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télévision

Vous avez dit potiches ?

17/12/2009 - par Bruno Fraioli

A la télévision, les journalistes sportives sont très souvent cantonnées à la présentation. Là aussi, la parité est une course de fond…

Elles sont les premières étonnées, voire énervées, par la question : «Femme et journaliste dans le sport, est-ce facile dans un monde d'hommes ?» «Ce débat est un peu agaçant, grogne Géraldine Pons, journaliste à Eurosport. Je fais mon boulot comme les autres, comme les garçons !» Pourtant, elles ne sont pas bien nombreuses, les journalistes sportives…

Même si ce n'est pas l'idée que pourraient se faire les accros des chaînes d'information sportive : sur Infosport et L'Equipe TV, les présentatrices sont aussi nombreuses que leurs homologues masculins. «Cet équilibre est juste, affirme Xavier Spender, directeur général de L'Equipe TV. Mais, avant tout, ce sont de bons journalistes que nous recherchons, des présentateurs à l'aise, quel que soit leur sexe.»

La voie avait été ouverte par Infosport dans l'objectif, non avoué officiellement, d'apporter une touche de glamour à ses JT. «C'est important de féminiser le sport, poursuit Xavier Spender. Mais nos présentatrices et journalistes sont aussi totalement légitimes et crédibles dans leurs domaines.»

Tout de même, la présence à l'antenne d'autant de jeunes femmes, alors que le métier est dominé par les hommes, n'est pas anodine. «A la rédaction, les quelques journalistes filles sont à la présentation, confie-t-on au sein d'une chaîne. Elles sont très peu en reportage. C'est dommage de les juger uniquement sur leur physique.»

Le téléspectateur aussi a des préjugés

Depuis Marianne Mako, reconnue pour avoir ouvert la voie, la place de la femme dans le milieu du sport a pourtant évolué dans le bon sens. «Je n'ai jamais senti de réticences de la part de mes confrères masculins, assure Lenaïg Morvan-Monier, journaliste à Europe 1 Sport. Et dans le milieu du sport, non plus.» Un jugement tempéré pas quelques consœurs. «Nous avons deux fois plus à prouver que les garçons, poursuit Rachel Pretti, journaliste à France Football.Les préjugés ont la vie dure. En fait, c'est une question de génération.» En clair, les plus jeunes acceptent plus facilement une consœur dans leur entourage. «Les anciens restent persuadés que les femmes ne comprennent rien au football, par exemple», ajoute-t-elle.

Du coup, les remarques déplacées fusent parfois : «Qu'est-ce que fout une nana sur le plateau ?», a ainsi entendu Géraldine Pons, d'Eurosport, dans la bouche d'un de ses confrères. Sympa… «Le téléspectateur peut aussi avoir des préjugés, mais à la télévision, on voit vite quand tu t'y connais ou pas, rappelle Ludovic Deroin, journaliste sur Orange sport. Et c'est pareil pour les hommes.»

Les présentatrices des chaînes d'info sportive semblent ainsi être l'arbre qui cache… un petit bosquet. Si elles ont gagné leur place, les journalistes sportives ont encore un Saint-Graal à conquérir : le commentaire de matchs de football. Rares sont celles à l'avoir fait. Jézabelle Lemonier, sur Direct 8, est actuellement la seule, ou quasiment, à officier régulièrement. «Mais nous ne pourrons jamais commenter un match comme un mec», estime Géraldine Pons. «Et on n'entrera jamais dans les vestiaires, ajoute Rachel Pretti, de France Football. Et ce n'est pas plus mal ainsi.»

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