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Témoignages de dirigeants

Jean-Charles Decaux: «Un espace protecteur est une des conditions de la relance»

22/05/2020 - par Entretien : Amaury de Rochegonde

Jean-Charles Decaux, président du directoire du groupe JCDecaux.

La communication extérieure a été très fortement affectée par le confinement et la crise du Covid-19. Etes-vous malgré tout optimiste sur les chances de reprise ?
J-C. D. Notre média est un très bon baromètre de l’économie réelle. Dès lors que le déconfinement est prononcé, même s’il est progressif et sécurisé, l’économie redémarre. Les marques reviennent chez nous et contribuent à la relance : 1 euro investi en communication font un peu plus de 7 euros de création de PIB. Les médias ont donc un rôle fondamental à jouer pour recréer de la dynamique de croissance. Réussir le déconfinement est l’enjeu majeur de notre pays et de tous les pays qui doivent sortir de cette phase extrêmement pénible. Le pessimisme est d’humeur et le pessimisme de volonté, dit-on. J’aime cette phrase. Cela n’empêche pas d’être réaliste. Il nous faudra appliquer très rigoureusement les gestes barrière. Je parie sur la volonté de nos concitoyens de reprendre très vite une vie normale.

 
JC Decaux a annoncé qu’il allait fournir 2000 récepteurs de solutions hydroalcooliques à la ville de Paris. Est-ce le rôle d’un acteur comme vous de participer à la protection sanitaire de la population ?
J-C. D. Notre raison d’être est d’améliorer durablement la vie en ville de nos concitoyens. Dès le départ de l’épidémie, nous avons porté notre attention sur ce que va être la vie d’après dans l’espace public. C’est pourquoi nous avons lancé sur les abris d’autobus et les sanitaires des récepteurs de solutions hydroalcooliques, à Paris et à Los Angeles. Il s’agit de rendre l’espace public plus sûr, comme on l’a fait avec les abris voyageurs, les sanitaires automatiques, les vélos ou les kiosques. Ces produits et services tirent leur légitimité d’usages répétés et quotidiens. Ce qu’attendent nos concitoyens, ce sont des objets fiables et utiles pour se déplacer, s’informer et désormais pour leur santé.

Cette offre pourrait-elle être étendue à d’autres agglomérations ?
J-C. D. Des dizaines de villes s’intéressent à ce produit. Une hygiène partagée dans l’espace public sera quelque chose d’important pour les générations d’aujourd’hui et pour celles qui viennent. Un espace protecteur est une des conditions de la relance. Il nous faut trouver des produits qui sont des phares et jalonnent le parcours de nos concitoyens. Nous travaillons sur la question des masques ou des relevés de température. La légitimité de JCDecaux sur le domaine public est d’apporter des services qui changent vraiment la vie des gens. Il ne faut pas baser la reprise sur un sujet purement économique. Pour que les gens consomment, il faut qu’ils soient rassurés sur le contexte dans lequel ils se trouvent. 

 

Vos salariés sont-ils encore en chômage partiel ?
J-C. D. L’immense majorité de nos collaborateurs qui peuvent être en télétravail le sont. Un peu moins de la moitié reste en chômage partiel en cette phase de déconfinement.
 
La relance passe-t-elle selon vous par une rupture, comme par exemple le tout digital ?
J-C. D. Une crise sanitaire aussi inattendue, soudaine, imprévisible que violente est plus un accélérateur de tendances qu’un acte de rupture. Des usages vont être accélérés grâce aux nouvelles technologies, au travail à distance. Mais dans ce monde nouveau, c’est aussi l’humain et la relation personnelle qui ont été plébiscités, non seulement chez nos soignants mais chez tous ceux qui se sont mobilisés. De nouveaux équilibres vont se mettre en œuvre. Pour reprendre certains usages, on va mettre aussi un peu de temps. Mais on ne va pas arrêter les transports en commun. Le métro de Shangaï est passé de 11,5 millions d’usagers par jour avant la crise à 1 million et vient de remonter 9 millions. L’utilité de bouger dans la ville reviendra et avec différentes formes.
 
Vous êtes entré en pleine épidémie dans le capital de Clear Media, en Chine. La crise sanitaire déclenche-t-elle pour vous des opportunités d’acquisitions ?
J-C. D. On a toujours un peu de pudeur à parler d’opportunités pendant une crise sanitaire mais il est clair que nos entreprises doivent continuer leur développement. On a saisi cette opportunité sur laquelle nous travaillions depuis quelques mois pour se porter acquéreur de cette société avec un groupe partenaire. La force d’un groupe familial est de travailler sur du temps long et de continuer à investir même dans les périodes historiquement chahutées. Même dans des moments très sombres, il faut se montrer agile. Une telle opportunité ne s’était pas présentée depuis 25 ans que nous sommes en Chine. Malgré le contexte, nous avons donc souhaité continuer notre développement sur le grand marché chinois.

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