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La radio fait enfin sa révolution numérique

30/08/2007 - par David MEDIONI

Après des années d'atermoiements, 2008 sera l'année du numérique à la radio. Nouvelle donne, nouveaux équipements et nouveaux sons, la radio s'offre un lifting.

Après la FM, la T-DMB ! La radio change et passe au numérique. Plus pratique, plus confortable et moins onéreux, ce dernier est devenu l'eldorado pour toutes les radios qui émettent aujourd'hui en analogique. De ce fait, elles se préparent afin de répondre cet automne à l'appel à candidatures pour l'attribution de fréquence que devrait émettre le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). L'année 2008 sera donc celle de la concrétisation. Enfin ! Car l'accouchement fut long. Déjà, en 2002, Stratégies faisait état de cette tendance et de la norme numérique alors envisagée, la DAB (Digital Audi Broadcasting ou diffusion audionumérique). Faute de simplicité elle avait été abandonnée pour finalement faire émerger la T-DMB (Terrestrial Digital Multimedia Broadcasting, soit la diffusion multimédia numérique terrestre). Ce dossier crucial pour les radios recouvre deux aspects principaux : la nationalisation de la diversité radiophonique et l'intégration des nouvelles technologies dans ce média.

Redécouper le paysage radiophonique. L'enjeu est simple : chaque station pourra être accessible partout en France, de quoi redessiner le paysage radiophonique. Pas étonnant, d'ailleurs, que les stations les plus militantes sur la question du numérique soient RTL et RMC, plutôt que Radio France déjà présente sur l'ensemble du territoire. « En FM, nous touchons aujourd'hui environ 65 % de la population. En numérique, nous atteindrons quasiment 90 %, souligne Charles-Emmanuel Bon, directeur du développement de RTL. La province bénéficiera d'une offre de radio aussi diversifiée que celle de la région parisienne », poursuit-il.

Ces réseaux privés souhaitent que le CSA attribue nationalement dans une seule et même procédure les autorisations de diffusion des radios. Par son faible coût, le numérique permettra d'émettre partout. Ainsi, une nouvelle répartition devrait avoir lieu entre les réseaux privés et Radio France. France Inter et France Culture, notamment, pourraient voir surgir la concurrence de RTL, Europe 1 ou RMC dans des zones où les radios publqiues bénéficiaient parfois d'une écoute par défaut, faute de concurrents. Une perspective qui n'effraie absolument pas Martin Adjari, le directeur général de Radio France : « Nous sommes très confiants, au contraire. Comme tous les groupes de radio, nous allons bénéficier du numérique pour améliorer le réseau de nos radios thématiques, telles FIP, Le Mouv'et France Info. Nous sommes autant dans le mouvement que nos concurrents. »

Mais qui dit radio numérique dit nouvel équipement. En effet, pour que celle-ci s'installe réellement, il faut renouveler la totalité des transistors. Médiamétrie en recense pas moins de six par foyers, autoradios compris. C'est la première pierre d'achoppement du dossier radio numérique. Tous les observateurs s'accordent pour estimer à dix ans le temps de renouvellement de l'ensemble du parc des transistors. Problème : la diffusion en numérique débutera, elle, en 2008. En conséquence, les radios vont devoir assurer, durant une période plutôt longue, une double diffusion analogique-numérique et verront de ce fait leurs coûts de fabrication augmenter. « Cela nous pose un réel problème. Les petites radios vont être fragilisées, s'insurge un membre du Sirti (Syndicat interprofessionnel des radios et télévisions indépendantes). Le numérique doit nous favoriser puisqu'il coûte moins cher, mais le temps de transition est trop long et certaines radios risquent de disparaître. »

En attendant, les grandes stations ont déjà commencé à s'intéresser à la question des autoradios. « Nous travaillons avec Renault et Peugeot pour adapter d'ores et déjà les autoradios à la norme T-DMB », souligne Charles-Emmanuel Bon. Pour donner envie d'acheter un transistor numérique à Noël, il faudra que les radios en numérique offrent une véritable valeur ajoutée. » La valeur ajoutée justement, concernera principalement le son et l'image.

Apprivoiser les nouvelles technologies. Grâce au T-DMB, adieu grésillements, zones vides et changements de fréquences incessants, et bienvenue à la réception haute qualité. Avec une diffusion au format multicanal 5.1, la qualité du son devrait être excellente et permettre un confort d'écoute inégalé. D'ailleurs, France Musique et Radio classique ne s'y sont pas trompées en expérimentant d'ores et déjà la diffusion de certains concerts en « 5.1 » sur leurs sites Web.

Autre innovation qui devrait réjouir les amateurs d'émissions de débat ou historiques : le « time shifting ». Cette option permet de mettre en pause une émission en direct. Celle-ci est alors enregistrée sur un disque dur et l'écoute peut être reprise au moment où elle a été arrêtée. Une sorte de podcast intégré au poste de radio.

Mieux encore, le poste de radio et l'autoradio en version numérique de demain pourront recevoir des images et du texte. En effet, ceux-ci seront équipés de petits écrans qui permettront de recevoir ce que les spécialistes appellent les « données associées ». « Nous ne ferons pas de la télévision, mais nous apporterons des compléments à l'antenne en images », précise-t-on du côté de Radio France. Ces données associées pourront prendre des formes diverses. Purement informatives, elles permettront, par exemple, de suivre le score d'un match de tennis ou l'évolution des cours de Bourse. Ou de préciser le contenu de l'antenne en donnant la référence d'un livre cité dans une émission ou le titre de la chanson diffusée. Par ailleurs, ces données associées pourraient également être des sources de revenus pour les groupes de radios. En effet, toutes les stations misent sur les retombées des services payants : du téléchargement légal de chansons au tiercé en passant par l'horoscope. Surtout, le système de données associées devrait ouvrir de nouveaux horizons aux annonceurs radio et donc fournir de nouvelles recettes aux diffuseurs. « Des messages publicitaires seront intégrés aux données associées », assure Charles-Emmanuel Bon, qui travaille déjà sur la question pour RTL. « Des liens sponsorisés ou des animations publicitaires pourront apparaître sur l'écran du transistor, sans pour autant se confondre avec un réel contenu éditorial », complète-t-il.

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