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Audiovisuel

L’audiovisuel face à sa transformation digitale

20/07/2016 - par Amaury de Rochegonde

En quoi le digital impacte-t-il les métiers de l’audiovisuel? Une table ronde organisée fin juin par Audiens et l’Afdas, avec le soutien de l’Institut national de l’audiovisuel et du cabinet Mazars, a tenté de donner quelques réponses sur cette thématique. Florilège.

D’abord, la toile de fond: il s’agit de «faire de plus en plus avec de moins en moins», affirme Nicolas Coppermann, président d’Endemol France, qui estime que l’exigence de qualité reste inchangée dans la production alors même que des pays comme le Royaume-Uni et l’Allemagne ont des ressources 1,5 à 2 fois supérieures. Arnaud Lesaunier, directeur délégué RH et organisation de France Télévisions, ajoute: «Les barrières à l’accès dans l’audiovisuel ont complètement sauté. Nous sommes beaucoup plus nombreux à consommer les mêmes ressources. Nous allons devoir chasser les mêmes profils à côté d’autres acteurs comme Google ou Facebook. D’où l’importance du branding employeur qu’on avait un peu laissé tomber.» Il s’agit pour les entreprises de l’audiovisuel de se rendre attractives afin de dénicher des talents qui ne se limitent pas au vivier des écoles de journalisme.

Problématiques RH

Quels talents? Julie Joly, directrice du Centre de formation des journalistes et de l’école W, estime que le métier se rapproche de celui de scénariste: «Pour engager les lecteurs, il faut des gens qui nous racontent des histoires.» Les journalistes restent des acteurs clés de l’audiovisuel à condition de savoir évoluer. «Nous manquons de profils de gens ayant une bonne culture générale et sachant mettre les mains dans le cambouis. Nous avons de très bons techniciens qui ont les idées un peu courtes.» Son idée est donc de «mixer l’entreprenariat, la technicité et la culture générale».

Au concours de l’école, des épreuves de créativité, de la réécriture de scénario ou encore la capacité à raconter une histoire à partir de cinq chiffres piochés dans une liste de cinquante sur les prisons. «Nous cherchons des potentiels créatifs», déclare la directrice du CFJ et de l’école W, consacrée aux contenus et à la création numérique. Côté élèves, «il ne faut pas s’interdire d’apprendre le code tout seul si on veut monter en grade».

Expérimenter

Comment transformer? A France Télévisions, le chantier de la transformation a été précédé d’assises pendant trois mois. Au sein du groupe public, où la moyenne d’âge est de 48 ans et où les moins de 30 ans représentent 3% de l’effectif et les plus de 50 ans plus de la moitié, l’acquisition de compétences est déterminante.

Comme à TF1, le turn over est en effet très faible. Et il faut aller vite quand on a des chantiers importants à mener, comme le lancement d’une chaîne d’information. Les douze membres du comité exécutif se sont donc rendus dans chaque implantation en mode binôme. Cela a permis de vérifier que «les gens sont favorables au changement».

Vient ensuite la phase de transformation: «Nous essayons d’aller vers plus d’innovation et d’expérimentation. C’est le seul moyen de savoir et de corriger une erreur le cas échéant», résume Arnaud Lesaunier. Exemple à Grenoble et Bordeaux, où les journalistes se sont entendu dire: «Que feriez-vous si vous deviez partir de zéro pour faire un JT?» Il s’agit aussi de «repositionner des fonctions intermédiaires» (RH, compabilité) pour leur donner un nouveau rôle face à l’automatisation des pratiques.

Créer un «CDI de programme»

Quel rapport au travail ? A Endemol France, où la détection de talents et l’organisation RH sont déterminantes, Nicolas Coppemann estime qu’il est fondamental de transformer la relation employé-employeur: «Il faut que les gens disent ce qu’ils ont envie de faire et que les employeurs aient la capacité de ne pas les limiter à des tâches précises. En gros, je t’embauche pour tu choisisses ce que tu vas faire de ton temps.»

Le dirigeant milite aussi pour des «CDI de programme», qui remplaceraient les CDD d’usage, liés à une saison audiovisuelle. Il s’agirait de lier le CDI à la durée d’une émission ou d’un programme et d’avoir la possibilité de l’interrompre sitôt celle-ci terminée. Une mesure qui reviendrait à transposer le contrat de chantier en vigueur dans le bâtiment. «Cela détricoterait le CDI, qui est l’alpha et l’omega en France», rappelle Arnaud Lesaunier.

Partage du pouvoir

Quelle révolution? Laurent Choain, directeur des ressources humaines et de la communication du groupe Mazars, rappelle que les métiers de l’audiovisuel touchent de façon très importante (à 94%) des «formes technologiques avancées». Or, c’est un monde, ajoute-t-il, où les «amateurs éclairés ont parfois plus de compétences que les pros». Il importe donc de créer «des formes partagées de leadership» et des «communauté de leaders» avec des managers qui ne cherchent «pas à transmettre mais à permettre».

Objectif: apprendre plus vite au contact des digital natives. Mazars propose à ce titre un programme de formations pour le top management axé sur la créativité, des happenings destinés à promouvoir la créativité et un hackathon de l’innovation pour la rentrée 2016.

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