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Médias

Lagardère, le dépeceur d'un empire de presse

18/04/2018 - par Amaury de Rochegonde

Mardi 17 avril, Lagardère annonçait la cession de ses radios en Europe de l'Est au groupe Czech Media Invest. Le lendemain, Lagardère négociait avec le même groupe tchèque la vente de Elle et de six autres magazines.

Après avoir annoncé mardi la cession de ses radios en République tchèque, Pologne, Slovaquie et Roumanie à Czech Media Invest pour 73 millions d'euros, le groupe Lagardère a engagé le 18 avril la vente de ses magazines en France, en particulier du magazine Elle, à ce même groupe tchèque du milliardaire Daniel Kretinsky.

 

Cet oligarque, qui a fait fortune dans l’énergie, détient le leader national de l'édition de livres et de la distribution de presse, un peu à la façon du groupe Lagardère, qui possède Hachette Livres et Relay et s’est désengagé en 2011 des 49% qu’il possédait en tant qu’opérateur de Presstalis (ex-NMPP). Mais à la différence du groupe français, ancien numéro un mondial de la presse magazine, Czech Media Invest ne se désengage pas de la presse. Il possède en effet quatre quotidiens, de nombreux magazines et sites internet, et enclenche son expansion européenne en voulant faire de la France un "pilier de sa stratégie", selon Lagardère.


Les titres concernés par les cessions sont Elle et ses déclinaisons, y compris les sites Internet en France, Version Femina, Art & Décoration, Télé 7 Jours et ses déclinaisons, France Dimanche, Ici Paris et Public, détaille le groupe diversifié dirigé par Arnaud Lagardère dans un communiqué.  Le courtier Gilbert Dupont a estimé l'enveloppe globale à 100 millions d'euros. Si l'affaire est menée à bien, Lagardère aura soldé ses derniers titres de presse, à l'exception de Paris Match et du Journal du Dimanche qu'il souhaite conserver, ainsi que la radio Europe 1.


Lagardère garde cependant la propriété de la marque "Elle" pour la presse, le numérique, et les produits dérivés (vêtements, cafés...) en France comme à l'international. Et "donne une licence pour l'exploitation des magazines", moyennant une redevance, selon une source proche du dossier. Ce mécanisme avait déjà été utlisé lors de la cession en 2011 au groupe américain Hearst des principales éditions internationales de Elle.


Une suite de cessions depuis 2007

Ces nouvelles cessions achèveront un programme de désengagement dans la presse qui n’a pas cessé, pour Lagardère Active, depuis 2007, année de la vente de Nice Matin et de La Provence au groupe Hersant Média. Ont suivi, en 2011, la cession de sa branche internationale de magazines avec ses 102 titres à Hearst pour 651 millions d’euros, le désengagement de ses 34% dans Le Monde interactif puis les cessions des 42% dans Marie-Claire pour 125 millions d’euros ou des 25% du groupe Amaury (Le Parisien, L’Equipe) pour 91 millions d’euros.

 

Après avoir vendu pour 1,15 milliard d’euros ses 20% dans Canal+ France, Arnaud Lagardère s’est débarrassé d’une douzaine de titres, notamment Psychologies, réunissant 350 salariés. En 2016, il a mis en vente sans succès Télé 7 Jours, Ici Paris et France Dimanche et engagé un plan d'économies de 50 millions d'euros, ayant entrainé 224 départs volontaires. Un accord avec Mondadori avait récemment été évoqué.

 

Bon vendeur et mauvais acheteur

« D’ici dix à quinze ans, je veux hisser ce groupe dans le top 3 mondial des médias, en devenant un groupe 100% communication », avait déclaré Arnaud Lagardère au magazine L’Expansion le 26 mai 2004, deux ans après avoir hérité de son père. Si l’héritier a bien soldé l’héritage paternel en vendant les 15% du groupe dans EADS (dans lequel avait été placé Matra), il est très vite sorti de la presse, puis des médias tout en développant de façon hasardeuse une branche de marketing sportif et en ratant son rachat du site Le Guide.com, en raison d'un changement d'algorithme de Google. "On dit que je suis un bon vendeur et un mauvais acheteur", reconnaissait lui-même Arnaud Lagardère devant des analystes financiers.

 

Aujourd'hui, l'héritier ne conserve dans les médias que son groupe de production, Lagardère Studios, ainsi que les médias d’influence politique Europe 1, Paris Match et le Journal du Dimanche. A leur sujet, Arnaud Lagardère parle de « sanctuaire ». Ces derniers sont susceptibles d'exercer une influence sur les acteurs du pouvoir qui pèse indirectement sur le choix des livres scolaires, où est présent Hachette Livres, ou des programmes TV, via France Télévisions. La chaîne pour enfants Gulli est également en passe d’être cédée. Parmi les acquéreurs potentiels, Mediawan, M6, TF1 et le groupe Vivendi.

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