Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

J'ai une double vie

17/12/2009 - par Alain Delcayre

Dirigeants d'agences de communication, ils exercent un autre job par conviction, nécessité ou opportunité. Portraits.

Pierre Siquier, soixante ans, président fondateur de Ligaris et aussi… vice-président de la Fondation Nicolas Hulot.

Leur rencontre remonte à 1990, peu avant la création de la Fondation Nicolas Hulot. A l'époque, Pierre Siquier, à la tête de l'agence Siquier Courcelles, propose à l'animateur de l'émission Ushuaïa sur TF1 d'animer un atelier de motivation pour les équipes de France Télécom chargées d'équiper les montagnes en vues des JO d'Albertville de 1992. «Il m'a parlé de son projet de fondation et m'a tout de suite demandé de m'y associer», se rappelle Pierre Siquier, qui a donc participé aux premiers pas de la Fondation Ushuaïa, rebaptisée Fondation Nicolas Hulot pour l'homme et la nature lorsque Corinne Bouygues, patronne de la publicité de TF1, décide en 1995 de vendre les droits de la marque Ushuaïa à L'Oréal. Vice-président et membre du conseil d'administration, Pierre Siquier, dont les agences qu'il a dirigées n'ont «jamais travaillé pour la Fondation», est un peu le gardien du temple. «Les propositions de partenariats marketing ne manquent pas. Mais nous avons toujours refusé d'associer la Fondation à des produits», déclare-t-il en professionnel avisé. «Totalement bénévole», Pierre Siquier est le garant de la stratégie et du positionnement de la Fondation, dont la notoriété a explosé depuis quatre ans lors du lancement avec l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) du défi pour la planète, une opération de sensibilisation aux gestes écocitoyens. «Aujourd'hui, à l'heure du sommet de Copenhague, l'enjeu pour la Fondation est de développer sa présence internationale, à commencer par Bruxelles», lance Pierre Siquier qui, depuis trois ans, poursuit le combat au sein même de sa profession en sa qualité de responsable de la commission Développement durable à l'AACC.

 

Vincent Malone, cinquante et un ans, vice-président de BETC Euro RSCG et aussi… musicien, chanteur, écrivain.

Après le «petit Jésus», place au Roi des papas. Le 26 décembre, Vincent Malone soufflera 51 bougies. Une date prédestinée pour ce publicitaire déjanté et attachant qui, depuis plus de vingt ans, s'est bâti une image d'Henri Dès, version grande gueule. Avec une dizaine de disques à son actif, du Roi des papas à Cochon neige, et autant de livres (Ducu de La Moil Epinière, Ma zonmé, Papa Houétu ?…), Vincent Malone, trompettiste, pianiste, guitariste et grand amateur de jazz, est venu à la chanson enfantine un peu par hasard. «En 1991, j'ai voulu faire un disque pour le Noël de mes gosses. Mais, à l'époque, pour graver un disque, il fallait en éditer trois cents. Du coup, ça a circulé… et je me suis retrouvé à faire ma première scène à la Cité de la musique.» Depuis, le voilà embarqué dans cette histoire. Après avoir joué fin 2008 son spectacle Cabaret magique pendant quatre jours à l'Alhambra, il réinvestira la salle parisienne en mars prochain pour un nouveau spectacle avec trois choristes. Et les autres chantiers en cours ne manquent pas : un nouveau bouquin-CD (Le Vilain Petit Pinocchio) dans la collection des Contes mélangés chez Naïve, un livre pour adulte («des impressions sur la vie…», lâche-t-il, évasif), une sorte d'atelier-découverte pour aider des enfants à réaliser leur projet, une radio en direct pour les bambins sur Internet… «Tout ça m'apporte un peu de fraîcheur par rapport à la pub, qui est un milieu froid, sans mémoire, où tout est lissé, édulcoré», confesse Vincent Malone, qui déclare travailler sur ses livres et sa musique tous les matins de 7 à 10 heures. «A 11 heures, j'ai fini ma journée, après je m'emmerde…» De quoi préparer un Noël azimuté pour son petit dernier, le sixième de la dynastie du Roi des papas.

 

Nicolas Bordas, quarante-neuf ans, président de TBWA France et aussi… président du Conseil pour la diffusion de la culture économique.

