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Tous les programmes que vous verrez bientôt à la télévision

La télévision n'en finit pas d'aller puiser ses concepts à l'étranger. À l'heure où s'ouvre le Marché international des programmes de télévision (Mip-TV) à Cannes (du 3 au 8avril), plusieurs tendances fortes ont été détectées dans les grands pays producteurs de programmes et pourraient prochainement se retrouver sur les chaînes françaises.«Si la télévision, née dans les années50 dans la plupart des pays du monde grâce aux évolutions technologiques, a évolué en fonction de la culture locale jusque dans les années70, elle a véritablement commencé à traverser les frontières à partir des années80, en particulier avec l'exportation massive des formats américains»,analyse Childéric Muller, le directeur général de Grundy. Aujourd'hui, les États-Unis restent, certes, le pays le plus exportateur d'idées de programmes nouveaux, mais d'autres contrées, parfois moins lointaines, parviennent aussi à imposer des concepts novateurs.«Les plus prolifiques sont l'Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis, mais également la France, avec plus de 140nouveautés chacun»,constatent Eurodata TV et Imca dans le bilan réalisé par New On The Air (Nota), leur service veille de nouveaux programmes (1).

Le boom des fictions

Peu de surprises, en revanche, quant au genre dominant dans l'ensemble des pays étudiés: la fiction est la plus génératrice de nouveautés. Certaines d'entre elles pourraient d'ailleurs rapidement se retrouver sur les chaînes françaises. Les paris sont ainsi ouverts sur la série allemande de 52minutesKommissar Rex,produite par Betafilm et diffusée depuis environ dix ans sur Sat1 outre-Rhin. Depuis septembre dernier, cette fiction, dont le caractère principal est incarné par un chien policier, est diffusée tous les soirs à 19heures par la chaîne italienne RAI2, sous le nom deCommissario Rex.«Après un démarrage autour de 15 à 16% de parts de marché, elle a dépassé les 30% en décembre»,souligne Arnaud Dupont, chef de groupe d'Eurodata TV. De là à en déduire qu'elle puisse devenir leDerrickde demain, il n'y a qu'un pas. Selon certaines rumeurs, France2 songerait à la diffuser avant l'été, à un horaire encore inconnu. Si les studios américains ne sont plus seuls sur les marchés européens, ils savent encore faire preuve de leurs ressources. Toujours en Allemagne, le succès progressif de la sitcomNikolaconstitue un exemple qui ne manquera pas de faire des émules. Le sujet, simple, est celui de la vie professionnelle et sentimentale d'une jeune mère célibataire, infirmière dans un hôpital, interprétée par une célèbre comédienne allemande. Diffusée sur RTL à 21h15 le vendredi, cette série est produite par la filiale allemande de Columbia Tristar, qui a ainsi choisi de réaliser un programme parfaitement adapté au marché local. De son côté, la société de production internationale Grundy croit davantage en l'arrivée de feuilletons quotidiens en access prime time, comme le font, encore une fois, les chaînes allemandes qui en programment quatre, dont l'un d'entre eux vient d'être vendu en Australie. Il suffit de se souvenir de l'énorme succès de la sitcom du boy's band2Be3sur TF1 à la rentrée dernière pour se convaincre de l'importance de la demande. Plus largement,«tous les formats courts de fiction lancés récemment ont rencontré leur public»,reprend Arnaud Dupont. Qu'il s'agisse deVeronika's Closetsur NBC aux États-Unis, qui atteint près de 26% de parts de marché sur ses onze premières diffusions, d'Union Squaresur la même chaîne, avec plus de 20% sur les dix premières diffusions, ou d'Alright Already,sur le nouveau network Warner Bros, le genre est un succès. D'ailleurs, France2 et TF1 n'ont-elles pas à plusieurs reprises testé des soirées composées uniquement de sitcoms? Les résultats n'ont pas été impressionnants, mais les scores des chaînes ne se sont pas non plus écroulés. Preuve, sans doute, que quelques réglages sont encore nécessaires ou que les programmes les plus performants n'ont pas encore été trouvés. Au-delà de la fiction, les programmes TV sont heureusement composés d'autres genres, qui n'échappent pas plus aux effets de mode. La société de veille de programmes The Wit note ainsi un développement important du divertissement à base de réalité, déjà présent en France à traversVidéo gagouPlein les yeux.Aux États-Unis, CBS a relancé une série de saCandid Cameraet s'apprête à diffuser tous les vendredis soirKids Say the Darndest Things,dans laquelle des enfants donnent un point de vue amusant sur la vie. Succès familial garanti.«Ces programmes font déjà partie du paysage européen»,note Bertrand Villegas, fondateur de The Wit, puisque BBC1, en Angleterre, a proposéBefore They Were Famoussur les premières apparitions télévisuelles des stars. Une émission totalement inspirée d'un modèle américain.La Fureur,produite par Case Productions en France, exploite d'ailleurs ce filon et trouve également son public en Italie et en Allemagne.

