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2006, l'an I de la haute définition

13/04/2006 - par Bruno Fraioli

L'arrivée de la technologie haute définition (HD) augure une révolution industrielle majeure dans le domaine de la télévision. Constructeurs, diffuseurs et producteurs, toute la filière est concernée. Le Mondial de football, qui aura lieu en juin prochain en Allemagne, devrait accélérer le phénomène.

Sur un écran plat « extra large », deux joueuses se disputent un huitième de finale du tournoi de Roland-Garros. La prise de vue est fixe, la caméra installée dans les tribunes. Mais rien de l'intensité des échanges des deux tenniswomen n'échappe au téléspectateur, qui pourrait même se croire assis parmi le public du court n° 1 du stade parisien de la porte d'Auteuil. Tout cela, c'est la « magie » de la haute définition (HD), qui annonce un formidable bond qualitatif pour la télévision. L'an passé, ce n'était qu'une expérience, organisée par Sony à l'occasion de Roland- Garros. Cette année, c'est une réalité.

Canal + et TPS viennent de lancer leurs offres commerciales. Au menu, un bouquet de chaînes et de programmes diffusés dans ce nouveau standard. La majorité concerne des films de cinéma, des documentaires et des fictions. Le sport est également au menu. La prochaine Coupe du monde de football, qui se déroulera en juin en Allemagne et dont toutes les rencontres seront produites en HD, promet d'être l'élément déclencheur du développement commercial de cette technologie. Ce sera un showroom grandeur nature pour les constructeurs.

L'enjeu industriel est important pour eux. Le marché de la haute définition devrait permettre de renouveler l'équipement audiovisuel des foyers. Selon les projections de l'institut d'études GfK, la moitié des ménages français sera équipée pour la haute définition en 2011, et près de neuf foyers sur dix en 2017. « Cette technologie apporte une vraie valeur ajoutée sur l'image, commente Hervé Vancompernolle, directeur marketing de Sony France. C'est aussi flagrant que pour l'arrivée de la couleur. » Techniquement, la haute définition c'est presque deux fois plus de lignes sur le téléviseur que le standard actuel. Quand notre bon vieux Secam fonctionne avec environ 600 lignes, la haute définition en utilise 1 080. « Ce système permet d'avoir un noir plus profond, une meilleure luminosité et une baisse de l'effet de rémanence », explique Thomas Levassor, « product manager » chez TPS. La différence saute aux yeux, même pour un non-initié.

Visa pour l'export

Pour vendre des postes HD (environ 1 000 euros), plus que les discours, l'objectif des constructeurs est de mettre le produit au contact des téléspectateurs. La disponibilité d'une offre de programmes en haute définition est donc primordiale pour eux, qui installent des stands de démonstration dans les magasins. « Il faut faire du " one to one ", poursuit Hervé Vancompernolle. Grâce à un accord passé avec TPS, nous allons installer un millier de décodeurs HD avec nos écrans chez les distributeurs. »

La haute définition, qui pourrait redistribuer les cartes dans le marché de l'électronique grand public, serait l'occasion pour la marque japonaise de se refaire une santé. « Nous comptons être un acteur majeur, particulièrement avec les téléviseurs LCD, qui ont un potentiel plus important que la technologie plasma », ajoute le dirigeant de Sony France. Selon GfK, un million de postes « HD Ready » seront vendus dans l'Hexagone cette année, sur un total de 5,2 millions.

Les producteurs prennent aussi le train de la haute définition. La fiction a pris le virage, la plupart des grands projets sont déjà produits en HD. Un label désormais obligatoire pour l'exportation. Au MIP TV, qui s'est tenu à Cannes du 3 au 6 avril, le logo HD s'affichait allègrement sur les stands. Pour d'autres genres, le standard pose problème, notamment pour les émissions de flux, dont les moindres faiblesses techniques, dans les décors par exemple, apparaîtront de manière flagrantes. C'est aussi le cas en sport pour les disciplines nécessitant une couverture mobile, tel le cyclisme.Autres oubliés de la HD : les enfants. « Les programmes d'animation jeunesse produits en haute définition sont très rares, indique Pierre Belaïsch, directeur général adjoint en charge des programmes de Canal J. L'intérêt est moindre aujourd'hui. De plus, le standard impose des surcoûts de production qui pénaliseront les chaînes dont les budgets sont réduits. »

Côté diffuseurs, seuls Canal + et TPS soutiennent la haute définition. Opérateurs d'une offre satellitaire, leur intérêt commercial est évident. Ce n'est pas le cas pour d'autres. « Nous n'avons pas grand intérêt à y investir, explique Richard Maroko, directeur des programmes du groupe AB. Nos efforts se portent plutôt sur la qualité des programmes. Pour l'heure, le nombre de foyers pouvant recevoir la haute définition est très faible. Nous verrons donc plus tard. Il sera toujours possible de rattraper le temps perdu. »

Désormais lancée, la haute ­définition possède tous les atouts pour s'imposer dans les foyers. Ceci dit, le standard, seulement repris par satellite pour le moment, devra s'affranchir des différents canaux de diffusion. Les constructeurs attendent avec intérêt l'arrivée de la HD sur la télévision numérique hertzienne. Mais pour cela, il faudra sans doute patienter jusqu'en 2010, au mieux.

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