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Télévision

Lancement de la chaîne RT en France dans un climat de méfiance

19/12/2017 - par CB avec l'AFP

Considérée par Washington comme un organe de propagande pro-Kremlin, la chaîne russe d'info en continu RT s'est lancée en français lundi soir en se donnant quelques mois pour prouver au monde francophone son indépendance.

RT France a émis ses premiers journaux en français, parés de blanc, vert et  noir, les couleurs de la chaîne, à partir de 19H00 sur le canal 359 du bouquet Free, sur le câble, le satellite et sur son site internet. Quelques heures plus tôt, dans la journée de lundi, les 80 journalistes de la chaîne et du site s'activaient au siège flambant neuf de RT France,  installé entre la tour TF1 et les bâtiments de Canal+ à Boulogne-Billancourt.    

Un budget de 20 millions d'euros

Financée par la Russie, la chaîne est une déclinaison en français de RT (ex-Russia Today), qui émet déjà en anglais, espagnol et arabe. Lancée avec  les moyens d'une petite chaîne d'info (20 millions d'euros et 150 salariés),  elle doit permettre au groupe russe de toucher un public encore plus large,  soit 275 millions de francophones. RT est déjà présent en France depuis 2015 avec un site internet et se  montre très actif sur YouTube où ses vidéos, doublées ou sous-titrées,  rencontrent un franc succès. Désormais, RT diffusera chaque heure un grand JT d'une demi-heure, suivi de reportages, d'entretiens et d'émissions sur  l'actualité, rediffusées en ligne. Dans son JT de 20H, aux sujets très internationaux, l'ex-journaliste de BFMTV Stéphanie de Muru s'est intéressée lundi soir au veto américain à l'ONU  concernant Jérusalem et présenté des rétrospectives des interventions russes  en Syrie et de la lutte contre le terrorisme en Europe.    

Après un sujet sur les habitants de l'immeuble de Saint-Denis pris d'assaut  par le RAID en novembre 2015, le JT se termine par un micro-trottoir  d'autopromotion de la chaîne et des extraits d'une interview d'Oliver Stone  après son film sur Vladimir Poutine.        

Un média scrupté de près

Dès l'annonce de son lancement en français, la chaîne a éveillé les  soupçons. RT et Sputnik, autre média russe considéré comme proche du Kremlin, ont été accusés par le président Emmanuel Macron de s'être comportés durant la  campagne présidentielle française «comme des organes d'influence (...) et de  propagande mensongère». «Nous sommes accusés mais il n'y a aucune preuve. Nous sommes prêts à  répondre à toutes les accusations», a affirmé lundi la présidente de la chaîne Xenia Fedorova, 36 ans, qui gérait auparavant l'agence de vidéo du groupe RT,  Ruptly. Il n'y aura par ailleurs «pas d'attention particulière à l'actualité  russe: nous faisons nos choix en fonction de l'actualité», a souligné, en  anglais, la présidente de la chaîne à l'AFP.    

Au Royaume-Uni, le régulateur de l'audiovisuel (Ofcom) a déjà émis 14 mises en demeure contre RT et l'a menacée de sanction, pour des sujets notamment sur la Syrie et l'Ukraine, où l'armée russe est présente. Aux Etats-Unis, les autorités ont forcé la chaîne à s'enregistrer comme  «agent de l'étranger». La Russie a aussitôt riposté en enregistrant en tant  qu'«agents de l'étranger» des radios financées par le Congrès américain. Si la chaîne est sous le feu des critiques, c'est parce qu'elle «donne de  la place à des opinions différentes, »selon Xenia Fedorova.        

Sous l'oeil du CSA        

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a fait savoir en novembre, par la voix de son président Olivier Schrameck, qu'il observerait «constamment»  les programmes de RT et agirait avec «promptitude» en cas d'«anomalies». RT a signé dès 2015 avec le CSA une convention qui lui impose des engagements  renforcés en matière «d'honnêteté et d'indépendance de l'information». La  chaîne dispose également d'un comité d'éthique. Quelques journalistes chevronnés comme le directeur adjoint de  l'information Jean-Maurice Potier, un ancien de France 3 et LCI, ou le rédacteur en chef Jérôme Bonnet (ex-Siné Hebdo et Echo des savanes). Le journaliste Jean-Marc Sylvestre (ancien de TF1, LCI et iTélé) et  l'économiste Jacques Sapir, connu pour ses positions hostiles à l'euro, vont  animer de leur côté un débat hebdomadaire sur RT. 

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