Le succès des jeux-quizz

Chez Grundy, on mise aussi sur«le retour à une nouvelle forme de variétés qui s'appuie sur une mécanique de jeu»,relève Childéric Muller. Plusieurs émissions surfent ainsi sur la vague lancée parSingled Out,sur MTV, dans laquelle des candidats choisis principalement en raison de leur physique avantageux viennent tenter d'en séduire d'autres, au milieu de danseuses. À ce titre,Mann O Mann,créée en Allemagne en 1992 et vendue par Grundy dans vingt-quatre pays, pourrait arriver en France. À vrai dire, un pilote de cette émission - la seule à être jamais parvenue à battre une audience de match de foot en Italie - a déjà été diffusé sur TF1 pendant l'été 1995 sous le titreChéri, Chéri. Le résultat avait dépassé 55% de parts de marché, mais la chaîne souhaitait modifier des détails et trouver un animateur emblématique pour tenir douze hommes dont l'objectif est de séduire deux cents femmes. Un retour pourrait avoir lieu avant l'été sur La Une. Toujours sur le versant des divertissements, les jeux-quizz semblent promis à un bel avenir. Le succès deQuestions pour un champion(Grundy) ne se dément pas, et100% questions,récemment lancé par la même société sur La Cinquième, obtient des scores supérieurs à la moyenne de la chaîne. Une tendance identique est constatée au Royaume-Uni, mais aussi outre-Atlantique: VH-1, l'équivalent adulte de MTV (diffusée sur TPS), en programme, et la Fox en cherche... Enfin, les programmes dits «de sens» n'échappent pas aux nouvelles tendances de la TV. Les magazines d'information amorcent depuis la rentrée un retour significatif. The Wit constate ainsi que«les networks américains les programment largement en première ou deuxième partie de soirée, dès qu'une série vient à flancher».Sur ce point, la France semble avoir anticipé le mouvement, avecEnvoyé spécialsur France2 ouCapitaletZone interditesur M6, dont les résultats ne cessent de progresser. (1) Pour ce service, Eurodata et Imca pigent les nouveaux programmes dans huit pays: la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Espagne, les États-Unis, le Canada et l'Australie.
La télévision n'en finit pas d'aller puiser ses concepts à l'étranger. À l'heure où s'ouvre le Marché international des programmes de télévision (Mip-TV) à Cannes (du 3 au 8avril), plusieurs tendances fortes ont été détectées dans les grands pays producteurs de programmes et pourraient prochainement se retrouver sur les chaînes françaises.«Si la télévision, née dans les années50 dans la plupart des pays du monde grâce aux évolutions technologiques, a évolué en fonction de la culture locale jusque dans les années70, elle a véritablement commencé à traverser les frontières à partir des années80, en particulier avec l'exportation massive des formats américains»,analyse Childéric Muller, le directeur général de Grundy. Aujourd'hui, les États-Unis restent, certes, le pays le plus exportateur d'idées de programmes nouveaux, mais d'autres contrées, parfois moins lointaines, parviennent aussi à imposer des concepts novateurs.«Les plus prolifiques sont l'Allemagne, le Royaume-Uni, les États-Unis, mais également la France, avec plus de 140nouveautés chacun»,constatent Eurodata TV et Imca dans le bilan réalisé par New On The Air (Nota), leur service veille de nouveaux programmes (1).

