Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

La Barbe joue les poils à gratter

07/03/2013 - par Solange Brousse

La Barbe râle, ne propose rien, mais dénonce l'inégalité entre hommes et femmes avec des barbes postiches et une ironie mordante qui en agace plus d'un. Créé le 8 mars 2008, ce collectif féministe, qui revendique 600 sympathisantes et 60 à 100 «Barbues» actives en Île-de-France, fonctionne d'une manière plutôt anarchiste, sans hiérarchie, contrairement à l'association «Osez le féminisme» ou aux «Femen». Son objet social: débarquer dans des lieux de pouvoir très masculins et lire des tracts moqueurs félicitant les hommes d'avoir réussi à conserver leur légitime entre-soi.

«Nous sommes des citoyennes qui jouons un rôle d'éveil, résume Sophie Hutin, l'une de ses membres. Nous ne sommes pas force de proposition. D'ailleurs, le CSA nous a sollicitées [dans le cadre de l'action menée par Sylvie Pierre-Brossolette pour parvenir à la parité dans les médias], mais nous ne répondrons peut-être pas, ce n'est pas notre but. Le fait de ne rien proposer permet de rester poil à gratter librement, puisqu'on ne peut pas nous accuser de chercher le pouvoir.» Les Barbues sont par ailleurs pour la plupart des militantes investies dans plusieurs autres causes comme la lutte contre la précarité.
Elles sont aussi, pour la plupart, multidiplômées et viennent des secteurs de la communication, des médias et de l'art. «Il y a sans doute une sensibilité particulière en raison du plafond de verre qui existe dans ces secteurs», avance Sophie Hutin. Résultat: de nombreuses interventions ont lieu chez les confrères, comme lors des points presse de rentrée de Radio France et France Télévisions pour souligner la virilité des organigrammes.
La Barbe, qui déplore aussi le recours quasi systématique aux «experts» hommes, pointe le ridicule en espérant que les mentalités changent. Car pour justifier les inégalités de traitement, «on met souvent en avant les notions de compétence, de mérite, qui sont en fait complètement subjectives, analyse Sophie Hutin. En fait, les hommes profitent surtout de leurs réseaux... Les femmes commencent tout juste à organiser les leurs.»

Envoyer par mail un article

La Barbe joue les poils à gratter

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.