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« Donner du sens au foisonnement des images »

20/09/2007 - par Entretien : Alain Delcayre

Du 27 au 29 septembre, la 1re édition du Festival européen des 4 écrans (cinéma, télévision, Internet et mobile) se tiendra à Paris. Hervé Chabalier, son délégué général, évoque les tendances de ce monde des images révolutionné par le numérique.

Le Festival européen des 4 écrans s'ajoute à une liste déjà longue de festivals dans l'audiovisuel. Quelle est sa spécificité ?

Hervé Chabalier. Il y a, c'est vrai, déjà beaucoup de festivals de télévision en France, mais cette manifestation n'en est pas un de plus. Au lieu de nous attacher de façon exclusive au cinéma, à la télévision ou à Internet, voire au mobile, nous souhaitons que tous ces médias et tous ces milieux échangent. Aujourd'hui, le public n'est plus seulement spectateur, il est aussi acteur. C'est ce qu'on appelle les « promateurs », professionnels et amateurs à la fois. Or les professionnels de l'information doivent les connaître pour - pourquoi pas - travailler avec eux afin de vérifier et de mettre en perspective ce qu'ils produisent. Aujourd'hui, déjà, des liens entre ces différents univers existent. Le fonctionnement du nouveau studio de George Lucas en témoigne. Les concepteurs de jeux vidéo s'y inspirent des réalisations des professionnels du cinéma et vice versa.

Au-delà de ces échanges, qu'attendez-vous de ce festival ?

H.C. Le festival ne s'intéresse pas à la dimension artistique ou de divertissement de cette profusion d'images à laquelle nous assistons, mais plutôt à sa vocation citoyenne. L'objectif est d'inciter à occuper ses écrans avec des contenus apportant du sens. Notre initiative est faite pour accompagner la révolution numérique et pour créer des ponts entre les différents acteurs. Les cloisons tombent, comme le montre l'essor des docu-dramas, des docu-fictions ou des « advertainements » en publicité. Il faut connaître tout cela et en être partie prenante si l'on veut savoir l'appréhender avec discernement. Enfin, l'enjeu de ce festival est aussi européen, pour faire pièce aux mastodontes américains et asiatiques d'autant plus que les systèmes de protection qui existent tendent à disparaître. Or, sur la seule compétition TV, le festival recèle de petits bijoux inédits sur la vie quotidienne en Europe, que l'on ne voit malheureusement pas à la télévision.

Le foisonnement d'images aide-t-il vraiment à la réflexion et à la connaissance ?

H.C. Pour l'instant, il n'est pas sûr, en effet, que cela l'enrichisse. C'est pourquoi ce festival, ouvert au public, est militant, engagé, et vise avant tout à donner du sens à ce foisonnement d'images. Il est d'ailleurs organisé en deux pôles : l'un autour de la compétition et l'autre axé sur la réflexion au travers de «l'université de l'image », avec ses conférences, ses rencontres et ses ateliers. L'idée est de donner à ce festival une légitimité qui lui permette, d'ici à cinq ans, de créer un Institut européen de recherche et de création sur l'image. Il va se passer dans nos métiers ce qui s'est passé ou est en train de se passer dans la musique. Aujourd'hui, via Internet, combien de groupes de musique ont réussi à émerger ? Tous les codes et les filtres sautent. Et si l'on se sert de ces nouvelles images pour apporter de l'information, cela peut être explosif ! C'est aussi une manière de contribuer à la démocratie.

Compte tenu de la diversité de ces productions, n'en avez-vous pas une vision tout de même un peu idéalisée ?

H.C. Il faut évidemment réguler tout cela en labellisant, par exemple, ces productions après avoir mené une contre-enquête. Et si, après les avoir éditorialisées, on réutilise les images de ces nouveaux acteurs, il ne faut pas hésiter à les rémunérer. Cela se fait déjà et ça va se développer.

Quel modèle économique se dessine-t-il autour de cette nouvelle donne de la production d'images ?

H.C. Le modèle est déjà en train de prendre forme. Il est plus avancé aux États-Unis qu'en Europe. Mais quand la publicité commence à s'intéresser à un nouveau média, en l'occurrence ici ces nouveaux écrans, on peut dire qu'un nouveau modèle se met en place. La domination désormais écrasante de l'écran sur l'écrit en matière d'information permet à chacun de consommer à la demande en allant piocher ici ou là ce qui l'intéresse. L'individu n'est plus simplement un lecteur qui a un produit fini en main, il devient un acteur et un prescripteur - quand il n'est pas un producteur - de l'information. On constate d'ailleurs que tous les sites de journaux se convertissent de plus en plus en sites vidéo. Ma seule certitude est que dans dix ans, on ne reconnaîtra en rien ce qui existe aujourd'hui.

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