Le boom des fictions

Peu de surprises, en revanche, quant au genre dominant dans l'ensemble des pays étudiés: la fiction est la plus génératrice de nouveautés. Certaines d'entre elles pourraient d'ailleurs rapidement se retrouver sur les chaînes françaises. Les paris sont ainsi ouverts sur la série allemande de 52minutesKommissar Rex,produite par Betafilm et diffusée depuis environ dix ans sur Sat1 outre-Rhin. Depuis septembre dernier, cette fiction, dont le caractère principal est incarné par un chien policier, est diffusée tous les soirs à 19heures par la chaîne italienne RAI2, sous le nom deCommissario Rex.«Après un démarrage autour de 15 à 16% de parts de marché, elle a dépassé les 30% en décembre»,souligne Arnaud Dupont, chef de groupe d'Eurodata TV. De là à en déduire qu'elle puisse devenir leDerrickde demain, il n'y a qu'un pas. Selon certaines rumeurs, France2 songerait à la diffuser avant l'été, à un horaire encore inconnu. Si les studios américains ne sont plus seuls sur les marchés européens, ils savent encore faire preuve de leurs ressources. Toujours en Allemagne, le succès progressif de la sitcomNikolaconstitue un exemple qui ne manquera pas de faire des émules. Le sujet, simple, est celui de la vie professionnelle et sentimentale d'une jeune mère célibataire, infirmière dans un hôpital, interprétée par une célèbre comédienne allemande. Diffusée sur RTL à 21h15 le vendredi, cette série est produite par la filiale allemande de Columbia Tristar, qui a ainsi choisi de réaliser un programme parfaitement adapté au marché local. De son côté, la société de production internationale Grundy croit davantage en l'arrivée de feuilletons quotidiens en access prime time, comme le font, encore une fois, les chaînes allemandes qui en programment quatre, dont l'un d'entre eux vient d'être vendu en Australie. Il suffit de se souvenir de l'énorme succès de la sitcom du boy's band2Be3sur TF1 à la rentrée dernière pour se convaincre de l'importance de la demande. Plus largement,«tous les formats courts de fiction lancés récemment ont rencontré leur public»,reprend Arnaud Dupont. Qu'il s'agisse deVeronika's Closetsur NBC aux États-Unis, qui atteint près de 26% de parts de marché sur ses onze premières diffusions, d'Union Squaresur la même chaîne, avec plus de 20% sur les dix premières diffusions, ou d'Alright Already,sur le nouveau network Warner Bros, le genre est un succès. D'ailleurs, France2 et TF1 n'ont-elles pas à plusieurs reprises testé des soirées composées uniquement de sitcoms? Les résultats n'ont pas été impressionnants, mais les scores des chaînes ne se sont pas non plus écroulés. Preuve, sans doute, que quelques réglages sont encore nécessaires ou que les programmes les plus performants n'ont pas encore été trouvés. Au-delà de la fiction, les programmes TV sont heureusement composés d'autres genres, qui n'échappent pas plus aux effets de mode. La société de veille de programmes The Wit note ainsi un développement important du divertissement à base de réalité, déjà présent en France à traversVidéo gagouPlein les yeux.Aux États-Unis, CBS a relancé une série de saCandid Cameraet s'apprête à diffuser tous les vendredis soirKids Say the Darndest Things,dans laquelle des enfants donnent un point de vue amusant sur la vie. Succès familial garanti.«Ces programmes font déjà partie du paysage européen»,note Bertrand Villegas, fondateur de The Wit, puisque BBC1, en Angleterre, a proposéBefore They Were Famoussur les premières apparitions télévisuelles des stars. Une émission totalement inspirée d'un modèle américain.La Fureur,produite par Case Productions en France, exploite d'ailleurs ce filon et trouve également son public en Italie et en Allemagne.

Le succès des jeux-quizz

Chez Grundy, on mise aussi sur«le retour à une nouvelle forme de variétés qui s'appuie sur une mécanique de jeu»,relève Childéric Muller. Plusieurs émissions surfent ainsi sur la vague lancée parSingled Out,sur MTV, dans laquelle des candidats choisis principalement en raison de leur physique avantageux viennent tenter d'en séduire d'autres, au milieu de danseuses. À ce titre,Mann O Mann,créée en Allemagne en 1992 et vendue par Grundy dans vingt-quatre pays, pourrait arriver en France. À vrai dire, un pilote de cette émission - la seule à être jamais parvenue à battre une audience de match de foot en Italie - a déjà été diffusé sur TF1 pendant l'été 1995 sous le titreChéri, Chéri. Le résultat avait dépassé 55% de parts de marché, mais la chaîne souhaitait modifier des détails et trouver un animateur emblématique pour tenir douze hommes dont l'objectif est de séduire deux cents femmes. Un retour pourrait avoir lieu avant l'été sur La Une. Toujours sur le versant des divertissements, les jeux-quizz semblent promis à un bel avenir. Le succès deQuestions pour un champion(Grundy) ne se dément pas, et100% questions,récemment lancé par la même société sur La Cinquième, obtient des scores supérieurs à la moyenne de la chaîne. Une tendance identique est constatée au Royaume-Uni, mais aussi outre-Atlantique: VH-1, l'équivalent adulte de MTV (diffusée sur TPS), en programme, et la Fox en cherche... Enfin, les programmes dits «de sens» n'échappent pas aux nouvelles tendances de la TV. Les magazines d'information amorcent depuis la rentrée un retour significatif. The Wit constate ainsi que«les networks américains les programment largement en première ou deuxième partie de soirée, dès qu'une série vient à flancher».Sur ce point, la France semble avoir anticipé le mouvement, avecEnvoyé spécialsur France2 ouCapitaletZone interditesur M6, dont les résultats ne cessent de progresser. (1) Pour ce service, Eurodata et Imca pigent les nouveaux programmes dans huit pays: la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Italie, l'Espagne, les États-Unis, le Canada et l'Australie.