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Pirates !

15/12/2005

Les maisons de disques ont du mal à digérer la révolution numérique. L'année 2005 a été riche en émotions.

L'industrie du disque, il y a peu, c'était Le Radeau de la Méduse : une rescapée tentant faiblement de rassembler ses forces. Mais l'espoir serait de retour. Les majors du secteur (Universal, Sony BMG, EMI, Warner) ont annoncé des résultats en hausse, tirés par des revenus « digitaux » (téléchargements, sonneries), qui représentent 5 % de leur activité. Le téléchargement légal viendra-t-il compenser le déclin des revenus physiques ? Las ! Le niveau de croissance de ce canal de vente aux États-Unis - environ 3 % - fait craindre le pire. Pour compenser la baisse des ventes, il faudrait qu'il progresse de 150 % par an ! Surtout, le « peer-to-peer » reste un phénomène puissant, ancré dans la culture de la gratuité et même porté par le scandale américain du « pay-for-play », un système qui consiste à corrompre les programmateurs radio pour gonfler la rotation des titres et bidouiller le classement des hit-parades. Sony BMG a étouffé l'affaire moyennant 10 millions de dollars. La Warner, elle, a payé une amende de 5 millions qui servira au financement d'actions d'éducation musicale dans l'État de New York.

Même prises en faute, les majors continuent la chasse au piratage. Après eDonkey, le site Grokster a rendu l'âme, faisant les frais de la décision de la Cour suprême américaine rendant illégales les plates-formes gratuites. Mais les internautes peuvent utiliser leurs vieux logiciels ou des applications non américaines... Du coup, la dernière idée des maisons de disques relève de la traque armée. La Creative and Media Business Alliance (CMBA), qui regroupe notamment Universal, Sony BMG et EMI, tente ainsi de convaincre les pouvoirs publics d'étendre le contrôle des données sauvegardées pour la lutte contre le terrorisme à celle contre la piraterie.

Au bonheur des intégrateurs

Pendant ce temps, la loi de la jungle a toujours cours, comme le montre l'affaire Madonna. Le succès de Confessions on a Dancefloor (numéro un des ventes, tous formats et supports confondus) suscite, outre l'ire des disquaires évincés par les opérateurs télécoms, un imbroglio sans précédent : bien que se présentant comme le défenseur des droits d'auteurs, la plate-forme Web VirginMega a diffusé le single de la star... en violant le contrat d'exclusivité concédé par Warner, la maison de disques de Madonna, à France Télécom.

Pour défendre leur bifteck, les majors cherchent à présent à renégocier la tarification unique des plates-formes, en imposant des prix variables selon l'âge de la chanson ou le succès de l'artiste, alors même que les consommateurs fustigent la pauvreté de l'offre, proche de celle du Top 50. En moyenne, 74 % des requêtes seraient rejetées ! Conséquence : les associations militent pour la légalisation des réseaux peer-to-peer...

Alors, pour s'adapter, les majors découvrent les joies de la connaissance client. Bases de données remises à plat (en France, EMI et Universal disposeraient de 500 000 contacts actifs), vagues d'e-mailing (bientôt de SMS ?) pour encourager le téléchargement légal, notamment via le mobile... La complexité du système fait en tout cas le bonheur des intégrateurs, qui aident les maisons de disques à se frayer un chemin dans le dédale des nouveaux canaux.

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