
04/10/2002 -
Des effectifs divisés par trois, un chiffre d'affaires par deux. La régie en ligne Hi-Média s'est imposé ces derniers mois un régime minceur que n'auraient pas recommandé beaucoup de diététiciens. Reste que cette diète a permis une remise en forme tout aussi énergique.
Depuis le premier semestre 2001, Hi-Média s'est concentrée sur la restauration et la progression de ses marges commerciales. Cela s'est concrétisé par un abandon des contrats non rentables ou peu rémunérateurs et par une très forte progression de la marge commerciale. Du coup, pour un chiffre d'affaires en baisse de 53 % d'une année sur l'autre, l'activité de la deuxième régie publicitaire en ligne européenne a enregistré une marge commerciale en progression de 75 % au premier semestre 2002. Le taux de marge moyen du groupe s'élève ainsi à 32 % sur le premier semestre, contre environ 8,4 % l'année précédente.
Réduction drastique des frais commerciaux
La société pense pouvoir encore améliorer son taux de marge moyen pour se rapprocher de 34 % d'ici à la fin de l'exercice 2002. De plus, les dépenses de marketing et les frais commerciaux ont été encore réduits par rapport à l'exercice précédent. Les mesures d'économie prises joueront encore plus fortement sur le deuxième semestre. Grâce à ces aménagements, la perte d'exploitation avant dotation aux amortissements a été ramenée à 1,75 million d'euros au premier semestre 2002, contre une perte de 4,7 millions d'euros une année auparavant.
Les boursiers ne sont pas, pour l'instant, réceptifs. Question d'environnement économique. Depuis le début de l'année, comme beaucoup d'autres titres, Hi-Média est en chute libre : 70 % de baisse depuis le 1er janvier 2002.« La cotation en Bourse n'a pas été une contrainte,affirme pourtant Cyril Zimmermann, le président du groupe.Mais il est vrai que, dans la période récente, elle n'a pas été très intéressante pour nous. Si le titre a décroché, c'est aussi parce que nous n'avons pas pu annoncer de résultat positif. »L'équilibre est attendu pour la fin de cette année. C'est déjà une étape importante.
Internet a-t-il amplifié le mouvement de repli du marché publicitaire ?
Cyril Zimmermann.Comme il y avait eu un gonflement excessif en 2000, la crise a été plus profonde que sur les autres médias. De plus, sur Internet, les annulations sont plus durement ressenties en raison du nombre limité de campagnes.
Le facteur psychologique a-t-il joué ?
C.Z.Il est vrai que le retournement de conjoncture a conduit à des arbitrages en défaveur d'Internet. Pourtant, c'est un média dont on mesure facilement l'efficacité. Pour une société comme la nôtre, on peut ainsi tabler sur un rebond important si la reprise se fait sentir sur le marché publicitaire.
Vous avez fortement réduit la voilure. Au risque de ne pas profiter de la reprise ?
C.Z.Nos bons résultats sont la conséquence de deux tendances opposées : une division des coûts par trois et une diminution de moitié du chiffre d'affaires. En France, notre capacité de réaction, si la reprise arrive, est intacte. L'été n'a pas été mauvais, septembre a été plutôt bon. Quant à la visibilité pour la fin de l'année, elle est satisfaisante. Mais il est trop tôt pour se prononcer sur 2003.
Entretien : T.B.
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