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Orange pose une option sur la télévision du futur

25/10/2007 - par Amaury de Rochegonde

La filiale de France Télécom prend position sur le marché de l'audiovisuel et du sport afin de se donner toutes les chances de gagner son pari à long terme.

Lors du dernier Marché international des programmes audiovisuels (Mipcom), qui s'est tenu à Cannes du 7 au 11 octobre, une sacoche estampillée Orange était remise à chaque visiteur. Le 9 octobre, c'est encore la filiale de France Télécom qui a remplacé TF1 sur la Croisette lors du traditionnel déjeuner du mardi avec les journalistes. Faut-il en déduire que l'opérateur télécoms cherche à piquer la place du leader de la télévision en France ? Surtout pas. « Je ne crois pas à la mort de la télévision, confie Patricia Langrand, directrice de la division contenus de France Télécom. Les chaînes vont évoluer en associant diffusion traditionnelle et vidéo à la demande. »

Prudence sur la Ligue 1

Si le champion des télécoms ne veut pas opérer sa mue en pariant sur le déclin du petit écran, il se prépare toutefois à jouer un rôle important dans ce secteur. Et à préempter le territoire audiovisuel, comme en témoigne sa ­filiale de coproduction (douze à quinze films par an, dont le long-métrage d'animation Les Lascars ou La Possibilité d'une île, de Houellebecq). Sur le téléphone mobile, l'opérateur a diffusé des mini-épisodes de Plus Belle la vie ou la série Super Villanos en Espagne, qui a ensuite donné lieu à un film en salles. On note aussi la création, en septembre, de la nouvelle chaîne d'information sportive Orange Sports avec les équipes de Sporever, et un partenariat avec le Comité national olympique et sportif français permettant d'exposer des disciplines peu médiatiques. Orange Sports, née du retrait d'Infosport de son portail, est-elle susceptible de donner des idées à France Télécom ? En clair, de l'inciter à devenir un acteur audiovisuel achetant des droits et diffusant des événements sportifs ?

Pour Patricia Langrand, la réponse est non. Pour l'instant. « Si on peut faire avec ce qui existe, on fait. Sinon, et si cela fait sens économiquement, on crée une chaîne. » Quid alors des droits de retransmission du championnat de France de football, actuellement détenus par Canal + pour 600 millions d'euros annuels et que la Ligue s'apprête à remettre en jeu en novembre ? « Nous n'avons pas les moyens de nous payer l'ensemble des droits », martèle Patricia Langrand. Avec un raisonnement très simple : « Le groupe Canal + compte 8 millions d'abonnés. La télévision d'Orange en compte 1 million, dont seuls 100 000 seraient intéressés par la Ligue1. » L'opérateur, qui détient les droits mobiles et ADSL pour sept matchs, laisse donc entendre qu'il ne vise rien de plus que la reconduction de ses droits actuels. À condition qu'ils soient toujours distincts des droits TV. Premier annonceur lors de la Coupe du monde de rugby d'après Yacast, Orange n'a-t-il pas tiré son épingle du jeu grâce aux droits mobiles de l'événement?

Un scénario semble donc retenir l'attention des équipes d'Orange : se positionner non pas sur le prochain appel d'offres de la Ligue, mais sur le suivant. D'ici à quatre ans, fin 2011, l'opérateur projette d'avoir beaucoup plus d'abonnés à son offre de télévision, au moment où les chaînes perdront leur avantage compétitif lié à la diffusion analogique. Même si une récente étude de NPA Conseil estime que 60 % des ménages resteront encore hors d'atteinte des réseaux numériques, à commencer par l'ADSL. « Nous sommes favorables à un allongement des droits de trois à cinq ans », reconnaît Patricia Langrand. Les instances sportives, elles, tablent plutôt sur quatre ans.

D'ici là, Orange continue d'avancer ses pions dans le monde de la télévision. Le groupe réalise 400 millions d'euros de chiffre d'affaires grâce aux contenus et en dépense la moitié en droits. Bien implanté sur la vidéo à la demande, il se positionne en outre sur la « ketchup TV », autrement dit la consommation délinéarisée de programmes TV. La série Fais pas ci fais pas ça était ainsi visible quinze jours avant sa diffusion sur France 2. De quoi créer du « buzz » en combinant ordinateur et mobile.

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