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Prêt-à-porter ou prêt-à-jeter ?

Trop de collections, donc trop de soldes

Au-delà de la question du style, les enjeux sont bel et bien économiques. Car le prêt-à-porter féminin donne des signes de faiblesse. En 2004, les dépenses globales d'habillement ont progressé de 1,5 % en valeur, bien en deçà des dépenses des ménages en produits manufacturés (+4,4%). Pour 2005, la progression globale du secteur (+4,2%) masque des disparités : si les secteurs homme et enfant se portent bien, le prêt-à-porter féminin, lui, accuse un tassement (-0,2 %), selon l'Institut français de la mode. Quant à la consommatrice, elle n'a plus vraiment les moyens et ­consacre un budget annuel de 406 euros à ses vêtements en moyenne, les 25-49 ans chargées de famille y consacrant un peu moins. Elle plébiscite les petits articles très mode au détriment des pièces plus importantes.

La crise est renforcée par la fin des quotas de production imposés à la Chine, la hausse des textiles asiatiques, sans oublier le poids croissant des soldes. En proposant début janvier de déréglementer les soldes et de les multiplier, Thierry Breton, ministre de l'Économie, a jeté un pavé supplémentaire dans la mare... Son argument ? La multiplication des collections d'habillement dans l'année rend nécessaire de solder, moyen selon lui de relancer une consommation mollassonne... « Ce n'est pas une solution », considère Juliette Rapinat, qui rappelle que toutes les marques ne font pas plusieurs collections par an, et si tel est le cas, c'est au détriment de la créativité et de la qualité.

Dans son numéro de novembre 2005, la Lettre du centre textile de conjoncture et d'observation économique, édité par l'Institut français de la mode, le constatait : « Les distributeurs se situent moins dans une logique de guerre des prix que dans un cadre concurrentiel basé sur une offre créative renouvelée en permanence. Les distributeurs et les marques contribuent ainsi au maintien des prix et stimulent l'appétit des consommateurs. » Cette vision optimiste laisse la directrice générale de Peclers Paris sceptique : « Le prêt-à-porter connaît aujourd'hui un changement de modèle économique comparable à celui qu'a subi la parfumerie il y a quinze ou vingt ans. On est passé des indépendants à de petits réseaux, puis les discounters ont émergé, la concurrence et la guerre des prix ont fait des morts. »

 www.peclersparis.com

 www.ifm-paris.org

 www.eurostaf.fr


Marie Maudieu
Information traitée dans Stratégies Magazine n°1399

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