Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Saguez, version durable

22/05/2008 - par Alexandre Debouté

L'agence Saguez & Partners a installé une de ses filiales dans des locaux estampillés HQE (Haute qualité environnementale). Une démarche qui vise à concilier respect de l'environnement et progrès social.

Chez Olivier Saguez, tout est question de nuance. Pour une charte graphique, la disposition d'un point de vente ou la courbure d'un fauteuil, l'homme se plaît à concevoir des structures solides tout en veillant au moindre détail. En matière de développement durable, le fondateur de l'agence Saguez&Partners et actuel président de l'Association Design Communication (ADC) applique la même recette : pragmatisme et précision. À l'évocation de l'expression la plus à la mode du moment, Olivier Saguez ironise : « Quand les communicants en parlent, c'est un festival d'effets de manche. Ici, le recyclage, le gaz carbonique ou les énergies renouvelables, ce sont des sujets qui nous accompagnent depuis toujours. Le développement durable, nous l'appliquons. »

Clarté, fraîcheur et confort

Joignant le geste à la parole, le patron de la Manufacture - nom du lieu où est installée l'agence, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) - inaugurait le 15 avril dernier les locaux de sa filiale spécialisée dans la mise en scène de la marque, Le Dos de la cuiller. À l'origine un bâtiment de 230 m2 en bien mauvais état, juste en face du siège de Saguez&Partners, dans un quartier industriel de cette banlieue au nord de Paris. Pour illustrer son approche du développement durable et expérimenter lui-même les bénéfices de la démarche, Olivier Saguez a décidé de réhabiliter entièrement ce petit immeuble décati en visant la Haute qualité environnementale (HQE).

La « démarche HQE » consiste à « guider les maîtres d'ouvrage et leurs partenaires dans une approche environnementale », d'après les précisions fournies par l'association HQE dans HQE, mode d'emploi. C'est « une démarche volontaire pour intégrer l'environnement dans la logique des acteurs du bâtiment », et non une contrainte légale. Une méthode applicable à toutes les activités liées à la conception, la construction, le fonctionnement et la déconstruction d'un bâtiment.

Dans le cas du 15 bis, rue Palouzié, adresse du Dos de la cuiller, il y avait de quoi être sceptique. L'immeuble présentait des contraintes lourdes : deux niveaux en mauvais état, orientés plein nord sur une petite cour close de murs mitoyens, sans aucune ouverture. Le résultat est édifiant : une cour lumineuse, des espaces de travail aérés (26postes), des volumes dégagés. Certes, les tuyauteries sont visibles et l'ensemble paraît un peu nu. « Il a fallu faire des concessions esthétiques, explique Olivier Saguez. Mais nous avons suivi la démarche HQE point par point. »

Premièrement, le bâtiment a été réadapté à ses nouvelles fonctions. Pour en faire un espace de travail clair et agréable, la couverture sur cour a été supprimée et un « shed » (toiture en dents de scie) a été créé, orienté au nord, avec des parois translucides pour ouvrir le lieu à la lumière naturelle et un pare-soleil au sud pour éviter l'éblouissement lors du travail sur écran informatique.

Deuxièmement, les besoins énergétiques ont été optimisés. Plusieurs simulations thermiques ont ainsi été réalisées pour concilier respect de l'environnement, du patrimoine et de ses occupants. Afin de contrôler les dépenses, les choix d'équipement se sont rapidement imposés : une chaudière à gaz à condensation et ventilation à double flux, un système de récupération des circulations d'air pour ne pas avoir recours à un climatiseur, gros consommateur d'énergie et pollueur notoire. En été, le rafraîchissement des locaux se fait donc par surventilation nocturne. Pour le confort de travail, les sols et les parois ont été traités sur le plan acoustique. Une terrasse et un petit jardin ont été aménagés dans la courette. Au total, l'opération a coûté 580 000 euros, soit un surcoût qu'Olivier Saguez estime à 20 %, sachant qu'il devrait être amorti en dix ans.

La démarche HQE implique finalement de se pencher sur les trois questions clés que sont la lumière, le chauffage et la climatisation. L'occasion pour Olivier Saguez de pointer du doigt les incohérences de certaines constructions récentes. Pour lui, « les murs de verre, qui sont censés apporter une grande luminosité, sont une aberration écologique. L'été, la climatisation doit être poussée au maximum pour réguler la température des bureaux. » Une particularité que présente justement un immeuble occupé par L'Oréal, à seulement quelques pâtés de maison de la rue Palouzié. C'est tout l'intérêt de la démarche HQE, qui s'attache à réduire ou compenser le « coût global » induit par la construction, mais aussi par l'entretien et l'usage d'un bâtiment. Elle tient donc compte à la fois de l'investissement et du fonctionnement. Limitation des pollutions, réduction des nuisances liées aux travaux, adaptabilité, facilité de tri et valorisation des déchets et enfin santé des occupants : autant de préoccupations environnementales et sociales qui font partie de la démarche.

En s'offrant des locaux estampillés « Haute qualité environnementale », Saguez&Partners rejoint une aventure qui a commencé au milieu des années quatre-vingt-dix avec la création de l'association HQE. Elle s'est déjà ­concrétisée par la réalisation de plusieurs bâtiments, notamment publics, répondant à un objectif premier : la ­satisfaction des utilisateurs. L'apport en bien-être social de la démarche HQE, et donc une certaine forme de progrès social, a été vérifié. Construit en 1998 dans une zone urbaine sensible, le lycée Léonard-de-Vinci de Calais, dans le Pas-de-Calais, a ainsi pu constater, outre des économies d'énergie de 25 à 30 %, que le lieu n'avait connu aucune dégradation volontaire en six ans.

Les locaux HQE du Dos de la cuiller viennent s'ajouter à plusieurs initiatives prises par Saguez&Partners pour améliorer les conditions de travail de ses collaborateurs, comme la création d'une salle à manger d'entreprise, avec tous les matins des petits déjeuners gratuits et des plats uniques à déjeuner, ou d'une salle de sport où sont conviés coachs et amis pour se défouler, se détendre ou se faire masser.

Il est vrai que la Manufacture ne pouvait passer à côté du phénomène du développement durable sans donner son point de vue. L'approche choisie par Olivier Saguez prouve, au-delà de l'effet d'image, qu'il reste un défricheur pour ses clients. Quoi de mieux, pour le démontrer, que d'appliquer à soi-même ce que l'on ­recommande ?

www.assohqe.org

www.ademe.fr/entreprises/hqe

www.saguez-and-partners.com

Envoyer par mail un article

Saguez, version durable

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.