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Ces jeunes qui disent « moi-nous »

12/06/2008 - par Patrick Cappelli

À la fois individualiste et attachée à un cercle de proches : c'est la génération « moi-nous », identifiée par le cabinet suédois Kairos Future dans son étude mondiale sur les 16-21 ans.

Un jeune homme avec une touffe de cheveux qu'il faut attraper pour arrêter le temps : c'est Kairos, le dieu grec du bon moment, de l'occasion à saisir. Cette divinité a inspiré l'institut suédois Kairos Future, spécialisé dans les études prospectives, auteur notamment d'une enquête sur les jeunes face à leur avenir. Objectif : proposer aux entreprises et aux institutions un support stratégique autour des consommateurs, collaborateurs et citoyens de demain. Portant depuis les années quatre-vingt sur les jeunes Scandinaves en classe de terminale, l'étude a été étendue l'an dernier au monde entier et à la tranche d'âge des 16-21 ans.

Premier enseignement : la culture jeune se mondialise. « Nous allons vers une culture globale en matière sociale, politique, consumériste. Les jeunes sont plus proches les uns des autres, quel que soit leur pays d'origine, que les adultes de ces mêmes pays », analyse Mats Lindgren, président et fondateur de Kairos Future. Deuxième tendance forte : l'éclosion d'une génération « moi-nous ». D'abord centrés sur eux-mêmes, nos jeunes contemporains se reposent ensuite sur un tout petit cercle de proches, composé d'abord de la famille, puis d'un nombre restreint d'amis (moins de dix en moyenne). Autre point important : la faible confiance des 16-21 ans dans les institutions, qu'il s'agisse des organisations internationales, des gouvernements, des médias, des multinationales et même des associations.

La qualité de vie d'abord

Schizophrènes, ils ont confiance dans leur avenir personnel mais voient le monde aller dans le mur. Leur première préoccupation concerne l'environnement, suivie du terrorisme et de la guerre. « Les jeunes pensent que c'est bientôt la fin du monde, qu'on devrait tous se mobiliser et qu'il est possible de changer les choses, mais ils ne sont pas prêts à agir et ne croient pas que les hommes politiques soient capables d'améliorer la situation », explique Mats Lindgren. Hédonistes, ces jeunes cherchent avant tout une qualité de vie, bien avant une quelconque réussite professionnelle. Et les jeunes Français sont parmi les plus attachés à cette approche : 34 % d'entre eux souhaitent avoir une bonne qualité de vie plutôt qu'une bonne carrière, contre 24 % en moyenne pour le reste de l'Union européenne (lire ci-dessous). Et 57 % des jeunes Français préfèrent la vie en province plutôt que dans la capitale, contre 43 % des autres Européens.

En revanche, cette génération est consciente de l'importance de l'éducation pour réussir sa vie professionnelle. Ainsi, sept jeunes sur dix souhaitent étudier à l'université ou dans de grandes écoles, et un sur huit a pour objectif de décrocher un doctorat. Mais c'est en Europe de l'Est, qui accuse un retard en matière de développement économique, qu'on trouve les plus entreprenants. Les jeunes Russes, Polonais et Estoniens sont, avec les Chinois, ceux qui ont l'esprit d'entreprise le plus chevillé au corps.

Consommateurs avertis

En matière de consommation, les préjugés ont là encore du plomb dans l'aile. On croit ainsi que la majorité des jeunes privilégient les produits « éco-friendly » ou issus du commerce équitable. Pas du tout ! La première influence revendiquée par les jeunes pour leurs achats, ce sont les conseils de leurs amis... Et L'Europe, cette grande idée portée par plusieurs générations ? Elle ne fait pas un tabac parmi les Européens, hormis chez les jeunes Français, qui se sentent plus proches de leurs voisins que de leurs propres compatriotes ! Néanmoins, surtout en ce qui concerne le sentiment religieux, des différences fondamentales existent encore d'un continent à l'autre. Ainsi, 75 % des jeunes Américains croient en Dieu, contre seulement 38 % des Européens, et 50 % des jeunes Américains considèrent que la religion est une valeur importante pour façonner leur identité, contre 22 % en Europe. Enfin, malgré la perte d'influence supposée des médias auprès de cette génération zappeuse, qui préfère Internet à la télévision et les jeux vidéo aux journaux, un très grand nombre de jeunes déclarent vouloir travailler... dans le monde des médias.

Bref, cette étude montre, comme on le pressentait, que la jeunesse mondiale a désormais ses propres valeurs, communes à tous les pays. Mais ce ne sont pas celles auxquelles on s'attendait. Moins consommateurs compulsifs, moins préoccupés par leur avenir professionnel et moins intéressés par l'argent qu'on pourrait le penser, les jeunes des années 2010-2020 croient à la famille, aux amis et à la qualité de la vie. Un portrait finalement plutôt sympathique...

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