Compétitions
Victimes collatérales du coronavirus, les cabinets de conseil en choix d’agences font le dos rond face au ralentissement de l’activité qui ne devrait pas mettre en péril leur modèle à court terme.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Avec une perte estimée par l’Insee à trois points de PIB annuel chaque mois de confinement, tous les secteurs sont durablement touchés par le coronavirus. Un ralentissement qui affecte tout aussi brutalement la communication. Or qui dit communication, dit budgets, donc pitchs. Un terrain sur lequel les cabinets de conseil en choix d’agences font figure d’acteurs incontournables, mais aussi de victimes collatérales de la crise sanitaire actuelle. De là à parler d’une catastrophe sans précédent pour les marieurs ? « Tout dépendra de la durée de cette crise. Il est difficile d’effectuer des comparaisons mais l’activité ne s’est pas arrêtée aussi drastiquement qu’en 2008, où le nombre de compétitions a chuté de moitié. Par ailleurs, cette épidémie survient dans un contexte marché positif avec beaucoup de compétitions lancées ces derniers mois et dont certaines se poursuivent », recontextualise Marie-Charlotte Longueville, cofondatrice de Pitchville, qui préfère positiver.

« Les conditions ne sont pas les mêmes qu’en 2008 grâce au numérique »

« Les positions diffèrent selon les annonceurs. Certains ont tout stoppé. D’autres ont mis leur compétition en sommeil. Pour d’autres encore, je pense notamment aux budgets publics, le processus se poursuit mais avec des délais revus et adaptés. On sent en tout cas une grande compréhension vis-à-vis des agences qui ont recours au télétravail mais qui se posent forcément des questions », constate-t-elle.

Même son de cloche du côté de VTscan et de son fondateur Fabrice Valmier, qui se veut rassurant ; « Je dirais que 50 % de nos clients continuent avec un timing ralenti, 30 % ont repoussé leur compétition et 20 % se retrouvent dans une situation compliquée. Mais ce qui est sûr, c’est que les conditions ne sont pas les mêmes qu’en 2008 grâce au numérique », pointe le dirigeant. « Notre priorité est d’adapter les process en cours au contexte et à la situation des agences et en aucun cas de lancer de nouvelles compétitions. Ce n’est ni notre position ni le moment », estime Fabrice Valmier, appelant à une « stabilisation pour mieux préparer l’après ».

La com de crise, « très recherchée »

Principal élément pour expliquer les différences de traitement observées entre les budgets : la nature des missions. Car si l’événementiel ou la publicité sont au point mort, « d’autres expertises comme la com de crise sont très recherchées », souligne-t-il, citant l’accompagnement fourni « en urgence début mars en Italie pour trouver une agence de RP ». Dans ces conditions, difficile d’estimer l’ampleur des dégâts à ce jour. Mais pour des acteurs plus modestes comme Happy Match, dont les clients se comptent sur les doigts d’une main, le coup pourrait être fatal. « Si la crise dure deux mois, cela ne mettra pas en danger notre modèle », tempère néanmoins son fondateur Gilles Fraysse. Un optimisme de rigueur ? « Je ne crois pas à un rattrapage massif. Les investissements qui n’ont pas été consentis ne seront pas réalisés »,  prédit pour sa part Fabrice Valmier à propos d’une crise qui s’annonce durable.

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