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Informatique

La petite pomme suit le rythme de l'e-musique

23/05/2003

Précurseur dans le domaine de la micro-informatique, Apple se lance dans la vente de musique en ligne pour asseoir la réussite de ses baladeurs numériques.

En quinze jours, I Tunes Music Store, le site de téléchargement de musique payante lancé par Apple fin avril, a vendu 2 millions de titres, dont 50 % d'albums. Soit sept fois plus que Musicnet, la plate-forme des labels Warner Music, BMG et EMI. Il faut dire que le magasin de musique d'Apple bénéficie d'un gros atout : il propose à la vente les catalogues de tous les grands labels. Aussi bien Warner, BMG et EMI que Sony et Universal Music (Pressplay), qui n'ont jamais réussi à se mettre d'accord pour lancer une offre commune et n'ont jamais vu, non plus, leurs ventes décoller. I Tunes Music Store propose ainsi plus de 200 000titres à 0,99dollar (0,90 euro) l'unité, ce qui porte le prix de l'album à 9,99 dollars. Pour l'instant, le site n'est disponible que pour les utilisateurs d'ordinateurs Macintosh aux États-Unis, s'ils sont équipés du logiciel I Tunes4. Mais Apple envisage pour la fin de l'année la compatibilité de son site avec Windows et son extension en Europe.

Les labels unis contre le piratage

Steve Jobs, le président d'Apple, aura réussi à mettre d'accord les majors. Ce qui constitue en soi une performance, car avec son slogan « Rip, mix, burn », interprété comme « Volez, mixez, copiez », Apple était assez mal vu de l'industrie du disque, qui prenait ce message comme une incitation au piratage. Les labels de musique, cherchant à compenser la baisse des ventes d'albums en magasins tout en essayant de lutter contre le piratage, se sont laissés convaincre par la promesse d'une technologie performante de la part d'Apple. Ils espèrent que cela contribuera à aider le secteur, qui souffre d'une diminution de 25 % de son chiffre d'affaires depuis 2000.« Les différentes plates-formes de musique payante pèchent par un manque de maîtrise technologique et juridique, notamment sur les droits d'auteurs,souligne Hervé Rony, président du Syndicat national de l'édition phonographique (Snep).L'arrivée d'Apple est positive, comme tout ce qui tend à faciliter la vente de musique en ligne. Mais elle ne peut pas résoudre en soi le piratage. La seule solution serait que les fournisseurs d'Internet verrouillent l'accès aux sites illicites d'échanges de musique. »La loi Fontaine sur la confiance dans l'économie numérique, dont le vote est prévu en juillet, va dans ce sens.

En réponse au piratage, I Tunes Music Store est muni d'un support de gestion de droits numériques qui tente de lutter contre la copie sauvage des titres. Le site bénéficie également des points forts de la marque à la pomme croquée : design, simplicité d'utilisation et bonne communication. D'un simple clic, l'utilisateur télécharge et achète sa chanson quand, sur les autres sites, il lui faut enchaîner une quinzaine d'opérations avant de pouvoir l'écouter.

Autres atouts : le prix compétitif des chansons et la qualité du son. Le format de diffusion de musique AAC (Advance Audio Codec), développé par MPEG Group, a été choisi par Apple car il serait d'une qualité supérieure au MP3. Dernier bénéfice pratique : I Tunes Music Store ne propose aucune formule d'abonnement. L'internaute, après avoir écouté gratuitement les trente premières secondes d'un titre, peut l'acheter directement à l'unité. Il a le droit d'utiliser indéfiniment les chansons, de les graver sur un CD, de les transférer sur son baladeur MP3, mais ne peut les transférer qu'à trois ordinateurs seulement. Il n'y a aucune protection copie.« Outre la technologie, nous disposons également, contrairement aux autres plates-formes, d'un savoir-faire dans l'e-commerce »,souligne Pascal Cagni, le vice-président d'Apple pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Asie. Ainsi, l'annonce lundi 19 mai du rachat de Pressplay - qui accuse un déficit de 5 millions de dollars, soit 4,3 millions d'euros - par Roxio, l'éditeur américain de logiciels de gravure CD, n'entame pas sa confiance.

D'autant que la venue d'Apple sur le secteur de la vente de musique en ligne ne répond pas tant à la volonté d'ajouter le métier de la distribution à son actif que de consolider son activité de base. Derrière le lancement par la petite pomme de son site de téléchargement de musique, il y a, en réalité, la volonté d'accompagner l'arrivée sur le marché de son nouveau baladeur MP3 iPod, compatible Mac et PC, et dont la version haut de gamme atteint 30 gigaoctets de mémoire.« Notre stratégie n'est pas de diversifier nos activités, mais de vendre ce que nous faisons le mieux »,insiste Pascal Cagni. Avec 3 % du parc informatique mondial, il devenait nécessaire au pionnier de trouver des solutions pour assurer son avenir. Même si, comme le précise Pascal Cagni, Apple représente plus de 15 % de part de marché sur des segments comme la création, l'éducation, les petites et moyennes entreprises et le grand public.

Une opportunité de croissance

Avec l'iPod, Apple pense avoir trouvé une opportunité de croissance. En Europe, ses baladeurs numériques occupent la première place du marché, et aux États-Unis la cinquième. La société en a vendu 800 000 de la version Mac sortie il y a dix-huit mois. Ces chiffres encourageants expliquent sa prise de position dans le domaine de la vente de musique en ligne.« I Tunes Music Store est, pour Apple, une source supplémentaire de revenus et également un moyen de compenser le manque d'offres sur le marché de l'e-musique et d'alimenter nos iPod MP3 »,résume Pascal Cagni. Désormais, avec les 200 000titres disponibles, les clients ont le choix.

En attendant de permettre aux Européens d'acheter de la musique sur son site, Apple vantera dans la presse son fameux baladeur dès le 31 mai, avec une campagne internationale signée TBWA. Le groupe compte également sur Apple Expo, qui se tiendra du 16 au 20 septembre prochain à Paris et où 80 000 visiteurs sont attendus.

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