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Quand un patron fait la révolution (alimentaire)

04/05/2020 - par Amélie Moynot

Comment Emmanuel Faber, PDG de Danone, incarne-t-il ce mastodonte de plus de 100 000 salariés et 25,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, ambitionnant d’apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre ? Décryptage.

Ascète, exigeant, brillant, humaniste, pionnier de la justice sociale… Tels sont quelques-uns des traits habituellement prêtés à Emmanuel Faber, « le moine-soldat », arrivé fin 2017 à la présidence de Danone, à la suite de Franck Riboud. Voilà pour l’homme - si tant est qu’on puisse le décrire en si peu de mots. Et pour le patron ? « Il existe trois grands types d’incarnation, explique Vincent de la Vaissière, président du cabinet VcomV. Les patrons à fort charisme et médiatisation (Guillaume Pepy à la SNCF), ceux qui incarnent une passion (Carlos Tavares chez PSA, Ben Smith chez Air France) et enfin ceux qui incarnent une raison d’être, comme Emmanuel Faber. »

Discours forts

L’ambition de Danone est claire : « apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre », proclame l’entreprise aux plus de 100 000 salariés dans le monde et 25,3 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2019. Un combat que porte, véritablement, Emmanuel Faber. « Il a des discours forts, comme au Consumer Goods Forum à Berlin en 2017, qui scotche l’industrie alimentaire mondiale. Il se fixe des objectifs forts, notamment le fait que 30 % du CA de Danone soit couvert par le label B-Corp aujourd’hui [certification attestant de la performance sociale et environnementale des entreprises] », détaille Vincent de la Vaissière. Ce positionnement n’est toutefois pas né avec lui. « Très tôt, Danone s'est positionnée comme entreprise de l’empowerment, avec déjà une dimension de grande marque activiste. Emmanuel Faber est arrivé dans cette continuité. Désormais, il porte cette raison d’être », resitue Jacky Isabello, cofondateur de l'agence Coriolink.

« Ardente obligation »

Pour atteindre cet objectif, Emmanuel Faber s'est cherché des alliés et a formé des coalitions dans l’industrie alimentaire. Et c’est là que, d’un certain point de vue, le bât blesse - peut-être. « Il ne faut pas oublier l’entreprise. Emmanuel Faber n’est pas à la tête d’un collectif mondial pour un monde meilleur. Il peut y avoir un point de décalage quand cela va trop vite », remarque Vincent de la Vaissière.

D’autant que l’incarnation se joue aussi à d’autres niveaux. « Il arrive à embarquer derrière lui un modèle d’entreprise, à tracter le groupe. Ses managers sont aussi payés sur la manière dont ils arrivent à résoudre la crise environnementale », pose Jacky Isabello, qui lui reconnaît aussi de « l’authenticité », comme lors de son fameux discours à HEC en 2016, où il parle de son frère. « C’est un moine-soldat qui a mis Danone sous tension permanente, sous ardente obligation. Il met beaucoup de pression avec un management dur voire brutal », tempère Vincent de la Vaissière. « Il incarne très fortement la raison d’être. Il faut que cela suive au niveau managérial et des résultats », estime-t-il.

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