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Mobilier publicitaire : le Conseil de Paris choisit Clear Channel

02/04/2019 - par S.C avec AFP

Un an après la mise à l'écart de JCDecaux, le Conseil de Paris a voté lundi soir un contrat avec l'Américain Clear Channel pour le retour des panneaux publicitaires dans la capitale.

Un an après la mise à l'écart de JCDecaux, le Conseil de Paris a voté lundi soir un contrat avec l'Américain Clear Channel -en pole position depuis plusieurs semaines- pour le retour des panneaux publicitaires, au grand dam d'élus écologistes, de centre et de droite. La filiale française de l'entreprise américaine Clear Channel choisie devra assurer pendant cinq ans «la conception, fabrication, pose, entretien, maintenance et exploitation» des 1630 panneaux, qui avaient disparu il y a plus d'un an.

Sauf recours administratif, les Parisiens pourront dès le mois de juin lire sur ces panneaux des «informations sur l'actualité culturelle, sportive et associative, ainsi que des communications citoyennes, solidaires et municipales auprès des Parisiens», assure la Ville de Paris. Jusqu'au 31 décembre 2017, l'exploitation de ces panneaux était liée au contrat Vélib' signé avec une filiale du français JCDecaux, mais dans le cadre du renouvellement de ce marché, il avait alors été décidé de dissocier les deux. Le marché des vélos en libre-service avait été attribué au consortium Smovengo.

34 millions d'euros annuels au minimum

Le contrat avec Clear Channel est «une excellente nouvelle qui permettra de retrouver une capacité d'information générale et citoyenne pour les Parisiens», s'est réjoui auprès de l'AFP à l'issue du vote le premier adjoint de la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire. Il attend une «recette record de 34 millions d'euros minimum garanti par an pour financer les services publics parisiens». «C'est huit crèches de plus à Paris», a renchéri une autre source proche.

Le vote n'a pas réjoui les élus d'opposition, à l'instar de la conseillère de Paris (LFI) Danielle Simonnet, qui s'est insurgée contre cette décision. «On ne peut pas afficher un plan climat d'un côté et assurer un envahissement publicitaire à côté. Prenons exemple sur la ville de Grenoble (...) en supprimant la publicité», a enjoint l'élue. 

Garanties financières en question

«En renonçant à défigurer notre ville, à consommer inutilement de l'énergie, à formater les esprits, Paris serait à la hauteur de la mission et du rôle qu'elle se targue de vouloir jouer: être le leader dans le monde de la défense du climat», a critiqué de son côté le maire du 2e arrondissement (EELV) Jacques Boutault. Le porte-parole du groupe PPCI (macroniste), Jérôme Dubus, s'est dit inquiet de ce «nouveau contrat juridiquement précaire», qui risque, selon lui, de produire les «mêmes effets que Smovengo dans un an», faisant référence au lourd retard enregistré par le déploiement du nouveau Vélib.

«On danse sur les ruines fumantes des procédures de marché des contrats de cession de service mal négociées, mal engagées, bâclées» et «ce sont les Parisiens qui risquent de trinquer», a déclaré Eric Azière, chef de file du groupe UDI-Modem. Pour le maire du 1er arrondissement parisien, Jean-François Legaret (LR), «le marché publicitaire est volatile, et les garanties financières qui sont proposées ne sont pas pleinement suffisantes».

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