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The Wit, la vigie de la télé mondiale

02/09/2004

Depuis une dizaine d'années, la mondialisation des programmes a profondément modifié le contenu télévisuel. The Wit propose à ses clients de suivre les évolutions et les dernières tendances. Visite guidée.

Quoi de neuf sur les écrans de télévision ? La télé-réalité, encore et toujours. La fiction, bien sûr. Le documentaire, mais sous une forme particulière, à mi-chemin entre la première et la seconde (lire l'encadré). Les tendances de programmation, qui voyagent de plus en plus vite, notamment entre les États-Unis et l'Europe, sont l'affaire de spécialistes comme Bertrand Villegas. Cet ancien journaliste de trente-six ans, passé par Sciences Po et l'Essec, dirige avec son associée Virginia Mouseler l'une des principales sociétés françaises du secteur : The Wit, acronyme de « World Information Tracking » (1). Son ambition ? Être la vigie du PAM, le paysage audiovisuel mondial. Créée il y a une dizaine d'années, The Wit compte aujourd'hui une centaine de clients : producteurs, diffuseurs, chaînes de télévision, dont 80 % sont étrangers. Le client type ? Une professionnelle comme Paola Capra, responsable du département nouveautés chez Mediaset, en Italie, qui travaille avec The Wit depuis 1999 et demande régulièrement des comptes rendus précis, une sélection de cassettes et le synopsis de nouvelles émissions - parfois même d'anciennes - provenant de tous les pays. Ou encore Tim Crescenti, qui supervise à la Fox, aux États-Unis, les concepts des émissions lancées par la chaîne à l'étranger (lire l'entretien).

À ses débuts, The Wit était une newsletter sous-titrée « Les Nouveautés médias et divertissements du monde entier ».« Il fut une époque, pas très lointaine, avant le boom de l'internationalisation, où il existait très peu de formats importés,rappelle Bertrand Villegas.La France est d'ailleurs restée très longtemps en retard par rapport aux autres pays. C'est par exemple l'un des tout derniers à avoir acheté, en 1998, le concept deQui veut gagner des millions ?, l'émission qui a été la plus vendue dans le monde. »

Mais la demande des chaînes et des sociétés de production est telle que le projet initial prend de l'ampleur. En 1996, The Wit devient une agence. Bertrand Villegas et Virginia Mouseler profitent de l'explosion du paysage audiovisuel français, avec l'arrivée du câble et du satellite et l'internationalisation de l'industrie audiovisuelle. La concurrence devient féroce et les chaînes, publiques comme privées, doivent redoubler d'efforts pour attirer le chaland. Une question agite alors les têtes pensantes du petit écran : en dehors des émissions de variétés à la Maritie et Gilbert Carpentier, des retransmissions sportives, des films du dimanche soir et des débats, comment trouver les nouveaux concepts qui feront fureur dans les foyers et les magazines de télévision ? Réponse : en lorgnant du côté des voisins, où, si l'herbe n'est pas toujours plus verte, elle s'avère parfois plus touffue.

Pour répondre à la demande, surveiller le PAM et dénicher les tendances, The Wit a déployé ses antennes dans une trentaine de pays,« avec en repère ceux qui comptent parmi les plus gros exportateurs : les États-Unis bien sûr, mais aussi la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie, la Scandinavie, ainsi que les importateurs, comme l'ensemble de l'Amérique du Sud »,détaille Bertrand Villegas. Dans les bureaux cossus de The Wit, dans le xvie arrondissement de Paris, entourés d'écrans de télévision, de magnétoscopes et d'ordinateurs à connexions rapides, les six membres permanents de l'équipe centralisent l'ensemble des informations. Entre 250 et 450 émissions nouvelles sont envoyées chaque mois par la trentaine de correspondants dispersés de par le monde. Des dizaines de cassettes vidéo arrivent chaque jour, et le réseau Internet se charge de déverser ce qui a été enregistré en numérique.

Neutralité revendiquée

Grâce aux encodeurs, The Wit peut disposer d'un programme deux heures seulement après sa diffusion. Ce qui nécessite évidemment d'importantes capacités de stockage : outre les disques durs, elle possède deux caves dans des rues adjacentes. Plus de 7 500 cassettes VHS y sont entreposées, soit au bas mot 25 000programmes. Une mine d'informations à laquelle ses clients peuvent accéder, selon une approche soit marketing (les chiffres d'audiences ou les heures de diffusion, par exemple), soit plus créative (les nouvelles tendances ou idées du moment). De manière plus marginale, The Wit répond aussi aux demandes de documentalistes ou même de journalistes (pour des zappings, par exemple).

Bertrand Villegas et Virginia Mouseler se refusent à jouer les gourous d'une quelconque église cathodique :« Afin de satisfaire la diversité des exigences, due à la diversité des clients, la première règle à suivre est la neutralité,souligne Bertrand Villegas.Nous ne sommes en aucune façon des consultants. Nous rassemblons avant tout des données. On peut ensuite comparer les informations et en faire éventuellement des analyses, mais cela ne va jamais plus loin. Pas de jugement, pas de morale, pas de sociologie. Il y a des professionnels pour ça ! »

(1) Citons aussi New On The Air (Nota), une société créée par Eurodata TV (Médiamétrie) et Imca.

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