Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

TENDANCES

L'alimentaire entre plaisir et inquiétude

20/04/2001

Les crises alimentaires n'ont pas ôté aux consommateurs la notion de plaisir de la table. Mais les Européens ont du mal à imaginer l'alimentation de demain, affirme une étude de McCann-Erickson.

Paranoïaques, les consommateurs? Que nenni. Le groupe McCann-Erickson publie une étude sur la perception de l'alimentation en Europe, en Asie du Sud-Est et en Amérique latine, réalisée grâce à Pulse, son outil de compréhension des tendances de consommation. Il en ressort que les consommateurs sont moins perturbés par les crises alimentaires actuelles qu'on pourrait le croire. Les OGM ou la vache folle n'ont pas supprimé la notion de plaisir associée à la bonne chère. Plaisir individuel, dans la découverte de goûts nouveaux, et plaisir collectif, dans le fait de partager un repas en famille ou entre amis.

Un art de vivre

Au plaisir est associée la fierté de faire la cuisine pour ses proches, surtout lorsque l'on est une femme et que l'on travaille, et la fierté culturelle d'être dans un pays de tradition culinaire. En Italie, selon une étude, la troisième passion des 18-35ans après Internet et l'amour, ce sont les pâtes!«Les annonceurs ont intérêt à valoriser cette fierté dans leur communication,souligne Cécile Monier, planneur stratégique chez McCann-Erickson à Paris et coordinatrice de l'étude Pulse.Faire la cuisine est une activité gratifiante même si l'on y passe peu de temps.»Cette observation intéresse au premier chef les clients agro-alimentaires de McCann: Nestlé, Yoplait ou Bonduelle. Autre conclusion tirée de l'étude, la «dimension holistique» de l'alimentation. Derrière ce mot ronflant se cache l'évolution de la nourriture, d'une fonction purement utilitaire à une influence bénéfique sur la santé, la beauté et même l'humeur. Manger devient une expérience psychologique, comme en témoignent des titres piochés dans la presse italienne («10recettes contre les peines de coeur»), japonaise («Fortune cooking, l'alimentaire porte-bonheur») ou hongroise («Pour le corps et l'âme»). Véritable art de vivre, la nourriture rejoint la mode et la décoration. La cuisine elle-même devient une pièce à vivre où l'on aime à discuter tout en préparant le repas. Les restaurants de Londres, Paris et Milan pratiquent le «fooding», cette expérience multisensorielle mêlant mets raffinés, musique d'ambiance et décoration soignée. En Grande-Bretagne, l'émissionThe Naked Chefde Jamie Olivier fait un tabac en rendant la cuisine sexy et décontractée.«Aujourd'hui, les goûts culinaires comptent autant que les goûts vestimentaires ou musicaux,note Cécile Monier.À travers eux, on se dévoile.»Les auteurs de l'étude ont également demandé aux Européens de donner leur vision de l'alimentaire de demain. Beaucoup ont d'abord séché:«On n'aime pas se projeter dans l'avenir sur un sujet aussi intime»,explique Cécile Monier. Les réponses traduisent une certaine inquiétude. En effet, les consommateurs ont peur de l'uniformisation des goûts, de l'invasion de la «junk food» américaine, des aliments trop calibrés. Ils veulent des légumes encore couverts de terre, des fruits tout juste cueillis, des goûts différents. Aux annonceurs de les satisfaire par leurs produits, leurs packagings et leur communication.

Envoyer par mail un article

L'alimentaire entre plaisir et inquiétude

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.