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Les Français des champs cultivent le vague à l'âme

02/03/2006 - par Alain Delcayre

À l'occasion du Salon de l'agriculture, qui fermera ses portes le 5 mars, l'institut TLB a interrogé près de 8 000 agriculteurs - une première. Une mine d'informations sur une population peu étudiée.

Un Salon de l'agriculture sans volailles, est-ce encore un Salon de l'agriculture ? Les restrictions imposées au secteur avicole, suite à l'expansion de la grippe aviaire, ne sont pas de nature à redonner du baume au coeur aux agriculteurs. L'ESB à la fin des années quatre-vingt-dix, la fièvre aphteuse début 2000 et aujourd'hui le virus H5N1, sans parler des problèmes environnementaux : calamités et critiques n'ont cessé de frapper le monde agricole ces dernières années. De quoi déprimer une population déjà jugée peu encline à l'optimisme.

Qu'en est-il au juste de ces Français des champs, qui ne représentent que 3,5 % de la population active mais dont le poids économique et politique, la place qu'ils occupent dans l'imaginaire collectif restent prépondérants ? Hormis les statistiques officielles et quelques études ad hoc souvent partielles, peu d'enquêtes de fond ont été réalisées sur les agriculteurs. Une lacune réparée par l'institut TLB qui a mené, entre décembre 2005 et février 2006, une étude autoadministrée par questionnaire, unique en son genre sur cette population (lire le sous-papier) Parmi les nombreux sujets abordés : l'image de leur métier, leur besoin en information mais aussi leur mode de consommation, notamment professionnelle.

Une image dépréciée

Les agriculteurs se considèrent comme les mal-aimés de la société française. Ce n'est pas une surprise, mais, à ce point, on frôle le désespoir ! Ils sont 88,5 % à estimer que leur travail n'est pas reconnu à sa juste valeur (« pas vraiment » : 63,3 %, « pas du tout » : 25,2 %). Leur avis est tout aussi tranché lorsqu'on leur demande s'il existe un décalage entre la réalité de leur métier et la perception qu'en a le grand public : 97,6 % répondent par l'affirmative. Ils se disent incompris (44,7 %), critiqués (34,2 %), suscitant le désintérêt (31,1 %), voire la méfiance (25,3 %). Et ce n'est pas dans leurs propres rangs qu'ils trouveront un réconfort : la « solidarité du monde paysan » est, selon eux, quelque chose qui a disparu (20,2 %), qui disparaît peu à peu (54,9 %), voire qui n'a jamais vraiment existé (10,7 %). Bref, si l'on en croit ces déclarations, un véritable plan d'urgence s'impose pour redorer l'image de la profession. Encore faut-il convaincre les agriculteurs eux-mêmes : 42,3 % d'entre eux n'attachent qu'« un peu d'importance » à l'image que se font les Français de leur métier (8,5 % n'y attachant pas d'importance).

En quête d'informations

Insatisfaits quant à leur image, les agriculteurs le sont aussi concernant l'information dont ils disposent pour optimiser la conduite de leur exploitation. Ils sont 30,8 % à penser qu'ils ne sont pas vraiment ou pas du tout informés. La presse professionnelle appréciera... Parmi les raisons invoquées : une « information mal adaptée, trop compliquée » et un « manque de temps ». Leurs attentes en la matière : « comment développer mes revenus », « l'évolution des filières agricoles », « les conditions d'accès aux nouvelles subventions », mais aussi « comment concilier environnement et performance » et « les contraintes environnementales à respecter ». Sur ce dernier sujet, une grande majorité d'agriculteurs ­estime aujourd'hui fournir de réels ­efforts pour préserver l'environnement, tout en reconnaissant que cela n'a pas toujours été une priorité pour eux.

Des consommateurs prudents

Les agriculteurs révèlent des comportements et des attentes spécifiques en matière d'achats professionnels. Fidèles à leur image, ils apparaissent très réfléchis : la moitié d'entre eux déclare « prendre toujours le temps de comparer avec les produits concurrents » et « n'acheter qu'après avoir pris conseil ». Moins de 7 % reconnaissent « acheter sur un coup de coeur ». S'ils assurent « être fidèle[s] à un fournisseur », ils n'hésitent pas à en changer pour de meilleures conditions d'achat, notamment pour les produits phytosanitaires, les prestations techniques et de conseil. La qualité prime pour l'achat de produits vétérinaires, de matériels agricoles et d'aliments pour le bétail. Avis aux marques et aux acteurs du secteur agricole, d'autant que les agriculteurs préfèrent économiser et ne dépenser que si cela est vraiment nécessaire.

Quant à leur pouvoir de prescription, les acteurs du marché ne doivent pas trop se faire d'illusions : si plus de la moitié des agriculteurs en ont déjà conseillé d'autres sur du matériel agricole, seule une minorité l'a fait précisément pour une marque, des services, des semences ou encore un médicament vétérinaire. D'ailleurs, ils sont tout de même 26,7 % à « éviter de donner des conseils à d'autres agriculteurs ».

Enfin, on retiendra qu'ils travaillent en moyenne 55 heures par semaine et n'ont que 13 jours de congés par an, week-end compris. Autant dire que leur consommation de loisirs, notamment, doit se réduire à la portion congrue.

www.tlbagricole.com

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