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Journalisme

Nesrine Slaoui, hors classe

07/01/2020 - par Ambrine Ziani

Entre Paris et Marseille, Nesrine Slaoui, pigiste pour BFMTV et Le Bondy Blog, déconstruit les clichés sur les jeunes des quartiers populaires. Le tout couplé avec son amour du rap et l'envie d’écrire un livre, pour mettre KO les stéréotypes.

Pas de baratin ou d’effets de manche, Nesrine Slaoui va droit au but. «On n’est pas condamné à l’échec.» Derrière les paroles de Banlieusards, morceau prophétique du rappeur Kery James, la pigiste pour BFMTV et Le Bondy Blog (ex-LCI, I-télé, Cnews et RMC) déconstruit les clichés autour des jeunes des quartiers populaires. Paris, Caen, Grenoble, Alger… Depuis près d’un an, la volubile franco-marocaine de 25 ans, diplômée de Sciences-Po Grenoble (2013) et Paris (2016), entame un tour de la Méditerranée en accordant des interviews et en animant des conférences autour de l’intégration des jeunes des quartiers populaires dans les grandes écoles. «J’aurais aimé que quelqu’un me dise avant de faire Sciences Po, que j’allais me rendre compte de la différence entre bourgeois et populaire. Là-bas, on me faisait comprendre que si j’étais admissible, c’est parce que j’étais un quota. Mais je veux sortir de mon cas personnel et prévenir les prochains.» 

Ni populaire, ni bourgeoise

En octobre 2019, la jeune femme originaire d’un quartier populaire d’Apt, petite ville située à quelques kilomètres d’Avignon, a pris la parole dans l’émission Le Temps du débat (France Culture) pour traiter de la démocratisation dans les grandes écoles. «On doit faire attention à ne pas mépriser le milieu d’où l’on vient. Parce qu’on ne sera plus jamais populaire mais on ne sera aussi jamais bourgeois», avait-elle déclaré. Mais c’est son interview pour le média en ligne Brut en juin 2019 qui a fait le plus de bruit. Plus de 180 000 vues sur YouTube. «J’ai remis les choses à plat, pour dire que les enfants issus d’immigration ne profitent pas du système et que mes parents sont juste des bosseurs qui ont financé les études de leur fille.» Depuis cette interview, Nesrine Slaoui publie pratiquement tous les jours en story Instagram des témoignages reçus en messages privés. Sur Twitter, mépris et injures sont plutôt de sortie.

Monter le Bondy Blog de Marseille : un projet qui pourrait voir le jour d’ici cinq ans. «J’adore mon métier, mais j’ai envie d’être utile socialement», confie la journaliste, qui reconnaît tout de même que le métier ne consiste pas à donner son avis. «On doit s’approprier nos propres histoires et nos propres discours, parce qu’on ne se reconnaît pas dans le traitement médiatique qui est fait des banlieues.» Et pour finir ce combat de classes en apothéose ? Écrire un livre «sur ce que ça signifie d’être une femme, d’origine maghrébine et issue d’un milieu populaire».

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