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Etude

Avez-vous peur de l'intelligence artificielle?

19/05/2016 - par Amaury de Rochegonde

L’intelligence artificielle, une chance ou une crainte? Les Français sont aussi nombreux à voir dans cette forme de génie de l’algorithme une opportunité (49%) qu’un motif de peur (50%), selon un sondage Odoxa réalisé en mai pour Stratégies et Microsoft. Une appréciation partagée qui n’est finalement pas une mauvaise nouvelle pour tous les fabricants de supports technologiques ou de logiciels de type Siri ou Cortana ayant recours à l’intelligence artificielle. Pour un Her de Spike Jonz, plutôt bienveillant, combien de films inquiétants sur cet apprentissage de la machine par la machine: Blade Runner, Terminator, Matrix, I Robot... Une filmographie qui laissait augurer une très mauvaise image de l’IA, selon Bernard Ourghanlian, directeur de la technologie et de la sécurité de Microsoft, qui s’attendait à pire…

Pour autant, il existe un clivage à la fois social et générationnel sur cette notion. Comme la robotisation des usines dans les années 1970,  l’intelligence artificielle est perçue par une large majorité d’ouvriers (61%) comme une menace et elle inspire de la peur aux plus bas revenus (à 54%). Les interviewés de sensibilité «extrême gauche» sont d’ailleurs les plus méfiants (57%). Gael Sliman, président d’Odoxa rappelle «la grande époque des premières machines lors de la révolution industrielle et l’image d’Épinal des canuts lyonnais cassant leurs machines de peur qu’elle ne les remplace». A l’inverse, les cadres la voient majoritairement (56%) comme une chance et les hauts revenus se disent enthousiastes (à 55%).


Sous le prisme de l’âge, surprise: ce ne sont pas les jeunes les plus enthousiastes… mais les retraités! Les plus de 65 ans sont une majorité solide (56%) à voir dans l’intelligence artificielle une opportunité alors que les 25-34 ans, que l’on aurait pu imaginer les plus intéressés par les fonctionnalités liées à l’IA, sont 54% à en avoir peur.


«L’explication de ce résultat est très simple, explique Gael Sliman. Le rapport entre opportunité et menace n’est pas corrélé à l’usage des nouvelles technologies mais bien à la crainte que les machines puissent vous prendre votre travail. C’est la raison pour laquelle les seniors–qui ne le craignent plus et qui par ailleurs pourraient le plus bénéficier de certaines innovations dans ce domaine (santé et sécurité notamment) sont les plus positifs

Applications multiples

Les applications où s’exercent l’intelligence artificielle sont, il est vrai, multiples, que l’on songe à Google qui vient de signer un accord avec Fiat pour Chrysler pour des mini-vans en self-driving ou Orange qui développe par exemple avec Harmonie mutuelle une sacoche de médecin à distance avec Visiomed. On pourrait citer aussi les logiciels de reconnaissance des visages dans les aéroports pour contrer la menace terroriste. Comme dit Bernard Ourghanlian (voir interview ci-après), ce qui différencie l’homme de l’IA, c’est encore cette capacité à exercer son intelligence sur différents domaines alors que le machine learning n’est jamais que l’acquisition d’automatismes pour une tâche précise.

Les secteurs d’activité où les Français pensent que l’intelligence artificielle se développera le plus sont logiquement les applications informatiques (30% de citations) puis la santé (24%), les transports (13%), internet (11%) et la sécurité (7%). Pour ceux qui prédisent le remplacement du prof par le Mooc et du journaliste par un robot, les Français y croient beaucoup moins : l’éducation et la connaissance arrive avant-dernier (6%) et l’information et les médias dernier (5%)
Du côté des innovations attendues, ce ne sont pas non plus des instituteurs ou des reporters virtuels (7 à 8%) qui font fantasmer mais d’abord la voiture autonome (42% de citations).

Le battage médiatique autour de la Google Car a rencontré nos rêves de science-fiction… Suivent, dans une moindre mesure, le e-médecin ou le majordome virtuel (19%). Là encore, le géant internet (filiale du groupe Alphabet) est sur la brèche : jeudi 19 mai, il a donné le coup d'envoi de sa conférence annuelle pour les développeurs (I/O) à Mountain View en Californie, en dévoilant un nouvel appareil connecté pour la maison, Google Home, et une application de messagerie, Allo. Ils ont pour point commun d'être rendus plus «intelligents» par l'intégration d'un assistant virtuel ("Google assistant") nourri d'intelligence artificielle et capable d'apprendre au fur et à mesure qu'on l'utilise.
Mais au fait, quel est l’image de la France dans l’IE ? 57% pensent qu’elle pourrait jouer un des premiers rôles dans ce domaine sans être un des leaders mondiaux (seulement 8% le pensent). Vient souvent à l’esprit les géants américains Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, IBM  ou les asiatiques Samsung, LG ou Huawai… moins les Orange ou Dassault Systems. Et la filière French Tech, bien que très présente au CES de Las Vegas ou de Shangai, est surtout connue des start-up. Comme le note Gael Sliman «communiquer sur l’excellence française auprès de nos concitoyens ne serait pas superflu…».

«Tous les métiers répétitifs peuvent être automatisés»

 

Bernard Ourghanlian, directeur de la technologie et de la sécurité de Microsoft, analyse le sondage d'Odoxa.

 

Pourquoi les Français sont-ils selon vous divisés sur l’intelligence artificielle ?

Bernard Ourghanlian. Ils ont conscience que les métiers les plus automatisables sont ceux qui sont pris en compte par l’intelligence artificielle. Tous les métiers qui reposent sur la réalisation de tâches répétitives peuvent être automatisées par l’IE. La crainte de ceux qui ont un niveau socio-professionnel relativement faible, ou qui ne sont pas cadres, est à mon sens justifiée. Ils ont conscience que cette révolution technologique risque de les priver d’emploi demain.



Ont-ils raison de craindre ces destructions d’emplois ?

B.O. Il y aura des emplois détruits mais aussi des emplois créés où l’homme et la machine pourront se compléter. C’est un domaine où l’intelligence artificielle peut avoir un rôle très important. Il faut par exemple doter les robots de capteurs sensoriels pour mieux prendre en compte l’humain dans son environnement.



La sécurité des  personnes est un domaine où l’intelligence artificielle est déjà à l’œuvre, notamment en matière de reconnaissance faciale…

B.O. Cela peut aboutir à une société orwellienne, il faut faire attention, mais c’est vrai que la capacité de détecter dans une foule des gestes ou des intentions problématiques est une capacité que l’intelligence artificielle est en train d’apprendre à faire de mieux en mieux. Cela peut permettre d’alerter des humains.

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