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Entreprises et ONG amorcent un rapprochement

05/04/2007 - par Alain Delcayre

Selon l'Observatoire et baromètre des relations ONG-entreprises, les relations entre les organisations non gouvernementales et la sphère économique tendent à se développer. Une avancée encore timide.

Parmi les parties prenantes (« stakeholders ») qui mettent de plus en plus à l'épreuve la responsabilité sociale des entreprises, les organisations non gouvernementales (ONG) sont sans nul doute les plus actives. Or, les relations entre ces dernières et le monde de l'économie sont loin d'aller de soi. Le tout nouvel Observatoire et baromètre des relations ONG-entreprises, créé en février par l'agence Manifeste et le Who's who des ONG (lire l'encadré Méthodologie, ci-contre), s'emploie à faire un état des lieux et à observer l'évolution de cette relation. Premiers enseignements.

Sur la voie du partenariat

Avec 332 partenariats annoncés pour 43 entreprises issues du SBF 250, soit 17 % des sociétés composant cet indice, les accords officiels entre ONG et entreprises ont tendance à se développer, constate l'Observatoire. « Il y a quatre ou cinq ans, le sujet était réservé aux cinq ou six plus grandes sociétés françaises, et souvent à celles qui étaient exposées à des problématiques sociales et/ou environnementales », commente Jérôme Auriac, directeur associé de l'agence Manifeste. Exemple : Total, qui depuis des années verse quelque 70 millions de dollars (plus de 52 millions d'euros) par an aux ONG à travers diverses actions (lutte contre le sida au Burkina Faso avec l'association Kasabati, protection du lac Victoria avec le National Lake Rescue Institute en Ouganda, etc.). « Par le passé, le mécénat purement financier était la norme. Aujourd'hui, les ONG sont considérées comme des partenaires experts avec lesquels les entreprises instaurent des relations d'échange », explique Jérôme Auriac. Les sociétés ne craignent plus de demander une contrepartie en termes de communication. Certaines ONG, tels l'Unicef et le WWF (Fonds mondial pour la nature), ont même mis en place des contrats de partenariat très normés. Quant aux entreprises, que ce soit au travers d'échanges de compétences ou de politiques de recrutement au sein même des ONG, elles ont fait de leur relation avec ces dernières un moyen de dynamiser leur politique de management et de ressources humaines.

Des PME encore timides

Si les partenariats se développent, la majorité d'entre eux émane encore de grandes entreprises. Ainsi, 23 des 43 sociétés du SBF 250 déclarant au moins un partenariat appartiennent au CAC 40. « Ce n'est pas une question de moyens, mais plutôt de non-perception des enjeux, regrette Jérôme Auriac. Nombre de PME sont pourtant implantées à l'international et sont exposées aux mêmes risques d'image et de réputation que les grandes entreprises. » Mais il ne faut pas sous-estimer l'effet d'entraînement de ces dernières qui, à l'exemple de Carrefour au travers de son Club de fournisseurs, incitent ceux-ci à adopter des processus responsables. Cette pression devrait d'ailleurs se faire de plus en plus forte si l'on tient compte du poids croissant de certains fonds d'investissements. Ainsi, Calpers, qui gère les retraites de la fonction publique californienne, demande aux entreprises dans lesquelles il investit de respecter les règles de l'Organisation internationale du travail (OIT) et de suivre une politique respectueuse de l'environnement. D'autres font de même, comme le fonds Pétrole norvégien, l'un des plus gros fonds d'investissement mondiaux (160 milliards d'euros début 2006).

Une démarche encore trop défensive

Bien souvent, la première rencontre entre une ONG et une entreprise se déroule sur le terrain de la confrontation. Le cas de Mitsubishi, dans les années 1990, en témoigne. Le groupe japonais avait dû faire face à une campagne de boycottage de la Rainforest Action Network, qui l'accusait de contribuer à la destruction des forêts. Au lieu de faire profil bas, le groupe a aussitôt décidé de négocier avec l'ONG. Résultat : un programme d'engagements concrets qui lui a permis de retourner la situation en sa faveur. « C'est là un cas exemplaire, mais il faut aller plus loin. Trop souvent encore, les entreprises ne réagissent que sous la contrainte », constate Jérôme Auriac. Le groupe Total s'est également essayé à l'exercice à propos de la polémique sur sa présence en Birmanie. Mais la voie est étroite, les entreprises courant toujours le risque de se voir accuser de « greenwashing » (désinformation verte). « Guettées par de multiples ONG, les entreprises ne peuvent pas être présentes sur tous les fronts. Elles doivent choisir des sujets prioritaires, à savoir ceux où elles ont la plus forte probabilité d'être attaquées mais aussi de s'améliorer », conseille le directeur associé de l'agence Manifeste.

Une communication timorée

En matière de communication, les entreprises françaises accusent un sérieux retard par rapport à leurs homologues anglo-saxonnes. Seules 48sociétés de l'indice SBF 250 citent au moins une fois le mot ONG dans leurs rapports annuels ou de développement durable. Mal organisées pour cela, les entreprises françaises craignent, en communiquant, de s'exposer à un retour de bâton. « Alors que les " brokers " en partenariat sont légion en Grande-Bretagne et aux États-Unis, peu de prestataires et d'outils existent en France », note Jérôme Auriac. Pourtant, les entreprises françaises ne pourront plus longtemps ignorer ces acteurs toujours plus influents que sont les ONG.

www.wwo.fr

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