«Plus on comprend l'économie, plus on comprend la publicité», résume Nicolas Bordas pour expliquer son engagement au sein du Conseil pour la diffusion de la culture économique (Codice). Un défi pour le patron de TBWA France, par ailleurs chroniqueur à La Tribune, enseignant à Science Po et accessoirement président de l'AACC. Sa nomination à la présidence du comité exécutif du Codice remonte en effet à octobre 2008, soit un mois après la faillite de Lehman Brothers qui a ébranlé la finance et l'économie mondiales. Nommé pour deux ans par Christine Lagarde, ministre de l'Economie, Nicolas Bordas a pour mission de mettre en musique les propositions définies par son prédécesseur, Claude Perdriel, pendant les deux premières années d'existence du Codice. Bien que controversée, la décision prise mi-novembre par le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, de rendre obligatoire l'enseignement de l'économie en classe de seconde à partir de la rentrée 2010 a ravi Nicolas Bordas, qui par ailleurs vient de lancer un test de connaissances économiques sur le site Kezeco.fr. Parmi ses autres projets : une plate-forme Internet mettant en relation professeurs et entreprises, l'intervention d'entrepreneurs dans les écoles et une série de programmes TV courts sur «les mots de l'économie». En attendant de mener à bien tous ces projets, il reconnaît avoir déjà «beaucoup appris, compte tenu du fonctionnement du Codice, sur la façon de faire avancer des sujets complexes».

 

Mondher Abdennadher, quarante-six ans, président de Carat Culture, directeur d'Aegis Media Insight et aussi… président de l'association Tolède pour la diversité et le dialogue des cultures.

En 2002, après avoir vendu sa Web agency Voove, Mondher Abdennadher, actuel président de Carat Culture et directeur d'Aegis Media Insight, s'était fait trois promesses : avoir des enfants, se consacrer à l'écriture et s'engager en faveur du dialogue social. La première promesse a été tenue et a désormais le visage de deux bambins de six et quatre ans. La seconde mûrit encore. Quant à la dernière, elle a très vite pris forme à travers l'association Tolède en faveur de la diversité et du dialogue des cultures lancée avec Gilbert Cotteau, déjà fondateur d'Astrée et de Villages d'enfants SOS en France. «L'arrivée de Le Pen au second tour de la présidentielle a été un déclencheur», reconnaît Mondher Abdennadher, qui n'a pas voulu créer une énième association revendicative ou critique, mais «plutôt un lieu plus positif où l'on montre que le système d'intégration à la française, ça marche aussi». Tolède s'exprime notamment à travers le Forum de la diversité, dont la deuxième édition les 9 et 10 décembre dernier sur le thème de l'entreprise a bénéficié de la participation, notamment, de Xavier Darcos (ministre du Travail), Blandine Kriegel (philosophe) et Richard Descoing (conseiller d'Etat). Arrivé de Tunisie à dix-huit ans, «sans avoir jamais vraiment souffert de discrimination», Mondher Abdennadher insiste sur la vocation de son association à défendre toutes les diversités (ethnique, religieuse, sexuelle, handicap, etc.). «Dans mon métier, Tolède m'aide à ne pas perdre l'essentiel, à savoir que toutes nos cibles sont des citoyens. La considération pour une marque tient finalement davantage à sa valeur d'engagement qu'à sa valeur d'usage.»

 

Frédéric Bedin, quarante-cinq ans, directeur général du Public Système et aussi… président de l'association Croissance plus.

Depuis quelques semaines, Frédéric Bedin emprunte régulièrement le chemin du ministère de l'Economie. Non pas pour plancher sur une compétition, mais pour préparer les Etats généraux de l'industrie. C'est en effet en sa qualité de président de Croissance plus, «qui regroupe des dirigeants d'entreprises en forte croissance», que le ministre de l'Industrie Christian Estrosi l'a nommé président de la commission Entrepreneuriat et Innovation. Elu en 2008 pour deux ans à la tête de Croissance plus, association forte de trois cent cinquante membres, après en avoir été membre du comité directeur puis vice-président, Frédéric Bedin y exprime sa foi dans l'entrepreneuriat et notamment la nécessité de lui donner les moyens de se développer. «La France a de très grandes entreprises, mais nous n'en avons pas créé de nouvelles depuis cinquante ans !», regrette-t-il. Entouré de sociétés des secteurs high-tech, des services à la personne et de l'industrie, Frédéric Bedin apporte son expertise de la communication, comme en témoigne le lancement en mars dernier du premier «Spring Campus» de Croissance plus, un séminaire de réflexion organisé à Avoriaz, longtemps hôte du Festival du film fantastique organisé par… son agence, Le Public Système. «A titre personnel, cette expérience m'offre une ouverture sur des cercles de gens que je ne connaissais pas, tant au niveau économique que politique», conclut Frédéric Bedin. Ce qui n'est pas inutile quand on est patron d'une agence de RP.

Envoyer par mail un article

J'ai une double vie

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.

Plus d’informations sur les agences avec les Guides Stratégies