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La mode responsable se développe

Le consommateur est-il prêt à payer 60 à 100 euros pour un vêtement bio ou éthique ? « Un article textile, ce n'est pas une banane qu'on cueille et qu'on met sur un étale », rétorque Hervé Guétin qui décortique sur son site les prix de ses pulls, pour les justifier. « Le but est de faire des produits abordables, sans compromettre les principes de base, estime Ann Leroux. La seule solution, c'est d'arriver à faire du volume et d'amener nos producteurs à gérer cette production. »


Faire du volume n'est pas évident. Céline Faizant a réalisé 5 000 pièces en 2010. On imagine la quantité de tee-shirts bio qu'H&M doit sourcer pour ses 2 000 points de vente répartis dans 36 pays. En 2008, le géant suédois a utilisé 3 000 tonnes de coton biologique et compte augmenter ce chiffre de 50 % tous les ans.

Les deux mondes pourront-ils, en dehors du salon Intersélection, trouver un terrain d'entente? «Nous voulions sensibiliser le plus possible les acheteurs comme les exposants au mode de fabrication des produits, à l'amélioration des conditions de travail de la main d'œuvre qui les fabrique, au recyclage pour éviter le gaspillage. On sait que ce marché va augmenter, car il y a une demande du consommateur. Les grandes chaînes ne vont pas transformer toute leur sélection, mais l'idée va faire son chemin.»

Encadré


Le déchet ou surplus, une ressource inépuisable

Des chapeaux en sac plastique, au bord doublé entièrement surpiqué. Il fallait y penser ! «Mon travail est parlant: quand les gens voient mes créations, ils sourient. On m'envoie des sacs du bout du monde, j'ai des collections géniales en arabe, en hébreu.» Isabelle Teste a décidé de faire d'un engagement sérieux – l'écologie – un sujet d'humour et de dérision à travers des bavoirs (« Bébés civiques »), des tabliers ou des cabats de jardiniers.
Le recyclage, même s'il n'est ni bio ni éthique (les matières de récupération ne répondent pas forcément à ces normes), est l'une des voies possibles de l'amélioration de la filière. C'est aussi le choix qu'a fait Tamara Tung, 29 ans, créatrice de By Mutation, convaincue que l'on peut créer des vêtements féminins, jolis et agréables, tout en étant éthiques. Sa technique, c'est la récupération des rebuts des maisons de haute couture, « ces surplus qui traînent dans des malles et sont brûlés pour éviter les contrefaçons. » Avec 50 m de tissu, elle confectionne 30 robes. Une manière de donner une deuxième vie à ces surplus.


Mathilde Hulot
Information traitée dans Stratégies Magazine n°1587

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Mots-clés :
tendances, mode, développement durable

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