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quotidiens

Les tabloïds britanniques ont perdu de leur superbe

10/02/2005

Longtemps, les journaux anglais à scandale comme The Sun ou le Daily Mirror ont affiché des diffusions insolentes. Ils sont à présent en crise.

Le prince Harry en uniforme nazi, c'est eux. La photo de la chambre de la reine, encore eux. Les filles nues, les diatribes europhobes, Chirac en lombric et les « people » à l'heure du laitier, toujours eux. À coups de scoops et de photos volées ou arrangées, les tabloïds britanniques sont la forme la plus aboutie des quotidiens populaires de masse, se vendant chaque jour à des millions d'exemplaires. Et pourtant cette « presse de caniveau » traverse elle aussi un passage à vide. Juste au moment où son format (mais non son contenu) séduit la presse dite « de qualité ». Sur l'un des marchés les plus concurrentiels d'Europe, rien ne semble arrêter la dégringolade des ventes des tabloïds britanniques. Le francophobeSun, propriété du magnat Rupert Murdoch, a perdu 100 000exemplaires en 2004. Une chute cependant moins spectaculaire que celle duDailyMirror, autre fleuron du genre, qui a perdu 200 000 acheteurs. Le Mirror avait défrayé la chronique l'an passé en publiant des photos truquées. Une bavure qui explique en partie que sa diffusion payée soit tombée à 1,7 million d'exemplaires, un chiffre qui transporterait de joie bien des quotidiens français. Mais, plus largement, des changements profonds touchent aujourd'hui le marché des tabloïds.

Au premier rang des accusés : le temps. Les Britanniques en manqueraient pour lire un journal.« Les médias sont de plus en plus en concurrence sur ce critère,explique Dominic Ponsford, spécialiste du secteur.Internet, l'iPod, les chaînes d'informations en continu, tout cela joue. »En outre,« les gens sont plus occupés, vont au travail plus tôt et ont du mal à trouver leurs journaux dans les kiosques »,ajoute un autre expert. Sans compter la nouvelle concurrence venue du média écrit. En Grande-Bretagne comme ailleurs, les journaux gratuits sont en plein essor et gagnent du terrain sur les tabloïds qui, même à des prix modiques (30 pence pour leSun, 35pence pour leMirror, contre 50pence pour leTimes), n'en demeurent pas moins payants. Les travailleurs qui empruntent les transports en commun sont très friands de gratuits.Metrodistribue ainsi 1 million de « copies » chaque matin aux voyageurs. Quant aux hebdos, ils sont eux aussi en forte croissance. Plusieurs spécialistes des célébrités (Heat,RevealetCloser) sont apparus ces dernières années. Tout comme les masculins (Nuts,Zoo) qui consacrent leurs pages au sport, aux pin-up et à l'étrange...

Poches profondes

Moins de temps, plus de concurrence : les tabloïds doivent donc s'adapter s'ils veulent conserver leurs tirages multimillionnaires. Certains spécialistes vont même jusqu'à suggérer que les journaux populaires sont condamnés à ne plus donner d'informations pour survivre !« La grande question pour tout le monde est de savoir si l'on peut toujours mettre les nouvelles du jour dans le journal de demain »,s'interroge l'un d'entre eux dans leGuardian. Un avis non partagé par Tim Burrowes, directeur de la rédaction deMedia Week. Ce spécialiste pense que les informations sont« la viande dans le sandwich ». En marge des ragots, les infos sérieuses doivent donner du« goût »au journal. Le défi pour ces journaux serait donc de faire évoluer leur contenu pour mieux séduire leur lectorat. Après les demandeurs d'asile, certains tabloïds ont commencé à privilégier des thèmes porteurs comme l'insécurité et la culture « yob »,« ces gens qui portent des Burberry et ont un comportement antisocial ».

Comme souvent outre-Manche, la différence pourrait se faire sur les prix. LeDaily Stara relancé cette vieille rengaine en baissant le sien à 15pence (0,22 euro). Mais les chances de succès sont faibles face auSunde Rupert Murdoch.« À ce jeu-là, c'est celui qui a la poche la plus profonde qui gagne »,constate Tim Burrowes.

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