
01/07/2010 - TNS Sofres se penche sur le comportement nutritif des Français. Entre tendances et paradoxes, les publicitaires vont-ils s'y retrouver?
«Mangez cinq fruits et légumes par jour», «Mangez-bougez», «Sans OGM»… Que ce soit pour la santé ou l'environnement, dans la publicité ou les rayons, les Français sont bombardés de messages de prévention nutritionnels et responsables tout au long de la journée. Comment les perçoivent-ils? L'institut d'études TNS Sofres apporte quelques réponses au travers d'une enquête, réalisée en mai dernier auprès d'un échantillon représentatif de 1 020 personnes de 15 ans et plus, qui dresse un véritable état des lieux des connaissances des Français en matière de composants nutritionnels.
Les Français font globalement plus attention à ce qu'il y a dans leur assiette: 70% des personnes interrogées sont sensibles à l'équilibre de leur alimentation et 61% à l'origine des produits. Un paradoxe quand on sait que l'obésité ne cesse de progresser. La part de personnes obèses dans la population adulte est passée de 8,5% en 1997 à 14,5% en 2009. Dans le monde, un milliard d'adultes seraient en surpoids et trois cents millions obèses, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
L'étude «Alimentation-nutrition-santé: quelles implications pour vos stratégies marketing?» s'intéresse donc à ce paradoxe. «Les annonceurs nous demandaient souvent si nous avions des études sur le sujet. Nous avons donc tenté d'apporter quelque chose de nouveau sur cette problématique», explique Pascale Grelot-Girard, directrice du département Consumer chez TNS Sofres.
Certes, l'enquête s'inscrit dans un contexte de crise, où les produits sains sont plus onéreux. Mais la baisse du pouvoir d'achat n'est pas la seule raison de la mauvaise alimentation des Français. L'étude fait ressortir des lacunes étonnantes en matière de connaissance des ingrédients nutritionnels. Pour de nombreuses questions portant sur les appellations, comme Oméga 3, il apparaît que les Français connaissent ces notions scientifiques de manière très basique, parfois seulement le nom. Il leur est souvent impossible de faire un rapprochement concret avec un aliment. Seul un Français sur deux associe le terme «glucides» au sucre et quatre Français sur dix font correspondre les «lipides» aux matières grasses. «Le plus surprenant est que les plus grosses lacunes se retrouvent au sujet de notions censées être apprises à l'école, comme les noms des lipides ou des glucides», s'étonne Pascale Grelot-Girard.
Une quantité d'informations à… digérer
Un progrès est toutefois à noter en matière de relation entre alimentation et santé: les Français estiment à 97% que le rôle de la première est important pour la seconde. Mais, ici encore, se révèlent des disparités. Si l'apparition de l'obésité, du mauvais cholestérol ou des maladies cardio-vasculaires est liée dans l'esprit des sondés à l'alimentation, le cancer et le vieillissement le sont moins. Quand 82% des sondés estiment que le lien alimentation-obésité est très important, seulement 44% accordent de l'importance au lien alimentation-vieillissement.
Un trop grand choix de produits, un manque de simplicité et de temps, l'apparition régulière de nouveaux termes, tous ces changements permettent d'expliquer ces connaissances superficielles. À cela viennent s'ajouter les appellations purement commerciales, sans aucune valeur scientifique, comme le «bifidus actif». «Les lacunes viennent aussi de la quantité d'informations que les Français ont à gérer», note Pascale Grelot-Girard. Comment s'y retrouver dans cette cacophonie alimentaire?
En la matière, le rôle de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (European Food Safety Authority) est à souligner. Créée en 2002, suite à de nombreuses crises liées à la sécurité des aliments à la fin des années 1990 (la vache folle, la fièvre aphteuse), elle s'évertue à mettre de l'ordre dans les rayons. Avec l'aide de plus de 1 200 experts, elle est chargée d'évaluer les risques relatifs à la sécurité des aliments destinés à l'alimentation humaine et animale. À l'origine de l'obligation d'intégrer la composition nutritionnelle et les valeurs énergétiques sur les étiquettes ou à celle de prouver les allégations santé, elle a considérablement modifié les messages et les packagings des marques ces dix dernières années. «Face au taux important de refus d'accréditation, on peut dire qu'elle fait du bon travail», souligne Pascale Grelot-Girard.
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Mots-clés :
nutrition, tns sofres, etude