, le consommateur est amené à calculer autrement. Il fait le lien entre durable et économique. Certains produits, comme les ampoules basse consommation, ont aidé à cette prise de conscience. Leurs prix sont plus élevés à l'achat, mais elles durent plus longtemps et consomment moins d'énergie », commente Leslie Pascaud, experte en marketing responsable au cabinet Added Value.

Autre idée, très en vogue dans la cosmétique : la recharge. En développant en 2004 une gamme éco-conçue, baptisée « Inositol végétal », Yves Rocher a pu mesurer son impact : une économie de 78% de matières plastiques par rapport au pot, des transports en moins (130 recharges soin par carton contre 45 pots) et un prix pour le client en baisse de 26%.

Phyto propose depuis « d'adopter le geste éco-citoyen avec son shampoing », selon un principe similaire : un flacon en aluminium accompagné d'une recharge en brique alimentaire.
Pour Sauveur Fernandez, fondateur de l'agence Econovateur, spécialisée en communication et innovation responsables, l'utilisation familiale avec de gros contenants est aussi l'un des partis pris des fabricants d'écoproduits. Et de citer la marque Emma Noël avec ses shampoings allant de 500 ml à un litre.

« Ceux qui sont à l'avant-garde de la consommation durable, détaille Sauveur Fernandez, développent également des gammes volontairement courtes avec des soins mulit-fonctions ou multi-usages comme c'est le cas pour la nouvelle marque 66°30. Absolution vient, pour sa part, de lancer, une ligne cosmétique unisexe. D'une manière générale c'est toute l'hyper-segmentation marketing qui doit être revue pour éviter la surconsommation. »

Enfin, l'accent est mis sur la réparation des produits. Chez Added Value, on note une exaspération des consommateurs pour ces appareils électroménagers en plastique moulé rendus impossibles à ouvrir et à démonter pour être réparés. Ou pour les coûts de réparation quasi équivalents au rachat du produit neuf. « Fabriquer des produits réparables, inventer des systèmes abordables, est une piste à creuser pour les entreprises », commente Leslie Pascaud.

PASSER DU PRODUIT AU SERVICE

Pousser au rachat du produit, faire du volume : ce modèle économique doit être repensé. Dans cette optique, les entreprises pensent aujourd'hui à louer plutôt qu'à vendre. « Chez Timberland, on étudie par exemple la possibilité de louer des chaussures pour enfants qui en grandissant en changent très fréquemment », confie Leslie Pascaud qui note une autre tendance, celle de l'achat partagé. Des habitants d'un même immeuble peuvent, par exemple, se partager une machine à laver le linge en misant sur un produit particulièrement costaud. On pense aussi à l'auto-partage étudiée de près par les constructeurs automobiles ou aux offres type Velib. « Quand on fabrique une maison pour la vendre, on choisit les matériaux les moins chers, mais quand il s'agit de la louer, on mise sur du matériel de qualité qui va durer le plus longtemps possible, résume Leslie Pascaud. Les motivations sont inversées. »


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Mots-clés :
produits jetables, développement durable, recyclage

Dossiers :
Spécial developpement durable

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