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Médecine

Michel Cymes: «On m'a reproché d'avoir été trop rassurant au début de la crise»

08/04/2020 - par Propos recueillis par Caroline Bonacossa

Michel Cymes est médecin, chirurgien ORL, animateur sur France Télévisions et chroniqueur sur RTL. Pour Stratégies, il revient sur les actualités autour du Covid-19 et sur la position du gouvernement.

Les médecins qui s'expriment sur la pandémie dans les médias.

La qualité de cette communication est très bonne. Comme le sujet est très compliqué, les journalistes et les rédactions font appel à des experts, virologues ou infectiologues ou à des médecins comme moi, habitués à parler dans les médias et qui savent peser leurs mots. Notre boulot, c'est de vulgariser et de mettre en perspective. Le problème, c'est que cette communication commence à échapper au monde médical. Quand j'entends des politiques donner leur avis sur la chloroquine, ça commence à m'inquiéter.

 

La préparation de notre pays à la vague de l'épidémie.

La France était insuffisamment préparée, comme tous les pays européens. Sinon on aurait eu des masques de protection pour tout le monde. Seuls les pays qui avaient vécu le SRAS-CoV l'étaient. Cette vague est présente dans le Grand-Est et en Île-de-France. D'après les projectionnistes épidémiologistes, la courbe d'apparition de nouveaux cas devrait être au plus haut samedi 28 mars puis entamer sa phase descendante.

 

La politique très partielle de dépistages via les tests.

Si l'on avait eu la possibilité d'avoir des tests en nombre, faciles à pratiquer et aux résultats rapides, l'idéal aurait été de dépister tout le monde. Mais on ne les a pas. L'institut Pasteur travaille sur un test à pratiquer avec une goutte de sang prélevée sur le bout du doigt et dont le résultat serait connu en quinze minutes.

 

L'utilité des mesures de confinement plus drastiques présentées par Edouard Philippe le 23 mars.

Les médecins ont tendance à dire qu'il faudrait un confinement plus rigoureux. On a malheureusement raison de fermer les marchés. Les joggers en nombre et qui se croisaient de trop près sur les quais de Seine comme le week-end dernier, ce n'est pas possible. Personnellement, je continue à faire de la gym chez moi et j'ai la chance d'avoir un vélo d'appartement. Mais il y a plein d'applis et de tutos très bien faits pour s'exercer chez soi.

 

Les risques psychologiques engendrés par le confinement.

Ils sont énormes et c'est l'une des grandes inquiétudes pour les semaines qui viennent. Il va y avoir des dépressions, des crises d'angoisse. Ce qui est très inquiétant, ce sont les enfants vivant avec des parents violents ou alcoolo-dépendants et des femmes battues enfermées avec leur conjoint. Car il va y avoir une nervosité croissante. Sans parler des couples qui commencent à se bouffer le nez. D'où la nécessité de planifier sa journée, de faire de l'exercice et de sortir, en respectant les règles.

 

L'administration de la chloroquine pour soigner les cas graves de Covid-19.

Nous avons des règles en médecine : la communication se fait dans le milieu scientifique et pas dans les médias grand public. Au moment où je vous parle, ce médicament n'a pas fait la preuve de son efficacité scientifique. Nous aurons les résultats dans une semaine ou deux. Il n'est administré aujourd'hui par les médecins que dans les cas très graves et à l'hôpital. Il faut faire confiance à ceux qui savent.

 

La nécessité d'un discours rassurant... ou inquiétant et transparent.

On m'a reproché d'avoir été trop rassurant au début de la crise. Mais qui aurait imaginé en janvier que l'on serait confiné en mars ? Je tiens le même discours à mes amis qui m'appelent inquiets qu'aux télespectateurs : 80 % des personnes touchées développent une forme bénigne. Mais en cas de troubles respiratoires, il faut appeler le 15. Certains commencent aussi à tort à critiquer la communication du ministre et le directeur général de la Santé. Ils font très bien leur boulot. Tout doit être transparent et tout l'est. 

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