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TENDANCES

Design et états d'âme

24/05/2002

La Loi du plus fort, le dernier ouvrage du Britannique Rick Poynor, se veut une radioscopie objective du monde du design. L'auteur souhaite que les professionnels se posent les bonnes questions.

Je n'ai pas écrit un livre polémique car je déteste la propagande. Pour que mes idées soient convaincantes, je décris la réalité et laisse le lecteur seul juge. »Rick Poynor est un adepte de la règle journalistique anglo-saxonne « Facts and figures », les faits et les chiffres, qui bannit les sermons. Son dernier ouvrage,La Loi du plus fort(1), reprend une quarantaine de ses essais et chroniques publiés dans la presse anglo-saxonne :Eye,Print,DomusetFinancial Times. L'auteur, qui fut rédacteur en chef d'Eyeet maître de conférence au Royal College of Arts de Londres, décrit les tendances contemporaines en design, publicité, photographie, musique, édition d'art, journalisme, etc. Systématiquement, il souligne l'ambivalence des créatifs, qui sont à la fois complices et résistants de la société de consommation.

Dans la chronique intitulée « Capter le désir naissant », il présente une « diva » des tendances, la Néerlandaise Lidewij Edelkoort, qui se décrit comme« une jeune femme en colère »contre les excès du marketing. Non sans ironie, l'auteur souligne qu'elle prône une consommation minimaliste, qui deviendra... une nouvelle tendance. Finalement, une critique affichée du système peut s'avérer le meilleur moyen de devenir célèbre, riche et très hype. Rick Poynor rend aussi un hommage ambigu à la campagne « Condamné à mort » de Benetton :« Le travail de Toscani a été provocant et courageux. Il illustre la tendance des marques à s'immiscer dans l'univers culturel. Mais cette attitude est vaine. La campagne a été interrompue aux États-Unis, Toscani a quitté Benetton et la peine de mort reste en vigueur dans certains États. »

Rick Poynor se méfie du manichéisme, tout en se positionnant comme un auteur engagé.« Je ne suis pas un activiste comme Naomi Klein[auteur deNo Logo], qui participe aux marches zapatistes en Amérique latine. Mais je veux poser les problèmes pour que les designers sortent de leur conformisme, ouvrent les yeux et se remettent en question. »Il s'intéresse de près au « subadvertising », un néologisme anglais mariant subversion et publicité : «Sur le site canadien adbusters.org, des créatifs anonymes et talentueux détournent des annonces. Cela montre qu'ils s'interrogent sur le sens de leur travail. »

Se saborder pour mieux critiquer

Il reconnaît cependant qu'il est difficile de travailler pour des annonceurs et de les critiquer anonymement. Il cite le cas du designer Tibor Kalman qui, en 1993, décide de saborder son agence M&Co, au faîte de sa gloire, pour coécrire avec Karrie Jacobs un essai intituléThe End.« Nous souhaitons la fin d'une profession de design ayant pour seul but la propagation d'un style dénué de contenu, d'une forme dénuée de fonction et d'un commerce dénué de culture »,écrivaient alors les deux auteurs.

(1) Éditions Pyramid, 224 pages, 35 euros.

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