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Toute la musique qu'ils aiment

01/02/2007 - par Bruno Fraioli

Le groove reste le genre musical le plus prisé des jeunes écoutant la radio, mais la dance réapparaît sur les ondes. Les seventies s'annoncent.

Avec trois Trophées, Diam's l'a largement emporté aux NRJ Music Awards, samedi 20 janvier au palais des Festivals, à Cannes, en marge du Midem. La jeune chanteuse de rap est aujourd'hui l'icône de la musique groove, de la Croisette aux plages de Dunkerque. Ce genre musical, plus généralement réuni avec le rap, le reggae et le ragga dans la « black music », s'est solidement imposé comme le style majeur sur les radios musicales françaises. En 2006, il a dominé les programmations, selon le bilan dressé par l'institut Yacast. Ainsi, le titre le plus diffusé sur l'ensemble des stations (voir tableau) et des télévisions musicales a été Hips Don't Lie, le tube groove de Shakira. « La moitié des titres classés parmi les cent les plus diffusés provient de la « black music », note Ali Mouhoub, directeur du département musique de Yacast. Mieux encore : sur les dix-sept qui se sont classés numéro un dans les classements hebdomadaires des programmations radio, seize figurent dans cette famille musicale. » « L'année a été marquée par la popularisation de la musique dite urbaine, renchérit Pascal Nègre, président d'Universal Music France. Ce genre s'impose comme la chanson populaire. » Mais 2006 ne se résume pas au triomphe du groove. L'année a également été marquée par l'émergence d'autres genres musicaux.

La dance rythme la radio. Derrière les tubes de « black music », les artistes de dance se sont fait une place au soleil à la radio l'an dernier. Le genre a représenté 12 % des nouveautés programmées par les stations, soit 4 points de mieux que l'année précédente. Ce succès est porté par Bob Sinclar, qui a bénéficié du générique de Star Academy, et David Guetta. « Cette progression s'explique notamment en raison d'une forte poussée du son clubbing sur cinq stations, dont Fun Radio particulièrement, explique Ali Mouhoub, de Yacast. Le repositionnement de la station vers des titres dance s'illustre aussi par l'augmentation de son tempo général à 99,7 bpm [battements par minute]. Fun Radio est devenue la station dont le rythme est le plus élevé. » Ce phénomène s'appuie aussi sur la notoriété de plus en plus importante des DJ français. Cela n'a pas échappé aux maisons de disques qui, désormais, investissent sur eux et développent des plans de carrière à long terme, à l'image de tout autre artiste prometteur.

L'ANNée du slam. En 2006, un autre genre, le slam, né dans les années quatre-vingt à Chicago, aux États-Unis, mais issu du mouvement rap et des « cités », s'est également imposé. « C'est une porte d'entrée pour un public plus adulte, qui ne s'est pas intéressé au hip-hop », affirme Bernard Chérèze, directeur des programmes et de la musique à France Inter. Le slam a acquis ses lettres de noblesse en France grâce à Grand Corps malade. Son album Midi 20 pointe à la dixième place des meilleures ventes l'an passé. Totalement absent de la programmation des radios musicales, le jeune homme de Saint-Denis, qui se permet de devancer des pointures comme Johnny Hallyday, Robbie Williams ou encore Madonna, a construit sa notoriété en multipliant les concerts et en récitant ses poèmes a capella sur de nombreuses scènes. C'est grâce à ce même chemin qu'Abd Al Malik, dont les textes bénéficient d'une mise en musique élaborée, a remporté le Prix Constantin, qui couronne un nouveau talent de la scène française.

Tous en scène. À l'image des slameurs, de nouveaux artistes français, en dépit de l'hésitation des radios à les programmer, continuent d'exploser dans les bacs grâce aux succès rencontrés sur la scène. « Au-delà de ce phénomène, je vois surtout la montée en puissance d'artistes qui ont quelque chose à dire, confie Marc Thonon, le patron du label Atmosphériques. Compte tenu de la crise que traverse le marché, les dépenses de marketing se réduisent. Donc, ce sont ceux qui en ont le moins besoin qui arrivent à s'en sortir. » Le public consacre ainsi des artistes venus de la scène, comme Anaïs, dont l'album The Cheap Show, a été le treizième plus vendu en 2006. « Il existe une soif du public pour les vrais artistes, ajoute Bernard Chérèze, de France Inter. La scène est un mode de validation. » D'où le succès croissant des festivals, qui se multiplient et attirent toujours plus de spectateurs. Les télévisions et radios ont compris le phénomène et se disputent désormais les partenariats.

Cap sur les années 1970. Vous avez aimé les tubes des années quatre-vingt ? Vous allez adorer ceux des années soixante-dix. Selon Pascal Nègre, la vogue du retour des années quatre-vingt est aujourd'hui derrière nous. Désormais, les artistes devraient aller largement puiser dans le répertoire et le son de la décennie précédente. « On assiste à l'arrivée d'un vrai courant de fond, estime le patron de la première maison de disques en France. On va s'inspirer à nouveau de cette époque pour les cinq ou six ans qui viennent. Cela devrait également avoir des incidences sur la mode en général. » Et de citer en exemple deux très récents retours : Michel Delpech et Michel Polnareff. Le premier a été chargé de chauffer les 80 000 spectateurs attendus au Stade de France le 27 janvier pour le match de rugby Stade français-Stade toulousain. Le second remplira dix Bercy en mars prochain, soit quelque 140 000 spectateurs, avant d'entamer une tournée de vingt-trois dates en province. D'autres signes avant-coureurs de cette vague « seventies » peuvent déjà se voir dans le succès du groupe américain Scissor Sisters ou celui du Français Philippe Katerine. « Les années quatre-vingt avaient été portées par la technologie, qui a montré ses limites, estime Bernard Chérèze. On revient à des valeurs plus axées sur la musicalité. » Si cette tendance se précise, dépêchez-vous d'aller rechercher dans vos greniers les 45 tours des Rubettes, de Gérard Lenorman et de Michel Fugain.

 www.yacast.fr

 www.disqueenfrance.com

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