
14/09/2001 - Le groupe a bénéficié au premier semestre de sa politique d'acquisitions et de sa forte croissance organique. Les analystes sont attentifs pour les mois à venir.
Publicis devait annoncer, le 13 septembre, un bénéfice net avant amortissement des survaleurs compris entre 78,5 et 96 millions d'euros (514,93 et 629,72 millions de francs) pour son premier semestre 2001. Tel est le consensus qui se dégageait, il y a quelques jours, chez les analystes financiers. Soit une progression d'un peu plus de 50 % pour le bas de la fourchette et de 85 % pour la plus forte estimation. Il y a un an, le profit s'élevait à quelque 52 millions (341,10 millions de francs). La hausse des profits serait donc significative. Pour la première fois depuis son acquisition en juin 2000, Saatchi&Saatchi est consolidé dans les résultats. L'apport en valeur absolue est notable, même si le groupe britannique affiche des marges opérationnelles plus faibles que Publicis. Publicis a déjà annoncé il y a quelques jours une hausse de 65 % de son chiffre d'affaires au premier semestre 2001, à 7,54 milliards d'euros (près de 49,46 milliards de francs). Cette progression prend en compte la contribution de Saatchi&Saatchi et du groupe américain Nelson Communications, acquis au cours du deuxième semestre 2000. À taux de change et périmètre constants, le groupe affiche une croissance de 6,3 %. Au cours du premier semestre, Publicis a acquis près de 1,5 milliard d'euros (9,84 milliards de francs) de nouveaux budgets. La période a également été marquée par l'annonce du rapprochement de ses activités médias avec celles du britannique Cordiant dans une société commune de droit britannique détenue à 75 % par Publicis et à 25 % par Cordiant. Les analystes promettent de prêter une grande attention aux prévisions de croissance organique pour le second semestre et l'année 2002. Il est, selon eux, peu probable que le groupe renouvelle la performance de croissance de 6,3 % du premier semestre. La situation économique outre-Atlantique est également observée à la loupe. Les répercussions sur les comptes du groupe - qui a promis d'adapter ses structures à l'environnement - sont loin d'être négligeables.
Maurice Lévy a parlé récemment d'une possible reprise ciblée des investissements publicitaires, notamment dans la distribution, l'automobile et les biens de consommation courante. Quelles sont vos attentes pour le groupe sur le second semestre ? Isabelle Carpentier. Visiblement, les secteurs cités par Maurice Lévy sont ceux qui marchent le mieux pour son groupe. Mais la reprise attendue du deuxième semestre ne semble pas poindre. Nous attendons une croissance organique de l'activité du groupe plus faible qu'au premier semestre (de l'ordre de 3 % contre 6,3 % au premier semestre). La présence du groupe aux États-Unis vous semble-t-elle suffisante pour que l'action Publicis profite de la reprise dès qu'elle se manifestera outre-Atlantique ? I.C. Le groupe a réalisé 49 % de son chiffre d'affaires aux États-Unis au premier semestre 2001 (contre 39 % à la même époque de l'année dernière). Cette présence est comparable à celle de ses principaux concurrents européens et devrait effectivement jouer en faveur de Publicis dans le cas d'une reprise. Quelle est la position actuelle de votre cabinet sur la valeur du titre? I.C. Nous ne sommes pas acheteurs du titre (ni d'aucun d'ailleurs dans le secteur des agences de publicité) à l'heure actuelle. Il nous semble important de conseiller la prudence dans un marché où les perspectives de croissance sont régulièrement révisées à la baisse. Entretien : T.B.
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